Bad Lieutenant

Bad Lieutenant
Film américain. 1992. 1h38.
Sortie :10 Mars 1993
Réalisateur :Abel Ferrara
Avec : Harvey Keitel (Apocalyspe Now, Taxi Driver, Bugsy), Frankie Thorn, Victor argo (Ghost dog, Angel eyes, The yards)
Genre :Policier
Histoire :Un flic pouri et drogué accumule les dettes. Lorsqu'une nonne est violée par deux hommes dans une église, celle-ci place une récompense sur la tête des deux criminels. Le Lieutenant voulant payer les dettes qui mettent en danger sa propre vie, décide de rechercher les criminels, tel un chasseur de primes. Sa descente au enfer va verra plus de fin...
Mon avis :8,5/10. Pour la première fois Abel Ferrara ne travaille pas avec son scénariste attitré St John qui le suivait depuis ces débuts sinueux dans les travées du porno. On le retrouve donc à l'écriture pour la première fois, épaulé dans cet exercice par Zoë Lund, actrice vedette de son premier succès Ms. 45 en 1982. Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il s'agit d'une première vraiment réussie et aboutie, chassant les trous scénaristiques et les incrédibilités de son précédent film référence : The king of New-York. Si c'est sa première collaboration avec un autre scénariste que St John, on ne peut réellement dire qu'il lui fasse infidélité tant il reste sur la même ligne directrice que ces précédents scripts, traitant une fois encore de la déchéance de l'homme, faisant une fois de plus de la descente aux enfers son fond de commerce. Sa passion pour New-York est toujours aussi intact, il la peint intelligement jouant sur l'ambivalence de la Big Apple, d'aspect séduisante et attirante, alors qu'elle se révèle totalement pourrie de l'intérieur. Il insiste toujours plus sur ce second aspect qui tente à rejoindre la nature torturée de son âme qui, à l'image de ses personnages, est cocaïnée à mort, mal en point et rongé par ses démons. Enfin il rejoint St. John dans l'importance extrême qu'il porte à la spiritualité, le film étant bourré de paraboles et de symboles religieux, l'histoire de policiers ripoux, de gangs et de de mafia passant alors comme simple prétexte pour exposer ses tourments religieux.
Ainsi le Bad Lieutenant joué par Harvey Keitel, d'une incroyable constance qui confirme son statut d'acteur hors-norme une bonne fois pour toutes à l'époque, se présente tout simplement comme une sorte de Jésus-Christ des temps modernes que l'on suit tout au long du film à travers un interminable chemin de croix ponctué de douleurs morales et physiques insoutenables. Niveau psychologique, ce Bad Lieutenant, c'est un peu le mélange entre Dirty Harry, pour l'aspect justicier solitaire qui agit plus comme un chasseur de prime que comme un lieutenant de police, et Travis Bickle (Taxi Driver), pour son côté nihiliste prononcé qui le pousse à faire justice lui-même. A cela près que, Harry Callahan, avait une véritable morale policière et qu'il oeuvrait pour une justice juste qui s'était perdu, et que Travis Bickle n'avait pas les faveurs de son réalisateur, alors que c'est le cas ici où le personnage, même si il n'est pas glorifié, n'est jamais jugé par son auteur qui semble le comprendre voir lui ressembler. Même si il efface l'aspect moraliste et peint une vision encore plus noir de la rédemption, on ne peut s'empêcher de penser au cinéma de Scorsese en voyant Bad Lieutenant et notamment à Mean Streets et Taxi Driver, dont Ferrara s'est ouvertement inspiré, ne manquant pas de lui rendre hommage à travers l'emploi d'Harvey Keitel qui prenait, dans Men Streets, les traits d'un prêtre profondément torturé par sa croyance et la fameuse culpabilité chrétienneet quelques clins d'oeil musicaux (l'utilisation de Pleding my love en ouverture, chanson qui apparraissait déjà dans Mean Streets).
Ici on retrouve un peu le même schéma scénaristique, mais poussé à l'extrême dans le style propre à Ferrara qui a su parfaitement digérer ses diverses influences. Ainsi le Bad Lieutenant nous est présenté comme un flic ripou jusqu'au boutiste, qui abuse de son pouvoir sans vergogne (scène culte et très troublante de la masturbation lors de l'interpellation de deux adolescentes qui n'avaient pas leur permis), qui dépouille les victimes sur les lieux de crimes, qui est au fil du temps est devenu un junkie irrécupérable (difficile scène du fix montré sans détour), corrompu par tous les caïds dans son propre interêt, ne voyant finalement dans la fonction de policier que la meilleure façon d'aboutir à tous ses vices sans représailles. Et pourtant cet être profondément malsain, qui a sombré dans tous les vices possibles et imaginables, s'avère finalement touchant car profondément humain, on finit par comprendre, tant bien que mal, la torture de sa vie bouffé par les démons qui l'habite, qui se lance dans une quête redemptrice vouée à l'échec mais certainement l'une des plus puissantes qu'on est pu voir. Il croit trouver la voie de la rédemption en vengeant une bonne soeur violée et torturée, et quand elle lui annonce qu'elle leur pardonne, lui le démon explose, ne comprend pas et on assiste à une hallucination énorme du personnage qui voit apparaitre Jésus dans l'allée de l'Eglise l'insultant, lui faisant part de sa haine envers lui dans un premier temps avant de lui demander son pardon dans un second, ce monologue étant vraiment le symbole de la contradiction d'un être qui voudrait faire le bien mais qui n'a réussit qu'à faire le mal. Le final est tout aussi symbolique, puisque le lieutenant se sachant condamné par d'irrécupérables dettes de jeux (les paris sur la finale de baseball en fil rouge étant là pour montrer l'aliénation du personnage par la ville), tente de comprendre le pardon de la bonne soeur en libérant et en offrant une seconde chance aux deux violeurs. Pour conclure sur ce chef d'oeuvre controversé, on peut tout de même insister sur l'exceptionelle mise en scène de Ferrara, qui est de toute beauté, à travers quelques plans vraiment ingénieux, une photo grandiose et une caméra à l'épaule toujours très efficace.

