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Menace II Society

Menace II Society
Film américain. 1993. 1h36.
Sortie :5 Janvier 1994
Réalisateur :Allen & Albert Hugues
Avec : Tyrin Turner, Larenz Tate (Collision, Ray, Un homme à part), Jada Pinkett (Matrix, Ali, The very black show)
Genre :Drame
Histoire :La vie d'une bande dans le Watts, quartier noir-américain de Los Angeles, un an après les émeutes. Aux Etats-Unis, les adolescents representent 42 % des délinquants juvéniles en état d'arrestation, alors qu'ils ne représentent que 16 % de la population âgée de moins de 18 ans.
Mon avis :8/10. Menace 2 Society est un de ces films qui imposa à l'époque le film de ghetto comme un genre à part entière qui dans bien des aspects pourrait se rapprocher d'un des genres phares des années 70 : la Blaxploitation, pour sa liberté de ton et son engagement dans la cause noire notamment. Les Frères Hugues réalise une oeuvre intense et complète, dénotant bien la réalité du ghetto de Los Angeles au lendemain des émeutes meurtrières de 1992. Pour l'une des premières fois, après Boyz N' the Hood ou New Jack City, on semble nous proposer une vision totalement réaliste des ghettos de L.A. sans une esthétique et une imagerie glorifiant les gangstas comme quelques réalisateurs maladroits l'avaient fait avec les mafiosos. Aucune apologie de la violence et des membres de gangs ici. On mise plutôt sur un réalisme qui sert à débouter au final les clichés du caïd du ghetto et à montrer toute l'imbécilité des histoires de gangs qui semblent tombés dans le cercle vicieux de l'éternelle vengeance et des éternelles réglements de comptes. La morale est noble et s'appuie sur un final choc, qui finira de convaincre les plus sceptiques sur l'absurdité de la guerre des gangs.
Mais les frères Hugues ne se contentent pas d'accabler les gangstas, mais tentent à travers une vision quasi sociologique d'expliquer comment on en vient à devenir gangsta, et quelles sont les différentes pressions et caractéristiques qui se dégagent du ghetto. Pour cela on suit la vie d'une bande dans le Watts et plus particulièrement de Kaydee, qui a vu mourir ses deux parents (apparition sympatoche de Samuel L. Jackson) dans la drogue et les traffics divers très tôt et qui fut recueillis par ses grands-parents, vivant sans trop d'ennuis jusqu'à la réussite de son examen. Mais un évènement va changer sa vie le faisant passer du statut de jeune du ghetto qui veut s'en sortir au statut de gangsta. Il se fait braquer sa voiture, les membres du gang rival laissant son cousin sur le carreau. De là il va d'abord assouvir son désir de vengeance, puis tomber peu à peu dans le traffic de drogue (on notera que pour une fois cet aspect est loin d'être central), avant d'être rattraper pour sa complicité involontaire dans la tuerie d'une épicerie coréenne. Mais pour autant il va essayer d'arrondir les angles en se liant fortement à la femme et au fils d'un de ces formateurs qui a pris perpetuité, avec qui il envisage un avenir meilleur loin des problèmes du ghetto avec un travail honnête. Mais encore une fois son passé va le rattrapé et notamment l'une de ces relations amoureuses mystérieuseument tombée enceinte qui va lui faire subir un fatal retour d'ascenseur.
Dans Menace II Society, différents thèmes sont abordés de manière assez équitable et assez développés pour qu'ils paraissent cohérents. Ainsi on nous parle des différents maux des ghettos : la drogue, les gangs, la répression policière accrue, le SIDA, les boulots de misère, l'accès aux études difficiles, une structure familiale désossée, un gouvernement aux abonnés absent... L'histoire de Kaydee est le prétexte à l'exposition de tous ces thèmes, puisqu'il se trouve qu'il regroupe en lui même tous les maux du quartier, ayant toucher de près ou de loin à toutes ces menaces de la société, le seul espoir de ces jeunes résidant bien souvent dans la religion comme on nous le montre encore ici où l'on constate un affaiblissement de l'encadrement de l'institution chrétienne qui petit à petit est remplacé par la structure musulmane. En plus de tout ça les Frères Hugues ont réellements mis tous les atouts de leur côté pour recréer microcosme du ghetto de L.A., avec d'abord une mise en scène minutieuse et efficace, mais aussi en adoptant ces dialogues au dialecte de la West Coast de l'époque, en engageant des jeunes acteurs pour la plupart issus de ce milieu social et en nous offrant une excellente bande son hip-hop assez éclectique (rap/soul/funk) pour plaire à tous.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:49
Modifié le vendredi 27 avril 2007 05:03

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