Film français. 2005. 1h28.
Sortie :5 Avril 2006
Réalisateur : Albert Dupontel
Avec : Albert Dupontel (Monique, Bernie, Odette Toulemonde), Claude Perron (Suzanne, Amélie Poulain, Bernie), Nicolas Marie (99 Francs, Zim and co)
Genre : Comédie
Histoire :Un SDF trouve un uniforme de flic et le met pour manger dans les cantines de police...
Mon avis :7,5/10. Après l'encartade du "Créateur", l'Albert Dupontel réalisateur, avec Enfermés dehors, revient avec un métrage dans la veine de Bernie, montrant toujours autant d'affection pour les doux-dingues. Ici Mickey Willis, le petit gars de la DDASS devenu psychopathe laisse place à un autrre abandonné du système, un SDF qui lui aussi va se faire jouer des tours par son côté "simple d'esprit". Si l'univers de Dupontel qu'on avait à l'époque découvert avec Bernie était déjà assez enthousiasmant, ici on passe sans aucun doutes un palier. L'humouriste cinéaste confirme bien qu'il a un style qui lui est propre et ne se gêne pas pour l'enrichir de nouvelles trouvailles, progressant également dans la mise en scène en nous livrant une partition virevoltante et des plus réjouissives dans ce secteur. On sent d'une part que pour ce film Dupontel a bénéficié d'un plus gros budget qu'il a su parfaitement mettre à profit, mais aussi d'un gage d'assurance encore plus fort qu'il doit entre autres à l'expérience qu'il s'est forgé depuis une dizaine d'années grâce à de nombreuses collaborations avec des cinéastes de grands talents comme Noé ou Jeunet mais aussi grâce à l'ami qu'il a trouvé en la personne du déjanté, cinéaste et humouriste brittanique, Terry Gilliam. Tous ces artistes on s'en aucun doute contribuer dans l'univers que s'est fabriqué Dupontel. Certains présentent son film comme une version trash d'Amélie Poulain, pour l'incroyable poésie qui se dégage des différentes situations décalés et des différents personnages souvent hauts en couleurs. Pour ce qui est du côté trash, nul doute que le savoir-faire de Noé en la matière a servit Dupontel, qui même dans des scènes d'actions surréalistes arrivent à reproduire l'impact réel et la violence des chocs.
Tous ces enseignements, acquis au cours de son parcours d'acteur, apportent sans nul doute un plus à l'univers graphique que l'ami Bébert s'est crée, un univers très cartoonesque et très haut en couleurs, aussi bien au sens propre qu'au figuré. Le réalisateur d'Enfermés Dehors avait la vrai volonté de réaliser une BD filmée et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est stupéfiant. Montage frénétique, mouvements de caméra épiléptiques, palette de couleurs très flashantes et utilisée de manière outrancière, tout y est pour que le spectateur se croit dans un épisode de Tex Avery revisité. On peut ajouté à cela, un personnage central immortel qui résiste à tous les accidents et à toutes les chutes même les plus extrêmes. Albert Dupontel joue les Buster Keaton, en mêlant burlesque et cascade réel, pour un résultat des plus bluffants qui ne manquera pas d'en scotcher plus d'un à son siège lors des multiples vols planés de notre héros et de ses chutes improbables. La mise en scène est incroyablement inventive et le cinéaste fait preuve d'une maitrise de sa caméra bluffante, de même qu'il possède une certaine aisance dans son montage. Il fait vivre son film à 100 à l'heure, la preuve ce que certains aurait mis 2h à développer, lui l'emballe en à peine 1h20, sa caméra se ballade selon ses désirs, lâche quelques ralentis ou quelques zooms assez clipesques avant de repartir de plus belle. Une maitrise technique qu'on ne voit pas souvent en France, qui plus est sur le marché indépendant. Pas étonnant alors de retrouver Terry Gilliam comme la principale inspiration de Dupontel. Ce dernier apparait comme le véritable pendant français du second, qui d'ailleurs n'hésite à faire une sympathique apparition en bébé accompagné de son acolyte Terry Jones. Cette filialité se fait autant dans l'humour burlesque que dans l'engagement politique de leurs deux oeuvres. Car derrière ces situations loufoques qui se succèdent, l'humour, de prime abord jouant sur le comique de situation seuleument, s'avère être d'une acidité incroyable sur le plan des mots. Le cinéaste trimballe un aspect social sur son dos qui s'avère être de plus en plus rare dans la paysage cinématographique français. Ainsi il fait des SDF, les héros de son film, eux qui sont pourtant plus que jamais en difficulté et occulté par des discours démagogiques qui restent les mêmes depuis des années. Mais fort de sa personnalité, Dupontel les traite avec une grande sympathie, ne tombe jamais dans le misérabilisme, il se montre très humble que ce soit sur ce plan ou quand il s'agit de déballer toutes ces influences qui finalement a parfaitement digérer pour en faire un tout très personnel et concret.
