Slevin

Slevin
Film américain. 2005. 1h48.
Sortie : 28 juin 2006
Réalisateur : Paul McGuigan
Avec : Josh Hartnett (Dahlia noir, Rencontre à Wicker Park, Pearl Harbor), Bruce Willis (Die Hard 4, 6ème sens, L'armée des 12 singes), Lucy Liu (Kill Bill, Cypher, Jerry Maguire)
Genre : Policier
Histoire :La vie n'est pas tendre avec Slevin. En quelques jours, ce jeune homme a perdu son appartement, découvert que sa petite amie le trompait, et s'est fait voler ses papiers. Décidé à souffler un peu, Slevin s'envole vers New York, où il va habiter quelque temps l'appartement d'un copain, Nick Fisher. La poisse ne va pas le lâcher pour autant, bien au contraire...
Le milieu new-yorkais est en ébullition. Deux de ses plus grands parrains, le Rabbin et le Boss, se livrent une guerre sans pitié. Autrefois complices, ils sont devenus les pires ennemis. Pour venger l'assassinat de son fils, le Boss est décidé à faire tuer celui du Rabbin. Il a chargé Goodkat de l'affaire. Celui-ci a un plan très simple : trouver quelqu'un qui doit énormément d'argent au Boss et l'obliger à exécuter la besogne en échange d'une annulation de dette. Le candidat idéal est... Nick Fisher...
Mon avis :7,5/10. OK Slevin n'est pas le film le plus original de ce début de siècle, sa légereté, sa galerie de personnages typés et son histoire alamabiquée rappelle du Ritchie alors que son côté plus sombre ainsi que son twist ending de folie rapelle Usual Suspects. Il n'empêche que ce film là s'avère être un exercice de style purement réussit, clairement divertissant, qui tient en haleine qui est doté non seuleument d'un casting prestigieux mais aussi d'une image lêchée des plus appréciables. Le réalisateur brittanique Paul McGuigan continue donc son aventure aux Etats-Unis, enchainant son second film new-yorkais après Wicker Park, avec toujours en vedette Josh Hartnett, revenant toutefois à un genre de film, celui de gangster en l'ocurrence, qu'il avait déjà pu expérimenter dans son Angleterre natale avec Gangster n°1. Il nous prouve une fois de plus toute l'étendue de son talent et s'installe vraiment comme un des meilleurs jeunes cinéastes de la scène anglo-saxonne, même si il n'est bien entendu pas le plus connu ni le plus reconnu. Avec une caméra toujours en mouvement et rarement en panne d'inspiration, McGuigan ne risque pas d'ennuyer son spectateur usant de travellings et de plans grues avec une rare finesse, enrobant à merveille l'esprit cool qui règne dans son métrage. L'esthétique s'avère particulièrement lêchée, les décors sont tantôt moderne et classieux, tantôt rétro et funky, la photo renforce vraiment la beauté visuelle du film, alors que les acteurs font tous preuve d'une certaine classe dans leurs accoutrements. Enfin concernant l'athmosphère, n'oublions pas un élément prépondérant la B.O. plutôt classique sur l'ensemble du film, mais