Sortie :22 Novembre 2006
Réalisateur :Joon-ho Bong
Avec :Song Kang-Ho (Sympathy for Mr. Vengeance, Memories of murder), Bae Doona (Sympathy for Mr. Vengeance), Hae il-Park (Jealousy is my middle name)
Genre :Fantastique
Histoire :A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du, sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du.
Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Quand la créature atteint les berges, elle se met à piétiner et attaquer la foule sauvagement, détruisant tout sur son passage.
Le snack démoli, Gang-du tente de s'enfuir avec sa fille, mais il la perd dans la foule paniquée. Quand il l'aperçoit enfin, Hyun-seo est en train de se faire enlever par le monstre qui disparaît, en emportant la fillette au fond de la rivière.
La famille Park décide alors de partir en croisade contre le monstre, pour retrouver Hyun-seo...
Mon avis :8,5/10. Joon-ho Bong, réalisateur du splendide Memories of Murder qui renouvela le genre du thriller, change de style pour The Host, effectuant un savant mélange des genres entre la comédie satyrique et le film de monstre fantastique, pour un résultat identique : une réussite intégrale qui est un des rares films asiatiques à pouvoir se targuer d'avoir un tel échos au plan mondial. Le cinéaste engagé à l'extrême gauche de même que son compère Park Chan-Wook, ni va pas avec le dos de la cuillière quand il s'agit de taper sur les Etats-Unis et le gourvenement coréen, autant dire qu'avec The Host, mieux vaut ne pas s'attendre à un blockbuster hollywoodien débilisant à la Godzilla. Au contraire le réalisateur prend le pari inverse, en parodiant ce genre de manière assez burlesque et ironique, avec quelques passages complètement délirant. Ainsi l'arrivée du monstre attise plus la curiosité des passants, qui lui jette des déchets comme on jeterait des cacahuètes au singe, plus qu'elle ne les effraient. Ensuite alors que l'on croirait revivre le remake de la Guerre des mondes (le père looser qui va sauver sa petite famille), le père, dans la cohut, prend malencontreuseument la main de la mauvaise fille, laissant sa fille dans les pattes du monstre. Et ainsi de suite jusqu'à la fin.
Mais The Host, n'est pas une simple parodie, loin de là, tout comme il n'est pas un vrai film fantastique, le monstre (qui par ailleurs souffre de petits défauts d'images de synthèses) n'étant qu'un faire valoir jamais vraiment effrayant mais plutôt au service du l'autre face du film beaucoup plus intéressante. Et ce qui se cache derrière, l'esprit parodico-fantastique du film, c'est une satyre, certes un peu grossière à certains moments, mais qui se révèle efficace à la longue d'autant plus que l'humour noir et les gags typiquement coréen sont souvent là pour la soulager. Cette satyre, s'appuie sur des faits réels (versement de produits toxiques en masse dans le Fleuve Han par une section de recherche américaine implantée en Corée), allant même pour la scène d'ouverture jusqu'à retranscrire les véritables dialogues du procès verbal. Les Etats-Unis sont évidemment les premiers dans la ligne de mire, et ceci de manière complètement explicite, ce qui confirme que l'anti-américanisme est vraiment en vogue dans le Monde, puisque tour à tour ce sont les chercheurs, les touristes, les militaires et le gouvernement américain qui sont visés avec plus ou moins de finesse. En ce qui concerne la critique sociale coréenne, elle est moins visible, se fait en filigrane à travers certains dialogues, certains personnages (le petit orphelin) ou certaines actions (répression des manifestations, soumission du gouvernement à la dominance américaine notament pour les dérives sur l'environnement mais aussi sur le traitement d'urgence de la situation...), notamment à travers cette famille de pieds-nickelés qui malgré le succès de la fille au tir à l'arc, vivent précairement même pour le fils pourtant diplomé. Et ce n'est pas rare que tout ces genres cohabitent, à tel point que dans une même scène, on a des élèments dramatiques et d'auto-dérisions côte à côté à tel point que l'on ne sache pas si il faut rire ou pleurer.
Concernant la mise en scène, hormis le monstre de synthèse inaboutie, la réalisation de Joon-ho Bong s'avère totalement impeccable avec des travellings dantesques, des scènes aux ralentis d'une rare beauté, ainsi que d'une inventivité de tout les moments, d'autant plus bonne qu'elle est sublimée par une excellente photo intincelante. Dans la lignée de Mémories of murder, le cinéaste sud-coréen laisse à quelques reprises son spectateur sur le cul devant la beauté des images et de la mise en scène qui dépasse les scènes à la grue formatée proposés dans bon nombre de blockbusters. Pour couronner le tout, le casting s'avère excellent, Song Kang-Ho en tête, montrant une fois encore son talent comique, et bien épaulé par Bae Doona, Hae-il Park, Byeon Hie-bong, et Ah-sung Ko, les quatres membres de sa famille. Autant dire que l'on attend avec impatience le prochain film de Joon-ho Bong, le Transeperceneige, adaptation d'une BD française, qu'il fait en collaboration avec son compatriote Park Chan Wook. Une collaboration qui laisse rêveur sachant qu'il s'agit là de deux des tout meilleurs, des plus connus et reconnus (aussi bien en Corée qu'à l'étranger) réalisateurs d'un cinéma coréen prolifique en plein boom.
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