Si d'un point de visuelle le film s'avère être une perfection, scénaristiquement ce n'est pas aussi clair et net, l'ensemble passe pour assez anecdotique même si on doit bien reconnaitre que l'ensemble est vraiment très plaisant à suivre. On part d'un spitch très simple, un SDF bien amoindrit mentalement à force de sniffer de la colle trouve un uniforme de flic suite à un trip introductif des plus déments. Il en tire d'abord profit pour manger à sa guise à la cafet du QG de la police, puis est attiré par le discours émouvant d'une jeune femme dont l'enfant a été kidnappé par les beaux-parents. De là va naitre un énorme quiprocos qui va être l'intrigue principal du film, puisqu'en voulant aller récupérer le bébé kidnappé, notre SDF infiltré se laisse avoir par une homonymie qui l'emmène à se mettre à la poursuite d'un illustre banquier. Si l'intrigue comme ça n'a pas une originalité extrême, elle la gagne aisément grâce à sa belle brochette de personnages. Dupontel s'amuse à jouer avec les préjugés et les faux-semblants en faisant des habituels gentils les méchants et inversement. Ainsi il prend partie pour son SDF qu'il interprète lui-même avec un talent comique hors-norme, qui malgré ses bourdes et une aggrésivitée à la fois compréensive et hilarante, s'avère vraiment attachant puisqu'amoureux. Amoureux de qui? De Claude Perron, la muse de monsieur, à la fois banal et sensuelle, qui campe cette fois-ci, une vendeuse de sex-shop, ancienne star du X qui recherche déséspérement sa fille Coquelicot enlevé par des beaux-parents cruels mais pas si atroces que ça. Les rôles de vrais gros méchants reviennent alors aux banquiers et à tous le gratin du pôle financier regroupé autour du lit d'hôpital d'un de leurs aînées. Tous ceux-ci présentent un aspect de leur personnalitée particulièrement déjanté et participent à ce déluge de douce folie qui déferle sur le film propice à l'action mais pas seuleument puisqu'entre ces scènes là, bercés par l'excellent rock de Noir Désir (en instrumental), Dupontel en profite pour faire passer son message et son soutien à travers une oeuvre décidement politiquement incorrect.
Donne toi aussi ton avis sur ce film.
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Sortie :5 Avril 2006
Réalisateur : Albert Dupontel
Avec : Albert Dupontel (Monique, Bernie, Odette Toulemonde), Claude Perron (Suzanne, Amélie Poulain, Bernie), Nicolas Marie (99 Francs, Zim and co)
Genre : Comédie
Histoire :Un SDF trouve un uniforme de flic et le met pour manger dans les cantines de police...
Mon avis :7,5/10. Après l'encartade du "Créateur", l'Albert Dupontel réalisateur, avec Enfermés dehors, revient avec un métrage dans la veine de Bernie, montrant toujours autant d'affection pour les doux-dingues. Ici Mickey Willis, le petit gars de la DDASS devenu psychopathe laisse place à un autrre abandonné du système, un SDF qui lui aussi va se faire jouer des tours par son côté "simple d'esprit". Si l'univers de Dupontel qu'on avait à l'époque découvert avec Bernie était déjà assez enthousiasmant, ici on passe sans aucun doutes un palier. L'humouriste cinéaste confirme bien qu'il a un style qui lui est propre et ne se gêne pas pour l'enrichir de nouvelles trouvailles, progressant également dans la mise en scène en nous livrant une partition virevoltante et des plus réjouissives dans ce secteur. On sent d'une part que pour ce film Dupontel a bénéficié d'un plus gros budget qu'il a su parfaitement mettre à profit, mais aussi d'un gage d'assurance encore plus fort qu'il doit entre autres à l'expérience qu'il s'est forgé depuis une dizaine d'années grâce à de nombreuses collaborations avec des cinéastes de grands talents comme Noé ou Jeunet mais aussi grâce à l'ami qu'il a trouvé en la personne du déjanté, cinéaste et humouriste brittanique, Terry Gilliam. Tous ces artistes on s'en aucun doute contribuer dans l'univers que s'est fabriqué Dupontel. Certains présentent son film comme une version trash d'Amélie Poulain, pour l'incroyable poésie qui se dégage des différentes situations décalés et des différents personnages souvent hauts en couleurs. Pour ce qui est du côté trash, nul doute que le savoir-faire de Noé en la matière a servit Dupontel, qui même dans des scènes d'actions surréalistes arrivent à reproduire l'impact réel et la violence des chocs.