redoutablement efficace, avec une conclusion en beauté sur le standart jazz-funk "Kansas City Shuffle".Plus qu'une simple chanson, le "Kansas City Shuffle" s'avère être véritablement la véritable devise du film, la signification des paroles ayant une véritable résonnance dans cette histoire de complot où tout le monde se croit être le maitre du jeu alors qu'au final, un seul a respecter la règle première du complot : le subterfuge. Si les personnages sont piégés par Slevin, le spectateur lui aussi s'avère complètement grugé.
Le scénariste Jason Smilovic, créateur de quelques séries, réussit un véritable coup de force, nous amenant d'entrée dans une histoire labyrinthique, à tiroirs, où les indices sont rares mais bel et bien existants. Il nous fait croire pendant la majorité du film en l'histoire d'un pauvre mec auquel il n'arrive que des crasses : il perd son job, devient cocu, perd son appartement, avant de se faire aggresser dans la rue. Pour finir il se retrouve mêler dans une complexe histoire où il se trouve pris pour un autre, un certain Nick Fisher endetté jusqu'à la moelle auprès de deux des plus grands parrains new-yorkais : le Boss et le Rabbin. Au début on est clairement embrouillé, les séquences s'enchainent, les personnages se succèdent, on se démandent bien la signification de tout cela, puis le film se demêle petit à petit laissant tout de même pas mal de zones d'ombres à certains endroits. Tout cela se termine par un twist ending qu'on sentait venir, mais dont on ne connaissait pas tout les ingrédients, et qui s'avère particulièrement riche et développé, le réalisateur nous refaisant toute l'histoire en flashs-backs explicatifs insistant, mais ma foi pas si pesant que l'on pourrait le croire. On pourra donc regretter un manque général de personnalitée de la part du cinéaste brittanique, qui malgré quelques excès s'avère terriblement sympathique grâce à une histoire efficace, usant souvent de bons mots et dont la non-chalence et le cynisme finissent par séduire, et biensur une galerie de personnages typés et diablement charismatiques qui bénéficient d'un casting haut de gamme. On retrouve en tête de proue le jeune et séduisant Josh Hartnett, dans un rôle plein de déinvolture où il joue à merveille l'ataraxique. Il est bien épaulé par Bruce Willis, qui réalise une performance dans la veine de Sin City, en tueur à gages redoutable à la réplique cinglante. Les deux parrains vivant face à face depuis plus d'une vingtaine d'années, n'osant plus sortir de leur tour d'ivoire respective, sont campés par Ben Kingsley et Morgan Freeman, remplissant leur tache sans coup férir. La charmante Lucy Liu donne enfin la preuve qu'elle est talentueuse, laissant aller à la spontanéité son personnage, alors que Stanley Tucci, fidèle aux seconds rôles remplit sa tâche avec les honneurs malgré peu de temps de présence.

