Film américain. 1971. 1h53.
Réalisateur : Sam Peckinpah
Avec : Dustin Hoffman (Macadam Cowboy, Little big man, Tootsie), Susan George (Les dents d'acier, Madingo, La rage au coeur), Peter Vaughan (Kiss kiss bang bang, Les misérables, Moi, Peter Sellers)
Genre :Drame
Histoire :David, jeune mathematicien, fuit l'Amerique et son atmosphere orageuse. Il emigre en Cornouailles ou il est confronte des son arrive a l'agressivite des autochtones. Atteint dans ses convictions, il aura lui aussi recours a une violence qu'il combat.
Mon avis :8,5/10. Les années 60 pour Peckinpah rime avec western mais aussi avec désespoir et déchéance, suite à ses multiples échecs commerciaux et ces divers lynchages publics qui ont paradoxalement aboutis par le magistral "Wild Bunch" au lieu de l'achever, un film qui fut le résultat de cinq années où plus personne ne voulait de lui, où il vivait comme un véritable paria. Mais cette expérience douloureuse semble avoir endurcit l'homme, plus décider que jamais à maltraiter l'espèce humaine. En ce début d'années 70 il semble résolut à quitter un genre qu'il l'a vu grandir et qui l'a bien souvent maltraité. Il ne veut plus, pour un temps tout du moins, bouffer la poussière du désert americano-mexicain. C'est dans cette optique qu'il s'exile dans les Cournouailles, au sud-ouest de l'Angleterre, dans une région aux affinitées écossaises. C'est là qu'il y installe l'intrigue de son nouveau film, Chiens de paille, sans conteste son oeuvre la plus aboutie. Même si il installe son action à des milliers de kilomètres d'El Paso, l'esprit reste le même, la trame dramatique reste toujours le principal moteur du film. L'ambiance du western n'est jamais, elle est même saisissante lorsqu'on rentre pour la première fois dans le pub du village où semble tout à coup transporté dans d'autres lieux et d'autres temps, dans n'importe quel saloon du far west du 19ème siècle, avec son barman, ses joueurs de cartes, ses mines sales et vilaines. Il ne manquerait plus que les danseuses et le tableau aurait été complet. Au delà de cette impression initiale, tout le film semble eimpregné par l'influence du western, dans cet affrontement sans fins, qu'il soit psychologique ou physique, entre les autochtones et "l'américain". On assiste à une sorte de remake du cow-boy et des indiens, l'auteur s'amusant d'ailleurs avec les clichés que ce genre d'histoires comportent.
Alors qu'on peut souvent reprocher à Peckinpah des scripts inabouties, ou tout du moins un peu bancales, surtout dans les oeuvres post-Straw Dogs, l'histoire de David et des autochtones s'avère être d'une efficacitée remarquable et surtout diablement bien construits en deux parties bien distinctes. La première, la plus longue, se présente comme une succession d'aggressions psychologiques, le nouveau venu, où qu'il aille se fait charier, il se fait snober, subit les moqueries dans son dos. Ces efforts d'intégration sont vains et sont particulièrement drôle, puisqu'on le voit véhiculer tous les clichés que l'on peut avoir de l'extérieur sur la région (la cornemuse, le double scotch,...), attirant le mépris indirect de ses voisins. L'athmosphère qui règne durant cette partie là du métrage est particulièrement bien travaillé, la tension est palpable grâce aux infinis non-dits qui ne font que retarder l'échéance. Le rythme lent devient alors propice à l'envoutement. Si on sent la présence d'une ambiguïté dès le début du film, le sentiment de gêne va s'accroitre aux fils des minutes. C'est d'abord le groupe chargé de la construction du garage de David et de sa femme qui inquiètent. Puis vient le moment des avertissements : le chat est retrouvé mort dans le placard puis vient la scène du film, summum de l'ambiguïté puisque la victime semble devenir consentante, ce qui ne manquera pas d'en faire rire un ou deux à l'occasion. Cette scène est sans aucun doute le petit bémol du film puisqu'elle tend à déscréditer tout le reste, elle va devenir d'ailleurs un des vices du réalisateur lors de ses prochains films où on aura à faire à des situations similaires. Elle est le symbole de la mysoginie du cinéaste qui pour le coup n'est pas caché, c'est à la fois un des charmes et un des objets de discorde de Peckinpah. Ici il nous offre certainement le rôle féminin le plus aboutie de sa filmographie. Amy, interprété avec justesse par Susan George, représente tout à fait l'image que Peckinpah c'est fait des femmes aux fils des années et aux fils de ces désilussions amoureuses. La femme est charmante et vulgaire : à la fois objet de fantasme purement sexuel mais elle est aussi traité comme une reine. Elle passe de l'innocence à la manipulation. Même si les personnages féminins présent dans l'oeuvre de Peckinpah sont souvent caricaturaux et baclés, ils sont la clef de la déchéance des autres personnages. Ici Amy, épouse de David, est la convoitise de tous.