Tous ces enseignements, acquis au cours de son parcours d'acteur, apportent sans nul doute un plus à l'univers graphique que l'ami Bébert s'est crée, un univers très cartoonesque et très haut en couleurs, aussi bien au sens propre qu'au figuré. Le réalisateur d'Enfermés Dehors avait la vrai volonté de réaliser une BD filmée et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est stupéfiant. Montage frénétique, mouvements de caméra épiléptiques, palette de couleurs très flashantes et utilisée de manière outrancière, tout y est pour que le spectateur se croit dans un épisode de Tex Avery revisité. On peut ajouté à cela, un personnage central immortel qui résiste à tous les accidents et à toutes les chutes même les plus extrêmes. Albert Dupontel joue les Buster Keaton, en mêlant burlesque et cascade réel, pour un résultat des plus bluffants qui ne manquera pas d'en scotcher plus d'un à son siège lors des multiples vols planés de notre héros et de ses chutes improbables. La mise en scène est incroyablement inventive et le cinéaste fait preuve d'une maitrise de sa caméra bluffante, de même qu'il possède une certaine aisance dans son montage. Il fait vivre son film à 100 à l'heure, la preuve ce que certains aurait mis 2h à développer, lui l'emballe en à peine 1h20, sa caméra se ballade selon ses désirs, lâche quelques ralentis ou quelques zooms assez clipesques avant de repartir de plus belle. Une maitrise technique qu'on ne voit pas souvent en France, qui plus est sur le marché indépendant. Pas étonnant alors de retrouver Terry Gilliam comme la principale inspiration de Dupontel. Ce dernier apparait comme le véritable pendant français du second, qui d'ailleurs n'hésite à faire une sympathique apparition en bébé accompagné de son acolyte Terry Jones. Cette filialité se fait autant dans l'humour burlesque que dans l'engagement politique de leurs deux oeuvres. Car derrière ces situations loufoques qui se succèdent, l'humour, de prime abord jouant sur le comique de situation seuleument, s'avère être d'une acidité incroyable sur le plan des mots. Le cinéaste trimballe un aspect social sur son dos qui s'avère être de plus en plus rare dans la paysage cinématographique français. Ainsi il fait des SDF, les héros de son film, eux qui sont pourtant plus que jamais en difficulté et occulté par des discours démagogiques qui restent les mêmes depuis des années. Mais fort de sa personnalité, Dupontel les traite avec une grande sympathie, ne tombe jamais dans le misérabilisme, il se montre très humble que ce soit sur ce plan ou quand il s'agit de déballer toutes ces influences qui finalement a parfaitement digérer pour en faire un tout très personnel et concret.
Si d'un point de visuelle le film s'avère être une perfection, scénaristiquement ce n'est pas aussi clair et net, l'ensemble passe pour assez anecdotique même si on doit bien reconnaitre que l'ensemble est vraiment très plaisant à suivre. On part d'un spitch très simple, un SDF bien amoindrit mentalement à force de sniffer de la colle trouve un uniforme de flic suite à un trip introductif des plus déments. Il en tire d'abord profit pour manger à sa guise à la cafet du QG de la police, puis est attiré par le discours émouvant d'une jeune femme dont l'enfant a été kidnappé par les beaux-parents. De là va naitre un énorme quiprocos qui va être l'intrigue principal du film, puisqu'en voulant aller récupérer le bébé kidnappé, notre SDF infiltré se laisse avoir par une homonymie qui l'emmène à se mettre à la poursuite d'un illustre banquier. Si l'intrigue comme ça n'a pas une originalité extrême, elle la gagne aisément grâce à sa belle brochette de personnages. Dupontel s'amuse à jouer avec les préjugés et les faux-semblants en faisant des habituels gentils les méchants et inversement. Ainsi il prend partie pour son SDF qu'il interprète lui-même avec un talent comique hors-norme, qui malgré ses bourdes et une aggrésivitée à la fois compréensive et hilarante, s'avère vraiment attachant puisqu'amoureux. Amoureux de qui? De Claude Perron, la muse de monsieur, à la fois banal et sensuelle, qui campe cette fois-ci, une vendeuse de sex-shop, ancienne star du X qui recherche déséspérement sa fille Coquelicot enlevé par des beaux-parents cruels mais pas si atroces que ça. Les rôles de vrais gros méchants reviennent alors aux banquiers et à tous le gratin du pôle financier regroupé autour du lit d'hôpital d'un de leurs aînées. Tous ceux-ci présentent un aspect de leur personnalitée particulièrement déjanté et participent à ce déluge de douce folie qui déferle sur le film propice à l'action mais pas seuleument puisqu'entre ces scènes là, bercés par l'excellent rock de Noir Désir (en instrumental), Dupontel en profite pour faire passer son message et son soutien à travers une oeuvre décidement politiquement incorrect.
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