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# Posté le jeudi 28 juin 2007 14:04
Modifié le samedi 30 juin 2007 05:21

Mise à prix

Mise à prix
Film brittanique. 2006. 1h50.
Sortie : 1er Aout 2007
Réalisateur : Joe Carnahan
Avec : Ben Affleck (Père et fille, Pearl Harbor, Armageddon), Andy Garcia (Le parrain 3, Ocean's 12, Les seigneurs de Harlem), Jeremy Piven (Family man, Heat, Les arnaqueurs)
Genre : Comédie, Policier
Histoire :Stanley Locke, directeur adjoint du FBI, envoie ses meilleurs agents, Richard Messner et Donald Carruthers, à Lake Tahoe. Ils ont pour mission de retrouver Buddy "Aces" Israel, un magicien louche de Las Vegas, et de le protéger de Primo Sparazza, un gros bonnet de la Mafia dont on dit qu'il a fait assassiner plus de 130 personnes. Buddy a en effet promis de donner à la justice des preuves contre Sparazza afin de sauver sa propre peau, et la Mafia offre un million de dollars pour le faire disparaître. Peu importe qui fait le boulot, du moment qu'il est abattu rapidement. Attirés par l'argent, mercenaires, assassins et tueurs à gages de tous horizons débarquent à Lake Tahoe.
Mon avis :5,5/10. Joe Carnahan qui avait réussit à se faire un nom avec l'excellent Narc, un thriller très sombre, nous revient avec Smokin Aces après avoir refusé la mise en scène de Mission Impossible 3, ce qui laissait présager un projet ambiteux. Le résultat n'est malheureuseument pas au rendez-vous, le film ne convaint qu'à moitié. Sur ce coup Carnahan a voulut faire un polar à la cool et sans morale à la Ritchie voire à la Tarantino, mais sur certains aspects de son histoire il reste vraiment trop premier degré pour que la sauce ne prenne vraiment. On a parfois l'impression de se trouver dans un film d'action de facture classique qui se prend très au sérieux alors que visiblement le cinéaste avait plutôt l'intention d'un divertissement sans prise de tête. On pourrait légitimer ça par la présence d'un humour plutôt corrosif, mais le fait est qu'il n'est vraiment pas assez appuyé pour qu'on y pense instinctivement. Ces deux aspects antagonistes du film ont vraiment du mal à prendre, la sauce a vraiment tendance à tourner, dès qu'on passe un bon petit moment de plaisir immorale on retombe systématiquement dans un schéma pompeux. Comme par hasard, ces lourdeurs viennent des personnages du FBI, ils vont complètement plomber le final, Ryan Reynolds nous démontre s'il le fallait encore qu'il est un piètre acteur, il se la joue dramatique dans une conclusion qui colle pas du tout avec le reste du film : un agent du FBI décide de se venger de sa direction suite à la mort de son collègue et quand il apprend les véritables raisons de l'opération mené, en sabotant celle-ci. Au delà de ça, c'est l'ensemble scénaristique qui n'est pas plus emballant que cela, d'autant plus que les tics de réalisation qu'on attendait pas de la part de Calahan sont usant à la longue.
En effet il n'aura pas fallu attendre le final pour être déçu. Alors qu'il s'agit d'un scénario à priori labyrinthique avec une grosse palette de personnages qui ont chacun leurs intentions et leurs propres histoires, on a droit à une (très) longue introduction d'une vingtaine de minutes, plutôt pesante, nous présentant tous les enjeux du film avant la castagne, la vraie, la pure, machant ainsi tous le travail au spectateur, qui n'aura guère de mal à déchiffrer tous les tenants et aboutissants de l'histoire de même qu'un dénouement final qui ne s'avèra être qu'une demi-surprise. Dès lors l'interêt du film ne réside plus trop dans son scénario, plusieurs tueurs à gages vont devoir s'affronter dans un casino-hôtel de Lake Tahoe afin d'éliminer le premier une cible à un million de dollars et c'est tout, avant l'attendu twist-ending bien entendu. Concrètement pour le spectateur il s'agit donc d'un déluge d'action de plus d'une heure, les manias de l'action seront ravis, les autres plus cérébrales, moins forcément. Calahan semble alors tout miser sur sa mise en scène qui il est vrai accompagne parfaitement ce genre de film. L'image est très saturé, les couleurs sont abondantes, le côté cartoonesque se fait bien sentir et apparait encore plus grandement dans les génériques et enfin la mise en scène clipesque à souhait aura de quoi divertir. Autre atout de poids, la diversité de ses personnages, des tueurs à gages bien différent. On a les flics reconvertis chasseurs de primes qui font pas faire long feu (merci Mr Affleck pour l'apparition), le duo de tueuuses black lesbiennes qui usent de leur sex-appeal pour avancer (bon début d'Alicia Keys), le groupuscule néo-nazis déjantés (très caricaturale sur les bords mais complètement fellés), le tueur sadique venu d'amerique du sud et enfin le tueur transformiste qui a toujours son moule à tête près de lui. Camouflage, discretion, bourrins, rapprochement... toutes les techniques sont bonnes pour eux, tout comme la diversité des armes utilisées : guns, uzis, couteaux, sniper, seringue et même tronçoneuse... Un film qui vaut donc surtout pour son action sans concessions, sympas sur certains aspects, il se révèle beaucoup plus lourd sur d'autres, et ne restera en aucun cas au panthéon des films d'actions à la cool.

