Sortie :23 Mai 2001
Réalisateur :Kiyoshi Kurosawa
Avec : Haruhiko Kato, Kumiko Aso (11'09'01: September 11, Zebraman, Casshern), Koyuki (Alive, Le dernier samouraï)
Genre :Fantastique
Histoire :Taguchi, un jeune informaticien, est retrouvé pendu dans son appartement. Sous le choc, ses collègues cherchent à en savoir plus sur ce suicide inexplicable.
La victime a laissé un mystérieux message contenu dans une simple disquette. De toute évidence, celle-ci recèle un virus qui contamine ses utilisateurs et a de graves répercussions sur leur comportement.
A Tokyo, l'inquiétude grandit au fur et à mesure que le virus se propage à travers les réseaux informatiques. Des petits groupes de jeunes gens tentent de résister, tandis que les disparitions se multiplient.
Mon avis :8/10. A l'image d'Hideo Nakata avec Ring, Kiyoshi Kurosawa connu un énorme succès (mérité!) au Japon avec Kaïro à sa sortie. Cependant à l'inverse de son compatriote, le réalisateur émérite de Cure ou de Loft lui ne connait qu'un succès limité à l'étranger, la faute surement à un piètre remake hollywoodien Pulse qui ne lui aura pas permis de le mettre en valeur loin de là. En effet contrairement à ce remake qui se limite au simple slasher décervelé sans consistance, Kairo est une oeuvre beaucoup plus complète, plus complexe, plus puissante, jouant beaucoup sur l'aspect psychologique, suggestif et satyrique des situations. Malgré des arguments de départ similaires au Ring de Nakata (des esprits s'infiltrant chez les gens via les nouvelles technologies), Kaïro ne semble pas seuleument surfer sur la vague du succès mais semble bien être une oeuvre à part, offrant des arguments différents, propre au cinéaste qui la construit. Kurosawa a une toute autre approche de l'aspect horrifique des choses, la peur pure est moins présente, mais le côté pesant, angoissant est quand à lui primordiale et contribue à cet athmosphère lente, contemplative et très mystérieuse du film.
Kaïro s'avère être beaucoup plus complexe que la plupart de ces concurrents, et se rapprocherait dans son niveau de complexité plus d'un film comme 2 Soeurs, tant de nombreuses énigmes restent encore soulevés après le premier visionage. Mais le film s'avère également beaucoup plus métaphorique, plus symbolique avec une critique non caché de la société, avec cette vision apocalyptique qu'il nous en propose. Il compare ainsi les jeunes geek japonais à de véritables fantômes qui s'enfoncent dans une réalité toute virtuelle où la mort semble absente. Un chaos incensé se crée dans ce film d'anticipation complètement d'actualité, où les nouvelles technologies grâce à leurs forces illusoires éloignent et enferment les individus. Et ce monde là, Kurosawa le met parfaitement en images, dans une athmosphère qu'il rend très lourde, presque opprésante grâce à de longs plans fixes et une bande sonore inquiétants, une photo terne, des acteurs torturés, avec pour couronner le tout une remarquable vision apocalyptique de Tokyo à la fin du film.
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