Sortie :18 Octobre 2006
Réalisateur :Alfonso Cuaron
Avec : Clive Owen (Dérapage, Inside Man, Bent), Julianne Moore (Le monde perdu, Evolution, Trust the man), Charlie Hunnam (Hooligans)
Genre :Thriller
Histoire :Dans une société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, l'annonce de la mort de la plus jeune personne, âgée de 18 ans, met la population en émoi. Au même moment, une femme tombe enceinte - un fait qui ne s'est pas produit depuis une vingtaine d'années - et devient par la même occasion la personne la plus enviée et la plus recherchée de la Terre. Un homme est chargé de sa protection...
Mon avis :8,5/10. Adapté du roman de P.D. James, Les fils de l'homme s'inscrit d'ores et déjà comme une des meilleures oeuvres d'anticipations au cinéma, en plus d'être un des meilleurs films sorties en 2006. Si nombreux sont les films d'anticipations proposant un avenir post-nucléaires (qui plus est à Londres, lieu mythique de l'anticipation) où un régime totalitaire a pris le pouvoir et contrôle le peuple, tout en essayant de radier les opposants, jamais ne nous aura paru aussi réaliste et c'est peut-être là que réside la grande force de Children of Men. Le système totalitaire en place n'est pas si présent ni si tyrannique que dans la majorité des autres oeuvres traitant du même sujet. Même si leurs actions au final s'avèrent proche, leurs moyens d'actions sont différents, et ce système totalitaire ne semble plus être une parabole aux systèmes dictatoriaux du XXe siècle, mais bel et bien un prolongement, sommes toute réaliste, des pouvoirs en place dans nos démocraties qui ont une facheuse tendance à vouloir tout controler avec la force. Ainsi l'action se déroule aux alentours de 2040 mais la société semble avoir stagné après la guerre atomique, sauf sur de petits points de détails, la situation semble plus réel, le peuple n'agit pas en zombies, mais ils semblent cautionnés le sort reservés aux immigrés qui veulent rallier l'Angleterre qui sont parqués dans de véritables camps de concentrations, de même que tout ceux qui osent résister au pouvoir en place. L'histoire est très bien menée, le rythme ne s'essoufle jamais, le schéma suivit est classique mais terriblement efficace, le cynisme est très marqué, la fin est très intelligente et ne tombe pas dans la facilité du tout s'arrange. Malgré un côté sombre ultra-présent, on arrive à retirer quelques notes d'espoirs de ce film, car malgré tous ces drames, la vie arrive encore à se frayer un chemin.L'histoire est très profonde, l'émotion n'est en aucun cas galvaudé, le réalisme prime dans ce film, ce qui nous empêche pas d'assister à un grand spectacle, pour ce qui restera comme l'un des tout meilleurs blockbusters intelligents. Car c'est ça aussi la force de l'anticipation, c'est divertissant et ça véhicule beaucoup d'idées en même temps.
Côté technique donc, Alfonso Cuaron réalise donc la partition parfaite, une réalisation et une ambiance proche de la perfection, avec des dizaines d'inventivités, qui fourmillent tout au long du métrage, et des scènes qui laissent sur le cul. La violence de l'action n'est jamais simulé ce qui laisse quelques surprises aux spectateurs. Car c'est aussi ça Children of Men, c'est ces plans séquences dantesques qui relèvent pour certains du jamais vu à l'écran, qui ont tous un effet extraordinaire sur le spectateur. De plus le suspense est parfaitement travaillé, l'image au plus proche de l'action multiplie la tension à tel point qu'à certains moments on se retient de respirer pendant un bon moment tellement on est scotché au siège. C'est d'abord le plan séquence qui aboutira au meutre de Julian (courte mais bonne apparition de Julianne Moore) qui laisse pantois tant on est surpris par l'aisance avec laquelle la caméra se ballade dans la voiture, ensuite c'est lorsque Théo et Kee vont s'échapper du groupuscule de rebelles en pleine campagne où la tension montera très haut quand la voiture ne voudra pas démarrer et qu'ils seront poursuivis, et enfin c'est lors de la prise d'assault d'un immeuble où est retenue Kee dans le camp de concentration que l'on aura droit à un troisième plan séquence de toute beauté. Souvent caméra à l'épaule, Cuaron filme l'action avec l'aisance et le réalisme d'un Michael Mann et nous montre toute sa capacité dans une seconde partie, qui se résume à une course poursuite dantesque qui finira dans une barque, durant laquelle on sera passé par tous les stades émotifs. De plus l'ambiance s'avère tout simplement exceptionnelle, de part d'abord une bonne bande son 70's, puis par la photo froide mais ô combien sublime, alors que les jeux de lumières sont splendides et permettent à Cuaron de faire de petites pauses et de petites poses contemplatives relaxantes entre deux scènes d'actions. Pour couronner le tout le casting est à la hauteur de la puissance technqiue et scénaristique de l'oeuvre, avec un Clive Owen qui prend toute sa dimension avec le personnage complexe dont il rêvait, la jeune Claire Hope-Ashitey est très convaincante alors que Michael Caine en vieux babas-cool déchu fait une apparition très remarqué. Autant dire que ce film ne manque de rien, si ce n'est de cris d'enfants. Mais la preuve que Cuaron a pensé à tout, puisque le générique débute sur ces cris ce qui a pour conséquence d'achever émotionellement le spectateur.
Donne toi aussi ton avis sur ce film.
Bandes annonces