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# Posté le jeudi 28 juin 2007 14:08
Modifié le dimanche 01 juillet 2007 08:20

Kiss kiss, Bang Bang

Kiss kiss, Bang Bang
Film américain. 2005. 1h42.
Sortie : 14 Septembre 2005
Réalisateur : Shane Black
Avec : Robert Downey Jr. (Iron Man, Zodiac, Good night and good luck), Val Kilmer (Doors, Heat, Willow), Michelle Monaghan (Josey Aimes, M : i : III, Constantine)
Genre : Policier, Comédie
Histoire :Harry Lockhart, voleur en fuite, se retrouve accidentellement au beau milieu d'un casting de polar Hollywoodien. Afin de préparer au mieux son rôle, il fait équipe avec un détective privé sans foi ni loi et une comédienne en herbe. Ils finiront par se retrouver impliqués dans une réelle et mystérieuse affaire de meurtre.
Mon avis : 7,5/10. Shane Black habitué des buddy movies en tant que scénariste, signant les scripts entre autres du "dernier samaritain" et de "L'arme fatale", qui reste à ce jour la pièce maitresse de ce sous genre du film policier, revient aux affaires après pas mal d'années d'absences, avec l'aide du producteur Joël Silver, cette fois-ci en tant que scénariste biensur mais aussi en tant que réalisateur. Et le moindre que l'on puisse dire c'est qu'avec son Kiss Kiss Bang Bang il effectue des débuts très remarqués derrière la caméra. Lui qui est à l'origine, parmi d'autres, du phénomène "buddy movie" (littéralement film de copains mais qui en réalité est vite devenu un film mettant en scène un duo de flic antagoniste mais pote) dans les années 90, après le succès international de L'arme fatale, remue de nouveau un genre qui était tombé dans le cliché le plus abjecte de par sa surutilisation, à en juger par exemple la récupération à la française avec une production telle que Gomez et Tavarès. En effet à la base, même si ce genre de productions était aussi musclé que n'importe quel policier, elle se différenciait de ceux-ci par leur bonne dose d'humour et de légereté, qui au fil du temps devint complètement formaté et ne fit plus rire grand monde. Surement bourré de remords et de regrets, le pauvre Shane Black vient démonter de toutes pièces un genre, dont il fut l'un des pionniers sur grand écran, sans pour autant le renier mais au contraire en lui redonnant des couleurs. Armé d'un cynisme à toute épreuve et d'une malice délectable, le cinéaste se lance dans la caricature du genre, tout en restant fidèle au genre, réalisant l'un des meilleurs buddy movie depuis très longtemps, peut-être même depuis L'arme fatale.
Finit le duo de flic pote mais ô combien opposé au si bien d'un point de vue caractériel que sociale ou ethnique. Ici on a le droit à un duo d'enquêteurs très atypique et plus que jamais de circonstance. Ainsi on se retrouve en compagnie d'un détective gay, aux antipodes des clichés sur les homosexuels qui pour le coup séduit et apparait étonnament crédible grâce à un excellent Val Kilmer, qui par contre a des méthodes d'enquête plus que douteuses et quelque peu floues. Avec lui on retrouve un voyou new-yorkais qui s'est retrouvé par magie mebarqué à Hollywood, grâce à un casting qui passait par là, alors qu'il tentait d'échapper à la police, et qui pour perfectionner son rôle de détective doit suivre pendant quelques jours un vrai détective qui se trouve être le personnage de Val Kilmer. Et le moins que l'on puisse dire c'est que la formation va être musclé en pas moins de quatre jours, les deux compères se retrouvant embarqués sur une affaire de crimes dont on essaie de leur refiler la culpabilité. Vient se joindre à eux la charmante et pétillante Michelle Monaghan qui va elle aussi intervenir dans l'enquête et participer à une formation accéléré de détective se retrouvant pris au beau milieu d'un polar digne d'un roman de détective auquel le cinéaste rend hommage. On y retrouve une athmosphère noir sublimemant mis en image par la mise en scène très fluide Black, et parfaitement mis en valeur par le travail photographique avec ses différentes teintes et sur les décors à la fois rétros et modernes. Cette ambiance sombre digne de la grande époque des polars américains des années 50 cotoie à merveille un ton beaucoup plus léger et beaucoup plus décalé qui fait le charme intégral de Kiss Kiss Bang Bang. En effet le film déborde de situations décalés et de gags qui s'intègrent parfaitement, et sans lourdeur à notre grande surprise, au déroulement de l'intrigue policière. L'humour très cynique provient en grande partie de la narration très décalé de l'excellent Robert Downey Jr., véritable locomotive du film, qui nous démontre toute l'étendue de son talent comique grâce à son mélange de coolitude et de mimiques destroy. Ce second degré qui est ainsi instauré permet d'éviter toute prise au sérieux du film, le cinéaste osant quelques clins d'oeils cinéphiles et culturels sans méchanceté mais toujours bien placé, tout comme ses petites pics bien placées envers le système hollywoodien et son fameux cahier des charges. Ainsi on se régale devant les vannes à propos du comédien qui a gardé son costume de super-héros alors que sa série s'est arrêté ou encore sur le happy end où on fait revivre tout le monde même Elvis! Pour autant on ne donne pas dans la parodie pur et dur, y'a de l'humour certes mais à petite dose, l'histoire policière parfaitement ficelé est franchement sympa à suivre alors que le regard extérieur du narrateur qui nous explique la construction du film amène un regard décalé qui s'imbrique parfaitement sans dénaturer le buddy movie, le bousculant et le renouvelant tout au plus.

