Film français. 2005. 1h17.
Sortie : 13 Septembre 2006
Réalisateur : Benoit Delépine & Gustave Kervern
Avec : Velvet, Benoit Delépine (Le hérisson, Groland, Michael Keal contre la World News Company), Gustave Kervern (Enfermé dehors, Aaltra, Groland)
Genre : Comédie
Histoire :Un sourd-muet et deux drogués à la kétamine ratent l'enlèvement du chien d'une milliardaire plantureuse. Elle en profite pour les forcer à réaliser ses dernières volontés.
Mon avis :6/10. Après avoir fait avec Aaltra leur film burlesque, le duo grolandais Delépine/Kervern réalise cette fois-ci avec Avida, leur film hommage au surréalisme. On retrouve un peu le même univers que dans Aaltra avec ce noir et blanc granuleux, ces dialogues minimalistes, ces laisser aller à la contemplation et biensur l'humour noir grinçant. Si proche de leur précédent métrage mais à la fois si différent. Si le surréalisme était mineur dans leur première oeuvre au profit du côté burlesque mis en excerbe, ici c'est tout le contraire, le surréalisme est majeur et le burlesque mineur. Et ça change tout. L'historie d'abord. Ce dosage donne encore plus de liberté à l'histoire qui part clairement dans tous les sens sans savoir vraiment où on va. Les scenètes se succèdent dans une inégalité et un bordel généralisé. L'influence des grands cinéastes surréalistes à l'image d'un Luis Bunuel sont très marqués. Mais on retrouve également la patte de peintres très célèbres comme Dalli dont l'image final est une copie d'un de ses plus célèbres tableaux. Les influences semblent trop présentes et pesantes à certains moments alors qu'ils avaient su parfaitement les digérer dans Aaltra. Les mises en scènes sont souvent très belles mais paraissent trop impersonnelles. Seuls quelques idées nous font penser à l'instauration d'une véritable personnalitée dans ce film à l'image de cette pétanque très spécial avec des chaises de jardins ou bien encore sur la façon très particulière de se shooter au fusil de chasse. Par contre le coup des animaux et la muse aux formes insensés sonnent comme du déjà vu.
L'histoire n'en est donc pas vraiment une, le sens qu'on donne à cette oeuvre est très personnelle comme c'est souvent le cas avec les films surréalistes, toujours est-il qu'on a du mal à s'agripper ne serait ce qu'à une trame plus ou moins logique. Certes on ne voit pas ça tout les jours, d'autant plus que la période surréaliste est révolut depuis un bon bout de temps maintenant, mais on ne peut s'empêcher d'être relativement déçu. Le film joue presque tout sur son esthétique, certes réussit, mais pas assez envoutant pour faire effet. Après reste de bons moments comme les apparitions très décalés de Claude Chabrol et son discours sur la viande mémorable, ou de Dupontel en tireur d'élite, ou bien encore de Velvet personnage troublant qui ne cesse de rire, de manger des chips mais qui veut qu'une chose : mourir. Mais ces quelques bons moments ne sont pas la majorité du film, très décousue dans l'ensemble. On en ressort comme d'un rêve avec quelques vagues souvenirs mais sans plus, qui de toute façon vont s'évaporer au fil de la journée. Toujours est-il que ce film s'apparente à une expérience unique, qu'il est bien d'avoir vécu, qui passe du léger dans une première partie à l'austérité dans une seconde partie autrement plus énigmatique. Les deux cinéastes se sont laissé aller dans leur imaginaire sans limites, ne respectant aucunes règles maitresses du cinéma, et ceci de manière croissante à travers le film. On sent bien évidemment un flot de métaphores déferler à travers ce film, mais dur de toutes les déchiffrer, en résoudre une ou deux s'apparente déjà à une bonne performance. Enfin pour ce qui est de l'ambiance elle est tout de même bien particulière avec des interprètes efficaces dans un exercice de style pas facile du tout et surtout très atypique. Reste à savoir maintenant à quel genre cinématographique le duo Kervern/Delépine va s'attaquer lors de leur projet long métrage.