Indirectement elle sera donc la cause du déferlement de violence de la seconde partie du film. Quarante-minutes qui donnent un avant gout du genre survival qui a éclaté dans les années 70 et qui est l'objet tout particulier des teens-movies horrifique de nos jours. Ultra-violence et suspense se mêle pour un ensemble stressant comme rarement et qui s'inscrit par l'apogée de la déchéance humaine dans l'oeuvre de Peckinpah. La réalisation qui était jusque là plutôt classique, profitant des beaux paysages de la campagne anglaise, monte clairement d'un cran. Si lors de la scène du viol on avait déjà pu apprécié un montage au couteau d'une rare efficacitée, ici on a droit à une leçon de mise en scène et de montage qui va durer près de quarante minutes donc où la maison isolée de David et de sa femme va être assiégé par une bande d'autochtones qui accusent David d'avoir recueillit un assassin. La caméra à l'épaule tremblante, nous offrant des plans bancals agrémentés d'une photo digne des films d'horreur finissent de nous emporter dans cette déferlante violente et oprressante. On va assister à l'un des plus saisissants changements de personnalitée auquel on a eu droit au cinéma, sans être risible pour autant grâce au grand talent de Dustin Hoffman, surement dans l'un de ses meilleurs jours. Lui qui campe David, un mathématicien très doué et pacifiste, va se transformer en véritable bête sanguinaire, animé par l'esprit de vengeance quand il apprend que sa femme a été victime de viols. Il met à profit son QI pour piéger ses enemis un à un et les éliminer dans une débauche de violence impressionante encore aujourd'hui et qui n'a pas manqué d'en choquer plus d'un à sa sortie (avec notamment la mort avec le piège). La fin est elle aussi remarquable, puisqu'une fois le carnage terminé, David ne semble plus vouloir décrocher de la violence, il est définitivement devenu une bête sauvage. Encore une fois le message cynique et nihiliste de Peckinpah fait mouche, dans une étude psychologique des plus intéressantes qui met à mal l'être humain.
Donne toi aussi ton avis sur ce film.
Réalisateur : Sam Peckinpah
Avec : Dustin Hoffman (Macadam Cowboy, Little big man, Tootsie), Susan George (Les dents d'acier, Madingo, La rage au coeur), Peter Vaughan (Kiss kiss bang bang, Les misérables, Moi, Peter Sellers)
Genre :Drame
Histoire :David, jeune mathematicien, fuit l'Amerique et son atmosphere orageuse. Il emigre en Cornouailles ou il est confronte des son arrive a l'agressivite des autochtones. Atteint dans ses convictions, il aura lui aussi recours a une violence qu'il combat.
Mon avis :8,5/10. Les années 60 pour Peckinpah rime avec western mais aussi avec désespoir et déchéance, suite à ses multiples échecs commerciaux et ces divers lynchages publics qui ont paradoxalement aboutis par le magistral "Wild Bunch" au lieu de l'achever, un film qui fut le résultat de cinq années où plus personne ne voulait de lui, où il vivait comme un véritable paria. Mais cette expérience douloureuse semble avoir endurcit l'homme, plus décider que jamais à maltraiter l'espèce humaine. En ce début d'années 70 il semble résolut à quitter un genre qu'il l'a vu grandir et qui l'a bien souvent maltraité. Il ne veut plus, pour un temps tout du moins, bouffer la poussière du désert americano-mexicain. C'est dans cette optique qu'il s'exile dans les Cournouailles, au sud-ouest de l'Angleterre, dans une région aux affinitées écossaises. C'est là qu'il y installe l'intrigue de son nouveau film, Chiens de paille, sans conteste son oeuvre la plus aboutie. Même si il installe son action à des milliers de kilomètres d'El Paso, l'esprit reste le même, la trame dramatique reste toujours le principal moteur du film. L'ambiance du western n'est jamais, elle est même saisissante lorsqu'on rentre pour la première fois dans le pub du village où semble tout à coup transporté dans d'autres lieux et d'autres temps, dans n'importe quel saloon du far west du 19ème siècle, avec son barman, ses joueurs de cartes, ses mines sales et vilaines. Il ne manquerait plus que les danseuses et le tableau aurait été complet. Au delà de cette impression initiale, tout le film semble eimpregné par l'influence du western, dans cet affrontement sans fins, qu'il soit psychologique ou physique, entre les autochtones et "l'américain". On assiste à une sorte de remake du cow-boy et des indiens, l'auteur s'amusant d'ailleurs avec les clichés que ce genre d'histoires comportent.