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# Posté le jeudi 28 juin 2007 14:24
Modifié le vendredi 27 juillet 2007 08:58

Gangster N° 1

Gangster N° 1
Film brittanique. 2000. 1h43.
Sortie : 18 juillet 2001
Réalisateur : Paul Mc Guigan
Avec : Malcolm McDowell (Orange Mécanique, Caligula, If), David Thewlis (Harry Potter, Nouveau monde, Rimbaud Verlaine)
Genre : Thriller, Drame
Histoire :De nos jours à Londres, le dénommé Gangster, un gros bonnet de la pègre, mène une vie paisible jusqu'au jour où il apprend la sortie imminente de prison de son mentor et rival, Freddie Mayes. Son passé refait alors surface.
Dans les années soixante, Gangster, alors jeune loup ambitieux, travaillait pour le compte de Freddie Mays, le boucher de Mayfair. Son job lui plaisait : il aimait l'argent, les filles, les beaux vêtements, le pouvoir et la violence.
Il convoitait la place de son chef. Cette envie allait bientôt engendrer une violente trahison qui les conduira à se livrer une lutte sans merci.
Mon avis :7/10. Seuleument une année suite au succès surprise de son premier film Acid House, Paul McGuigan remet le couvert dans un tout autre style : le film de gangster. Sobrement intitulé Gangster n°1 ce premier essai dans un genre, pourtant usé, s'avère concluant et montre toutes les aptitudes du cinéaste dans ce domaine. On oscille entre classicisme et atypisme. On remarque une forte influence des productions américaines et étrangement le côté british s'avère plutôt effacé, beaucoup plus que dans d'autres productions britanniques du genre sorties à la même époque. Si dans sa construction, le film se poste plutôt comme académique, dans son ton très sombre il trouve une véritable originalité. En effet il montre une acidité plutôt impressionante notamment dans de délicieux monologues sarcastiques que nous offre notre personnage principal, un gangster de l'ancienne école totalement antipathique qui n'a jamais eu en tête que sa gloire personelle, haïssant tous ce qui l'entoure et n'ayant aucune pitié pour qui que ce soit qui se mettrait en l'encontre de son chemin. Que ce soit Paul Bettany qui interprète le caïd étant jeune ou Malcolm McDowell qui le joue vieillissant, ils sont tous les deux parfaits. Le premier joue à fond le carte du jeune fougeux parfois charmant et à d'autres moments totalement brutal et sans pitié, en réussissant l'exploit de ne pas cabotiner une seule fois. Il entreprend une véritable continuité, aussi bien dans le jeu que dans la ressemblance physique, avec le second, révélé chez Kubrick, et qui vient, de temps à autre, nous éclabousser de sa classe.
Il permet de donner à son réalisateur l'occasion de mettre en parallèle la vie d'un caïd à deux périodes bien distinctes de sa vie : l'ascension (qui se termine vite en apogée) et le crépuscule, afin de nous montrer son évolution, bien sur d'un point de vue du pouvoir, mais aussi et surtout d'un point de vue psychologique. Ici on s'intéresse très peu aux activités même du gangster, on a bien droit à quelques démonstrations où ils règlent ses comptes, éliminent ceux qui se mettent en travers de son chemin et décident de trahir son supérieur pour lui ravir la première place, mais à aucuns moments on ne s'intéresse proprement dit aux activités déviantes du gangster, on ne sait même pas dans quel secteur il sévit. C'est le psychologique qui prime avant tout. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le travail scénaristique a été fait avant tout dans ce sens et il est parfaitement mis en avant par les deux acteurs qui jouent le rôle du gangster number one. Entre les envies de pouvoir, l'admiration et la haine mélangé qu'il porte sur son patron, de même que sur la femme de celui-ci, sont très bien mis en avant et prennent de l'ampleur au fur et à mesure que le film avance à tel point qu'ils en deviennent des thématiques primordiales. Bien évidemment certains regretteront un manque d'actions ou un manque d'interêt dans l'intrigue, qui occasionnera quelques périodes ennuyeuses pour eux, mais il faut voir cette approche du film de gangsters comme un véritable film d'auteur apportant une véritable réfléxion sur les relations qui peuvent exister entre bonheur et pouvoir. En outre, côté réalisation McGuigan se démarque également quelque peu du classicisme du film de gangster, en nous offrant une partition enjouée, plutôt rythmée, fort agréable dans une ambiance très seventies dans les décors et dans la photo.

