Sortie :25 Octobre 2006
Réalisateur :Clint Eastwood
Avec :Ryan Phillippe (Collision, Memories, Antitrust), Adam Beach (WIndtalkers, Cadillac girls), Neal McDonough (Hitcher, Coast guards, Tolérance zéro)
Genre :Guerre
Histoire :Au cinquième jour de la sanglante bataille d'Iwo Jima, cinq Marines et un infirmier de la Navy hissent ensemble le drapeau américain au sommet du Mont Suribachi, tout juste repris aux Japonais. L'image de ces hommes unis face à l'adversité devient légendaire en l'espace de quelques jours. Elle captive le peuple américain, las d'une guerre interminable, et lui donne des motifs d'espérer.
Pour mettre à profit cet engouement, les trois "porte-drapeaux" sont livrés à l'admiration des foules. Leur nouvelle mission : servir leur pays en vendant les précieux Bons qui financent l'effort de guerre.
Le laconique John "Doc" Bradley, le timide Amérindien Ira Hayes et le fringant Rene Gagnon se prêtent au jeu avec un dévouement exemplaire. Ils sillonnent sans relâche le pays, serrent des milliers de mains et prononcent des allocutions. Mais, en leur for intérieur, une autre bataille se livre...
Mon avis :8/10. Après une insertion dans le monde de la boxe plus qui fit un triomphe, Clint Eastwood revient dans un de ces domaines de prédilections (après le policier et le western), le film de guerre. Ici Eastwood se penche sur le combat le plus meurtier de l'histoire des Marines sur l'île d'Iwo Jima, face aux forces japonaises en 1945, des japonais qui part ailleurs auront droit dans le courant de l'année, droit à leur film sur Iwo Jima de leur point de vue réalisé par.... Clint Eastwood. En ce qui concerne Mémoires de nos pères, premier volet de la diptyque Iwo Jima, Eastwood s'inspire aussi bien du livre de James Bradley "Flags of our fathers" qui raconte cette terrible bataille que de la célèbre photo de Joe Rosenthal représentant six soldats plantant le drapeau américain sur le Mt Suribachi lors de la bataille d'Iwo Jima. Et le résultat est vraiment convaincant et riche en tout point, on peut y voir dans un premier temps un film splendide sur la seconde guerre mondial, qui se fait le pendant côté Pacifique du Soldat Ryan de Spielberg, qu'on est pas trop étonné à trouver en lieu et place de producteur tant les scènes les scènes de combats sont d'une maitrise incroyable et l'hommage est vraiment franc et plein. Puis dans un second temps, on nous montre la véritable histoire sur la photographie mondialement célèbre, et sur la déstinée des membres présents sur le cliché qui sont rappatriés au pays afin de faire la promotion de l'armée et de vendre des bons de l'armée dans une période de crise. Sans colère, ni remords, Eastwood dénonce l'utilisation de ces soldats, ainsi que le détournement de certaines vérités de la part de l'armée afin de faire sa promotion.
Ces deux parties bien distinctes, s'entrecroisent tout au long du film, entre les différents flashs backs sur les combats et la tournée de promotion, ainsi que les quelques retours au temps présent, et le passage de témoin d'un ancien soldat mourant (le narrateur) à son fils. Cet enchevêtrement d'événements suit une certaine logique dans l'intrigue, où on nous dévoile par petits bouts les événements précis de la bataille d'Iwo Jima ainsi que la vérité sur la photo, mais il amène une certaine confusion, avec des enchainements maladroits et une narration quelque fois chaotique. Entre spectacle et portraits d'hommes, Eastwood instaure son style qui lui caractérise, afin de rendre un sincère hommage chaleureux à tous ces soldats qui se sont battus lors de la seconde guerre mondiale, l'une des plus légitimes de l'histoire. Loin du patriotisme dégoulinant et de l'exaltation de l'héroïsme, trop souvent présent dans les films de guerre américains, Eastwood nous offre un hommage bien plus fort que si il avait usé de ces artifices, puisqu'il garde toute cette pudeur qui le caractérise et qui donne un peu plus de force à son hommage aussi bien pour les soldats plancardés "héros" du jour au lendemain grâce à une photo qui redonna espoir à tout un peuple, que pour les soldats de l'ombre, des milliers d'anti-héros qui se sont evertués à porter loin leurs couleurs et à gagner, non sans de nombreux sacrifices, la stratégique bataille d'Iwo Jima. Le discours d'Eastwood n'apparait jamais superficiel, l'émotion est vraiment sincère et elle est renforcé par l'étiquetage "personnages réels" et "faits historiques fidèles et précis", et ne tombe jamais dans le rapport politique à nos sociétés comme c'est la mode ces derniers temps.
On retrouve l'hommage aux soldats dans les deux parties du film. D'abord la partie combat, discéminé ça et là dans le film (on regrette un peu une longue scène de bataille) est d'une maitrise technique vraiment impressionante et d'un esthétisme très lêché. On sent tout le travail conssentit par Eastwood et son équipe, pour rendre ces scènes les plus réalistes possibles, et c'est franchement réussit, elle comporte de tout de l'émotion, de la tension, de l'horreur (avec des effets gores non dissimulés) et bien entendu de l'action, ça mitraille et ça bombarde à tout va, les effets spéciaux sont magnifique et la photo de Tom Stern (un des composants du clan Eastwood) est littéralement somptueuse; des scènes qui ont vraiment de quoi concurencer le Soldat Ryan que ce soit en terme de débarquement, de batailles dans les tranchés ou dans les prises de vues de combats aériens. L'autre s'attache plus au destin de ces trois "héros" prématurément rappatrié au pays, pour qui la situation va être très difficile à vivre, et ça Eastwood le montre très bien grâce à une psychologie de personnages poussée, que ce soit dans ce sentiment de trahison envers les camarades restés au combat, que ce soit dans le traumatisme causé par l'atrocité des combats pour ces jeunes soldats souvent très inéxpérimentés, ou que ce soit par les conséquences de cette glorification (refus de la gloire, gloire leur montant à la tête, déchéances,...) aussi soudaine que leur abandon et leur retombé dans l'anonymat à la fin de la guerre. Au final on ne trouve que peu de reproches à faire au nouveau Clint Eastwood, à part ce système narratif chaotique et des interprétations que l'on aurait aimés plus convaincantes (notament Jesse Bradford), pour être à la hauteur de l'hommage du réalisateur pour ces soldats.
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