Alors qu'on peut souvent reprocher à Peckinpah des scripts inabouties, ou tout du moins un peu bancales, surtout dans les oeuvres post-Straw Dogs, l'histoire de David et des autochtones s'avère être d'une efficacitée remarquable et surtout diablement bien construits en deux parties bien distinctes. La première, la plus longue, se présente comme une succession d'aggressions psychologiques, le nouveau venu, où qu'il aille se fait charier, il se fait snober, subit les moqueries dans son dos. Ces efforts d'intégration sont vains et sont particulièrement drôle, puisqu'on le voit véhiculer tous les clichés que l'on peut avoir de l'extérieur sur la région (la cornemuse, le double scotch,...), attirant le mépris indirect de ses voisins. L'athmosphère qui règne durant cette partie là du métrage est particulièrement bien travaillé, la tension est palpable grâce aux infinis non-dits qui ne font que retarder l'échéance. Le rythme lent devient alors propice à l'envoutement. Si on sent la présence d'une ambiguïté dès le début du film, le sentiment de gêne va s'accroitre aux fils des minutes. C'est d'abord le groupe chargé de la construction du garage de David et de sa femme qui inquiètent. Puis vient le moment des avertissements : le chat est retrouvé mort dans le placard puis vient la scène du film, summum de l'ambiguïté puisque la victime semble devenir consentante, ce qui ne manquera pas d'en faire rire un ou deux à l'occasion. Cette scène est sans aucun doute le petit bémol du film puisqu'elle tend à déscréditer tout le reste, elle va devenir d'ailleurs un des vices du réalisateur lors de ses prochains films où on aura à faire à des situations similaires. Elle est le symbole de la mysoginie du cinéaste qui pour le coup n'est pas caché, c'est à la fois un des charmes et un des objets de discorde de Peckinpah. Ici il nous offre certainement le rôle féminin le plus aboutie de sa filmographie. Amy, interprété avec justesse par Susan George, représente tout à fait l'image que Peckinpah c'est fait des femmes aux fils des années et aux fils de ces désilussions amoureuses. La femme est charmante et vulgaire : à la fois objet de fantasme purement sexuel mais elle est aussi traité comme une reine. Elle passe de l'innocence à la manipulation. Même si les personnages féminins présent dans l'oeuvre de Peckinpah sont souvent caricaturaux et baclés, ils sont la clef de la déchéance des autres personnages. Ici Amy, épouse de David, est la convoitise de tous.
Indirectement elle sera donc la cause du déferlement de violence de la seconde partie du film. Quarante-minutes qui donnent un avant gout du genre survival qui a éclaté dans les années 70 et qui est l'objet tout particulier des teens-movies horrifique de nos jours. Ultra-violence et suspense se mêle pour un ensemble stressant comme rarement et qui s'inscrit par l'apogée de la déchéance humaine dans l'oeuvre de Peckinpah. La réalisation qui était jusque là plutôt classique, profitant des beaux paysages de la campagne anglaise, monte clairement d'un cran. Si lors de la scène du viol on avait déjà pu apprécié un montage au couteau d'une rare efficacitée, ici on a droit à une leçon de mise en scène et de montage qui va durer près de quarante minutes donc où la maison isolée de David et de sa femme va être assiégé par une bande d'autochtones qui accusent David d'avoir recueillit un assassin. La caméra à l'épaule tremblante, nous offrant des plans bancals agrémentés d'une photo digne des films d'horreur finissent de nous emporter dans cette déferlante violente et oprressante. On va assister à l'un des plus saisissants changements de personnalitée auquel on a eu droit au cinéma, sans être risible pour autant grâce au grand talent de Dustin Hoffman, surement dans l'un de ses meilleurs jours. Lui qui campe David, un mathématicien très doué et pacifiste, va se transformer en véritable bête sanguinaire, animé par l'esprit de vengeance quand il apprend que sa femme a été victime de viols. Il met à profit son QI pour piéger ses enemis un à un et les éliminer dans une débauche de violence impressionante encore aujourd'hui et qui n'a pas manqué d'en choquer plus d'un à sa sortie (avec notamment la mort avec le piège). La fin est elle aussi remarquable, puisqu'une fois le carnage terminé, David ne semble plus vouloir décrocher de la violence, il est définitivement devenu une bête sauvage. Encore une fois le message cynique et nihiliste de Peckinpah fait mouche, dans une étude psychologique des plus intéressantes qui met à mal l'être humain.
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