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C'est arrivé près de chez vous

C'est arrivé près de chez vous
Film belge. 1992. 1h30.
Sortie :4 Novembre 1992
Réalisateur : Remy Belvaux, André Bonzel et Benoit Poelvoorde
Avec : Benoit Poolvoerde (Le boulet, Selon Charlie, Narco), Jenny Dye, Sylvianne Godé
Genre : Comédie
Histoire :Remy, un jeune reporter, et son équipe tournent un reportage sur Ben, un tueur qui sévit en Belgique.
Mon avis :7,5/10. Apologie du mauvais gout absolument délicieuse, "C'est arrivé près de chez vous", malgré un petit budget tellement petit qu'on le pensait inexistant est devenu très vite culte d'abord en Belgique, puis en France jusqu'à se propager devant les yeux cinéphiles d'amateurs du monde entier, notament au Japon, très friand de ce genre de spectacle. Remy Belvaux, André Bonzel et Benoit Poelvoorde, tous trois sortis de la même école de cinéma où ils sont vite devenus potes, ont réalisé entre autres une fausse bande annonce d'un James Bond à la belge, "Pas de C4 pour Daniel Daniel", avant de réaliser l'improbable avec "C'est arrivé près de chez vous", un film culte dès leur premier fait d'armes. Par rapport à leur premier court-métrage, les trois gusses restent sur la même ligne conductrice de la parodie. Cette fois il s'attaque à une émission phare de la télévision belge, Strip Tease, qui annonçait les prémices de la TV réalité (même si aujourd'hui une émission comme celle-ci ne paraitrait plus voyeuriste pour un sou). Ils l'ont détournés de son propos habituel en allant au bout des choses, en poussant le voyeurisme de ce genre de programme télévisuel de manière exacerbé. Ainsi on se retrouve à suivre Ben, un tueur, qui a un grand respect pour son "métier", qui tue pour l'argent plus que pour un réel plaisir, même si parfois on viendrait à en douter, et qui se prend souvent à philisopher, à établir des théories sur la société et s'improvise même poète ou chanteur à l'occasion. Si on s'attache à lui, c'est le cas aussi des pseudos-journalistes qui le suivent qui vont de fil en aiguilles devenir ses complices étant devenus eux-mêmes fascinés par le crime. Il pousse la parodie jusque dans la réalisation très proche du reportage, caméra à l'épaule, un noir et blanc minimaliste, qui justement convient parfaitement à leur budget.
Ce premier long métrage s'avère donc être un pur régal d'humour noir d'une corrosivité extrême comme on en a rarement vu sur grand écran. On assiste à l'éclosion d'un pur talent comique en la personne de Benoit Poelvoorde, l'insatiable, qui rend parfaitement crédible son personnage tout en lui apportant avec une grande justesse son second degré. Tant dans son phrasé si particulier que dans sa gestuelle, Poelvoorde s'avère excellent, annonçant un avenir radieux qui commencera par les Cahiers de Mr Manhattan, sketchs diffusés sur Canal+ qui étaient de pur régal d'humour noir. Pour en revenir au film, la première heure est exceptionelle et c'est à celle-ci que le film doit son statut de culte grâce à des situations particulièrement insensés que Poelvoorde et sa bande nous propose. On suit Ben le tueur dans son quotidien, qui même si il cherche la discrétion, s'adonne avec joie à l'exhibition de sa profession, mais pas seuleument puisqu'on va à la rencontre de son quotidien, de ses amis, de sa famille mais aussi de ses petites habitudes et des ses moments de loisirs. La description du métier de tueur et des petites astuces qui l'accompagne sont simplement croustillantes, le culte n'est jamais loin avec le lestage du corps, le dézinguage par crise cardiaque de Mamie Tromblon, le facteur sacrifié du début de mois, le veilleur de nuit étranger, la famille bourgeoise qui ne rapporte rien ou bien encore le viol collectif. On est toujours en décalage de la situation souvent cru qui nous est exposé, c'est de là que nait l'humour mais aussi des longs monologues de Ben que ce soit sur les logements sociaux, les pigeons, les moules, la Mer du Nord, le cinéma, qui même si ils paraissent comme ça haineux et hors de propos dénotent souvent d'un cynisme outrancier qui met en avant les inégalités sociales et divers maux de la société. En revanche dans la dernière demi-heure on commence sincèrement à tourner en rond, et c'est vraiment le point négatif de l'histoire puisque la chute tarde à venir, malgré encore quelques bons moments (le p'tit Grégory ou le vieux dans la chambre). Malgré cet aspect là qui rend inégale le film on retiendra tout de même cette cultissime première partie.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le mercredi 13 juin 2007 07:28
Modifié le vendredi 15 juin 2007 08:53

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