Sortie :31 Octobre 2001
Réalisateur :Phillipe Harel
Avec : Benoit Poelvoorde (Asterix aux Jeux Olympiques, Podium, Narco), Daniel ceccaldi (Baiser volés, Domicile conjugal, La peau douce), José Garcia (Quelqu'un de bien, Le boulet, La boite noire)
Genre :Comédie dramatique
Histoire :Au milieu des années 70, Ghislain Lambert, né le même jour qu'Eddy Merckx avec huit minutes d'écart, est un coureur cycliste belge dont l'ambition est de devenir un champion. Il parvient à intégrer une grande équipe mais comme porteur d'eau. Déterminé dans son rêve de victoire et de gloire sportive, Ghislain Lambert attend patiemment son tour.
Mon avis :7/10. Comédie douce-amère sur le monde du cyclisme, Le vélo de Ghislain Lambert se démarque clairement de toutes les productions classifiées "film de sport" par son humour belge délectable, une ambiance merveilleuse et une histoire à l'opposé de l'héroïsme du champion d'habitude véhiculé par ce genre de production. En effet ici on suit les aventures d'un coureur cycliste amateur dévoué à son sport, qui passe réellement son temps sur les routes à s'entrainer et à s'affuter. Répérer par le directeur sportif d'une petite équipe professionel, Ghislain va d'abord jouer tant bien que mal à l'équipier modèle, le fameux porteur d'eaux, mais seuleument sur les courses mineures de la saison. Ayant l'ambition d'un grand champion il va vite se laisser tenter la tentation des produits dopants, la première expérience fut douloureuse suiteà un surdosage et après quelques places d'honneur recoltés, il ne peut empêcher de se faire prendre la main dans le sac lors d'un contrôle anti-dopage où il n'a pu faire ces petites magouilles habituelles. N'étant qu'un simple second couteau, cette affaire va faire de lui un véritable paria qui va finalement se reconstruire en courant pour son propre compte avec l'aide de sa famille, les résultats ne seront pas forcément au tournant jusqu'au jour de gloire avec la victoire dans Paris-Bruxelles, une somptueuse classique qu'il a cependant gagné sans respecter les temps d'arrêt. Malgré cet accroc il engagé pour courir la course ultime Le tour de France, suite à une succession de désistances dans son équipe assez impressionante. Malgré lui il va devenir le véritable héros de son équipe par son statut de lanterne rouge du peloton qui va faire un beau coup de pub à son équipe et qui comble de l'invraisemblance va conduire son équipe à rouler pour lui afin qu'il rallie les difficiles étapes dans les délais. Tout cela va se terminer dans le fossé suite à une chute dont il survit miraculeuseument et va signer sa sortie définitive du peloton par des aveux pseudos-anonymes sur le dopage.
Cette succession d'anecdotes sont absolument croustilliantes même si on doit reconnaitre que ça s'essoufle un peu à mi-chemin avant de se remettre en scelle dans les pentes les plus durs du Ventoux. Elles sont narrées avec une grande justesse par la voix envoutante et souvent légère d'Antoine de Caunes, narrateur de luxe. Et elles bénéficient d'une reconstitution de l'ambiance des courses dans les années 60 absolument merveilleuse, que ce soit dans l'équipement des cyclistes, dans le folkore qui existait au bord des routes et autour des courses à cette époque, dans l'intégration des aventures de Ghislain dans une certaine réalité historique du cyclisme, dans les routes d'entrainement flandriennes assez atypique ou bien encore dans la même êtite musique qui accompagne les quelques séquences de courses filmés avec brio. L'humour et le second degré sont également omniprésents dans ce film, cela passe biensur par la nature des anecdotes souvent assez décalés mais bien souvent il repose entièrement sur les épaules de Benoit Poelvoorde qui use de ces mimiques habituelles avec plus ou moins de succès. A noter qu'il est parfois épaulé par José Garcia qui cependant reste assez discret dans sa prestation. Philippe Harel, épaulé par par Poelvoorde, nous livre un scénario clairement léger et pourtant forcément touchant. On ne peut être que touché par le parcours semés d'embuches de ce cycliste qui récoltent tous les maux de son métier sans aucune gratitude en retour, et si on est amusés c'est avant tout un rire sur le pathétique de la situation. Si on peut y apercevoir une certaine morale concernant la machine à rêves qu'est le sport et ses dangers (le dopage est abordé tout aussi légèrement que les pratiques assez peu gratifiantes qui ont cours dans le milieu) il ne faut pas se tromper sur l'interêt principal qui reste l'histoire de ce cycliste qu'est Ghislain Lambert.
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