Donne toi aussi ton avis sur ce film.
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Sortie : 13 Septembre 2006
Réalisateur : Benoit Delépine & Gustave Kervern
Avec : Velvet, Benoit Delépine (Le hérisson, Groland, Michael Keal contre la World News Company), Gustave Kervern (Enfermé dehors, Aaltra, Groland)
Genre : Comédie
Histoire :Un sourd-muet et deux drogués à la kétamine ratent l'enlèvement du chien d'une milliardaire plantureuse. Elle en profite pour les forcer à réaliser ses dernières volontés.
Mon avis :6/10. Après avoir fait avec Aaltra leur film burlesque, le duo grolandais Delépine/Kervern réalise cette fois-ci avec Avida, leur film hommage au surréalisme. On retrouve un peu le même univers que dans Aaltra avec ce noir et blanc granuleux, ces dialogues minimalistes, ces laisser aller à la contemplation et biensur l'humour noir grinçant. Si proche de leur précédent métrage mais à la fois si différent. Si le surréalisme était mineur dans leur première oeuvre au profit du côté burlesque mis en excerbe, ici c'est tout le contraire, le surréalisme est majeur et le burlesque mineur. Et ça change tout. L'historie d'abord. Ce dosage donne encore plus de liberté à l'histoire qui part clairement dans tous les sens sans savoir vraiment où on va. Les scenètes se succèdent dans une inégalité et un bordel généralisé. L'influence des grands cinéastes surréalistes à l'image d'un Luis Bunuel sont très marqués. Mais on retrouve également la patte de peintres très célèbres comme Dalli dont l'image final est une copie d'un de ses plus célèbres tableaux. Les influences semblent trop présentes et pesantes à certains moments alors qu'ils avaient su parfaitement les digérer dans Aaltra. Les mises en scènes sont souvent très belles mais paraissent trop impersonnelles. Seuls quelques idées nous font penser à l'instauration d'une véritable personnalitée dans ce film à l'image de cette pétanque très spécial avec des chaises de jardins ou bien encore sur la façon très particulière de se shooter au fusil de chasse. Par contre le coup des animaux et la muse aux formes insensés sonnent comme du déjà vu.
L'histoire n'en est donc pas vraiment une, le sens qu'on donne à cette oeuvre est très personnelle comme c'est souvent le cas avec les films surréalistes, toujours est-il qu'on a du mal à s'agripper ne serait ce qu'à une trame plus ou moins logique. Certes on ne voit pas ça tout les jours, d'autant plus que la période surréaliste est révolut depuis un bon bout de temps maintenant, mais on ne peut s'empêcher d'être relativement déçu. Le film joue presque tout sur son esthétique, certes réussit, mais pas assez envoutant pour faire effet. Après reste de bons moments comme les apparitions très décalés de Claude Chabrol et son discours sur la viande mémorable, ou de Dupontel en tireur d'élite, ou bien encore de Velvet personnage troublant qui ne cesse de rire, de manger des chips mais qui veut qu'une chose : mourir. Mais ces quelques bons moments ne sont pas la majorité du film, très décousue dans l'ensemble. On en ressort comme d'un rêve avec quelques vagues souvenirs mais sans plus, qui de toute façon vont s'évaporer au fil de la journée. Toujours est-il que ce film s'apparente à une expérience unique, qu'il est bien d'avoir vécu, qui passe du léger dans une première partie à l'austérité dans une seconde partie autrement plus énigmatique. Les deux cinéastes se sont laissé aller dans leur imaginaire sans limites, ne respectant aucunes règles maitresses du cinéma, et ceci de manière croissante à travers le film. On sent bien évidemment un flot de métaphores déferler à travers ce film, mais dur de toutes les déchiffrer, en résoudre une ou deux s'apparente déjà à une bonne performance. Enfin pour ce qui est de l'ambiance elle est tout de même bien particulière avec des interprètes efficaces dans un exercice de style pas facile du tout et surtout très atypique. Reste à savoir maintenant à quel genre cinématographique le duo Kervern/Delépine va s'attaquer lors de leur projet long métrage.
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