Sortie :12 Septembre 1992
Réalisateur :Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood (Le bon, la brute et le truand, Pour quelques dollars de plus, Million Dollar Baby), Gene Hackman (Mississippi Burning, Braquages, Superman), Morgan Freeman (Million dollar baby, Seven, Amistad)
Genre :Western
Histoire :Kansas 1880. William Munny, redoutable hors-la-loi reconverti dans l'élevage va, à la demande d'un jeune tueur, reprendre du service pour venger une prostituée défigurée par un cow-boy sadique.
Mon avis :8,5/10. Sans renier ses origines et les grands cinéastes d'un genre qui l'a fait connaitre, Clint Eastwood, qui dédit son film à deux grands du western, Sergio Leone et Don Siegel, qui l'ont beaucoup fait tourner, réalise avec Impitoyable un puissant adieu au genre qui malgré tout le respect qu'Eastwood porte pour ces maitres n'a rien de traditionelle. Impitoyable se présente donc au choix comme le dernier grand western ou au contraire comme le film ayant ouvert la porte à un nouveau genre du défunt western, le néo-western. Impitoyable est bien moins épique que tous les grands westerns de la grande époque : les héros n'ont plus rien de glorieux et les méchants sont encore plus lâches et plus vils. Dans une époque peu enclin à ce genre cinématographique délaissé, Eastwood, malgré les différents échecs qui ont fait pensés à ses patrons qu'il ne faisait plus recette, a su dégainer un dernier coup de colt avec une précision et une réussite folle venant logée sa balle en plein coeur du public. A la fois hommage et oeuvre à part, ce film permis également aux Oscars de se rattraper en lui offrant la statuette du meilleur film qui avait pourtant échappé aux standarts du genre, un peu comme ils se sont rattrapés cette année en honorant Martin Scorsese.
Pour en revenir au film à proprement parlé, Impitoyable est une vraie oeuvre dans la plus pure tradition d'Eastwood, dur mais profondément humaniste, pas toujours très rythmée mais follement entrainante. Cela se retrouve dans le contenu scénaristique où le cinéaste a voulut se détacher des archétypes et des codes du genre en peignant un monde du dureté et d'une cruauté incroyable. Les tueurs légendaires sont tous, tour à tour descendus de leur pied d'estalle sur lequel il tronait quand vient le moment de la démistyfication, lorsque l'on apprend qu'ils doivent leur gloire à des agissements justement peu glorieux, pas digne du rang auquel on les a mis, eux qui pour en arriver là ont tués bons hommes, femmes, enfants, sans hésiter de mettre une balle dans le dos de leur adversaire afin d'éviter cet affrontement permanent avec leurs démons et leur peur qui ne s'en va jamais. Loins de l'héroïsme qu'on a l'habitude de voir, Eastwood donne également un interêt tout particulier au statut social de ces personnages souvent vivant dans la pauvreté extrême que ce soit le fermier, le tueur à gages et biensur au plus bas la prostituée totalement exploitée. Il fait également la part belle à la gente féminine, exclusivement composée de prostituée ici, en les mettant au centre du film, décrivant leur double misère économique et sociale dans une époque où une femme était déjà que très peu considéré. Eastwood ne fait donc pas dans l'épopée glorieuse de tel ou tel héros, mais n'y va pas avec le dos de la cuillière dans la peinture qu'il fait du Far West, où les hors là loi dominaient à tout les étages, où la crasse, la pauvreté, le sadisme et la violence étaient ultra-présents jusqu'à devenir les caractéristiques même de cette société. Les personnages qui bénéficient tous d'un bon traitement psychologique, sont tous victimes et acteurs de cette société où les héros d'un jour sont les truands de la veille, les deux notions s'entrechoquant sans cesse. Au delà de l'histoire, en plus de tout cela, Eastwood assure tant bien dans sa mise en scène avec des images splendides que dans son interprétation à l'image d'un casting haut de gamme où Gene Hackman, Jaimz Woolvett, Richard Harri, Frances Fisher ou Morgan Freeman assurent sans la moindre fausse note.
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