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Slam

Slam
Film américain. 1997. 1h40.
Sortie :11 Novembre 1998
Réalisateur :Marc Levin
Avec : Saul Williams, Sonja Sohn (A tombeau ouvert), Bonz Malone (Brooklyn Babylon)
Genre :Drame
Histoire :Ray Joshua, mi-rappeur, mi-poete, vit a Dodge City, cite a haut risque. Lorsqu'il est arrete en possession de drogue, il se retrouve plonge dans l'impitoyable univers carceral de l'Etat de Washington. En prison, il rencontre Lauren Bell, qui enseigne la litterature et le pousse a cultiver son don.
Mon avis :7,5/10. Après avoir réalisé de nombreux documentaires pour la télévision et le cinéma, l'américain Marc Levin tourne avec Slam son premier long métrage, un premier projet qui lui tient à coeur, aussi bien inspiré de sa rencontre avec le monde du slam au milieu des années 90 que de sa nouvelle amitié avec un jeune taggeur de 17ans, Bonz Malone qui participa à la première écriture du script avant que les deux acteurs phares et slameurs de formation, Saul Williams et Sonja Sohn, ne viennent y rajouter leur patte et leurs textes. Récompensé dans de nombreux festivals à sa sortie, notamment à Sundance et Caméra d'Or à Cannes, ce film n'as cependant pas connu un grand écho public, ceci étant surement du à son côté auteur qui pour le coup l'éloigne du reste des productions de films hip-hop et ghetto. Finalement à l'image du mouvement slam, Levin ne s'adresse plus qu'à un seul public fan de hip-hop, généralement visé par ce genre de films, mais il touche un public plus divers, plus intelectualisé, pour qui les textes poétiques et intense des slameurs peuvent paraitre plus accessibles, comme on a pu le remarquer en France avec l'explosion du phénomène en 2005 avec des artistes comme Abd Al Malik qui a pris une importance médiatique qu'il n'aurait pu connaitre avec les textes plus crus de son groupe N.A.P.. Mais comme on a pu s'en apercevoir le fait de ratisser large, ne garantit pas plus de spectateurs mais juste plus de diversité au point de vue de l'auditoriat. On le voit donc Levin touche le même public que le genre musical, principal thématique de son film, mais il ne s'arrête pas là puisqu'il épouse son sujet jusqu'à dans le message positif qu'il délivre, ce qui est l'apanage de bons nombres de slameurs, qui en général se révèle moins dur et extrêmiste que leurs confrères rappeurs même si ils ne perdent pas de vue l'aspect conscientisé primordial.
Il traite son sujet avec tout le respect qui lui porte, avec sobriété et fidélité. On retrouve l'intimité du mouvement slam, comme c'était déjà le cas en 92 lors de sa naissance à Chicago, dans ces petites salles et dans ces petites réunions privées où avec le respect de tous, les différents slameurs se succèdent pour lire leurs textes à la fois poétique et philosophique de manière très musicale avec un léger accompagnement musical. Finalement l'histoire qui est construite autour de ce thème n'est que prétexte à faire découvrir le mouvement slam, mais pour autant elle est loin d'être anecdotique, et elle est l'objet d'un soin tout particulier avec un engagement total des trois principaux acteurs qui pour des premiers pas au cinéma, pour la plupart s'en sortent haut la main à l'image du personnage principal Saul Williams qui nous offre une prestation intense et torturé. A travers son histoire, celle d'un jeune slameur issu des ghettos de Washington qui pour quelques grammes d'herbe est envoyé en prison où il fera des rencontres déterminantes pour sa perception de la vie, Levin en profite également pour faire un triste état des lieux du système judiciaire et carcéral américain très rude et injuste qu'il nuance par une romance qui sonne vraie et qu'on aimerait voir plus souvent dans les films de ghetto. Le message devient alors clairement positif est pointe le doigt sur le fait que la communautée noire s'entretue pour rien (hors et à l'intérieur des prisons) et qu'elle s'annihilie l'esprit avec les drogues (comme le souligne l'excellente chanson de Dead Prez qui fait partie de la bande son). Ceci tout en dénonçant un système judiciaire qui ne leur fait aucuns cadeaux, proposant à ces accusés des deals pour le moins diabolique entre la délation (de forts risques de morts) et de lourdes peines de prison (de forts risques de morts), et un système carcéral tendu où la survie devient une priorité et où l'indépendance devient impossible alors que la corruption elle est légion. Au final tout ces éléments prennent bien forme, la romance succédant à l'aspect social avec toujours en trame de fond le mouvement du slam, avec en prime d'excellents sons de DJ Spooky qui nous régale de sa dub/hip-hop électro.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:50
Modifié le jeudi 17 mai 2007 16:33

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