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# Posté le jeudi 28 juin 2007 14:28
Modifié le dimanche 08 juillet 2007 09:45

Hyper Tension

Hyper Tension
Film franco-américain. 2005. 1h23.
Sortie : 14 Mars 2007
Réalisateurs : Mark Neveldine & Bryan Taylor
Avec : Jason Startham (Transporteur, Arnaques, crimes et botaniques, Revolver), Glenn Howerton, Amy Smart
Genre : Action
Histoire :Chev Chelios est un tueur à gages qui n'a pas rempli un banal contrat : la veille, il a en effet raté sa cible. Et ce matin-là, Chev est réveillé par un coup de téléphone de bien mauvaise augure. A l'autre bout du fil, le malfrat Ricky Verona lui apprend qu'il a été empoisonné dans son sommeil et qu'il ne lui reste qu'une heure à vivre...
Désormais, Chelios ne doit surtout pas rester immobile - sous peine de mourir d'un instant à
l'autre : il lui faut stimuler son adrénaline pour empêcher le poison de provoquer un arrêt cardiaque. Dans une terrible course contre la montre, Chev parcourt les rues de Los Angeles, n'hésitant pas à affronter ceux qui osent se mettre en travers de sa route. Il n'a dorénavant d'autre choix que de trouver l'antidote lui permettant d'échapper à une mort certaine...
Mon avis :7/10. Film complètement barré, Hyper Tension est le genre de film qui fait du bien aux films d'actions hollywoodiens souvent en manque de renouvellement. Son spitch de départ était vraiment attrayant : un tueur à gages qui se retrouve empoissoné n'a d'autres choix pour survivre que de ne pas s'arrêter de bouger et, tout en partant à la recherche d'un possible antidote, il va assouvir sa vengeance en faisant payer à tous ceux qui ont voulus le piéger, et Dieu sait qu'ils sont nombreux. Ce spitch est vraiment très bien exploité par des cinéastes débutants, qui sévissait avant dans la pub, Mark Neveldine & Bryan Taylor, qui nous offre un premier film plein d'adrénaline, vraiment jouissif, sans lourdeurs et toujours plaisant à suivre. Autant vous prévenir tout de suite qu'il vaut mieux bien s'accrocher, on a rarement vu un film aussi speedé, 1h20 où le spectateur est vraiment mis à rude épreuve, au même titre que l'acteur Jason Statham auquel ce genre de rôle physique convient à merveille. Il s'en dépêtre très bien, ajoutant comme bien souvent dans ses performances ce petit plus qui fait qu'il se démarque des autres : un mélange de classe et d'humour à l'anglaise. Révélé par le cinéaste brittanique Guy Ritchie, qui s'avère être une source d'inspiration forte pour les deux réalisateurs de Crank, Statham s'est parfaitement exporté aux Etats-Unis. Avec d'impressionantes cascades à son compteur, dont une particulièrement périlleuse à 1km du sol pendu à un hélicoptère, il s'inscrit comme le digne successeur d'un Bruce Willis avec qui il ne partage vraisemblablement pas que la même coupe de cheveux puisque, tout comme le mythique John McClane, Statham s'avère être un bon acteur vraiment sympathique.
Tout cela pour dire que le film porte en grande partie sur un acteur qui sait rendre le spectacle encore plus impressionant et divertissant. Il se présente comme une aide non négligeable pour les deux jeunes cinéastes que sont Taylor & Neveldine qui nous offre une partition moderne et franchement inspiré. Outre quelques tics clipesques, qui peuvent déplaire à certains mais qui apportent un esthétique certain à petite dose, ils inventent la caméra à l'épaule en roller. Avec cette technique ils ne dénaturent pas l'image mais au contraire plongent encore plus le spectateur dans l'action les collant au plus proche de l'acteur principal qui ne tient pas en place. Fortement inspiré des jeux vidéos style GTA, nos deux acolytes font faire tout et n'importe quoi à notre personnage, dans un déluge d'immoralitée délectable grâce à une athmosphère clairement légère et purement second degré. Les situations improbables se succèdent, quelques tirades s'avèrent particulièrement bien senties, on se prend à rire de bon coeur à quelques reprises, enfin ils ne manquent pas d'originalité sur les conséquences directes et indirectes de l'empoisonnement. L'aspect graphique du film rapelle un cartoon, ça part dans tous les sens, les couleurs sont là pour appuyer cette impression de même que certaines cascades improbables. Les petites piques politiquement incorrect complètement agréables disciminés ça et là dans le film (comme la vanne sur Al-Quaïda ou bien encore le non-happy-ending délirant), ne manquent en tout cas pas d'amener un bon bol de fraicheur dans l'univers du blockbuster hollywoodien.

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# Posté le vendredi 29 juin 2007 05:02
Modifié le vendredi 29 juin 2007 09:23