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# Posté le mercredi 30 mai 2007 12:06

Modifié le mardi 05 juin 2007 08:00

The king of New-York

The king of New-York
Film américain. 1990. 1h40.
Sortie :18 Juillet 1990
Réalisateur :Abel Ferrara
Avec : Christopher Walken (Voyage au bout de l'enfer, Comme un chien enragé, Batman, le défi), David Caruso (Les experts, NYPD Blue, Mad dog and glory), Laurence Fishburne (Bobby, Boyz N The Hood, Othello)
Genre :Policier
Histoire :L'histoire d'un gangster au grand coeur mais aux méthodes définitives, surnommé par le presse The King of New York et qui rêve de fonder un hôpital, confronté a des policiers opiniâtres qui ont juré de l'abattre...
Mon avis :7,5/10. Après plus de dix ans dans l'industrie du cinéma traditionelle, avec à la prime quelques films fauchés mais non sans interêt (The driller killer, Ms. 45, China Girl), Abel Ferrara atteint enfin la reconnaissance tant public que critique avec le film de gangsters culte du début des années 90, sortie à la même période que Goodfellas, un autre hit du genre. Comparé à l'époque beaucoup avec Martin Scorsese, pour son portrait sans concession de la société new-yorkaise et notamment du milieu du crime, Ferrara est s'avère encore plus rude dans son traitement, jusqu'au boutiste jusqu'à la moelle, avec les défauts que cela comporte. En effet si il s'avère parfaitement torturé sur le thème primordiale de la rédemption impossible qu'il aborde et exploite à merveille ici, il perd énormément en réalisme. L'absence totale de moral dans cette oeuvre est le signe de l'univers complètement barré et nihiliste de l'artiste, mais si il ne juge aucun de ces personnages, bannissement tout manichéisme, la notion de méchant et de gentil perd tout son sens avec lui, il justifie la controverse causé par la sortie de ce film en se montrant beaucoup plus complaisant, que ces collègues (De Palma, Coppola et Scorsese), en ce qui concerne les gangsters qu'il a tendance à glorifier quand les autres ne font que les humaniser. Cette faiblesse là vient s'ajouter à quelques trous scénaristiques et manque de profondeur du script, qui sont les signes de l'imperfection du cinéma ferrarien, qui plait autant qu'il agace par son manque de prétentions et d'ambitions, allant au bon vouloir du cinéaste.
Imparfaite soit-elle, l'oeuvre que nous avons sous les yeux regorge tout de même de qualités et s'impose comme l'une des pièces maitresses du réalisateur. D'abord on est ébaillit par la mise en scène, qui pour le coup se rapproche de la perfection, le New-York nocturne est filmé avec beaucoup de maitrise, avec en prime une photo glacée sublime. Ainsi il nous offre des sommets du 7ème art dans des styles bien différents que ce soit avec la poursuite de voiture mémorable par son intensité et sa longueur, à travers l'érotisme électrique qui ressort de la scène de sexe dans le métro interrompu par trois pick-pockets ou bien encore dans l'émotion intense qui rejaillit de la dernière scène, lente et contemplative qui voit le roi mourir sur son trône avant que les flics ne puissent l'arrêter, leur gachant ce dernier plaisir. On l'a dit le scénario contient bien des faiblesses, et d'éléments immoraux parfaitement critiquables, mais pour autant il ne manque pas de profondeur concernant le personnage principal, interprété par l'impeccable Christopher Walken. Frank White, car c'est ainsi qu'il se nomme, permet à Ferrara d'étudier tous les thèmes qui lui sont chers et qui rejaillissent du film de manière très forte, à l'image de ce rapport si particulier à la religion, intense mais paradoxal, qui apparait dans le film à travers la rédemption impossible d'un gangster, qui souhaite réinvestir l'argent du crime et de la drogue dans le développement de son quartier. Cet annulation des statuts primaires du bon et du méchant prend encore plus forme quand les policiers passent de l'autre côté quand ils s'apercoivent que la justice est corrompu jusqu'à la moelle.
Si dans tout autres films du genre, on insistera avant tout sur les différents aspects du gangsterisme, ici c'est la personnalitée de White qui est mis en avant. Sa rédemption est bien entendu utopique, il est amené à chuter, on assiste alors à sa déchéance la plus complète, dans le chaos nocturne de New-York la grande. Ce New-York là vit à travers des personnages tels que Frank White. L'amour/répulsion ressentit par Ferrara concernant apparait clairement, puisque d'un côté il nous offre des plans sublimes de la ville dans une esthétique aussi envoutante que splendide, mais d'un autre côté cette ville annihilent les esprits, les pervertient complètement, les perds dans sa masse et elle apparait comme le vivier de tous les vices à commencer par la violence, la drogue et le sexe débridé. Tous ses aspects sont filmés sans censures de la part de Ferrara, usant pour les scènes hots de son savoir faire acquis à sa première école, celle du porno. C'est cru, c'est crade, c'est vile et pourtant ça a quelque chose d'irrésitiblement attirant, à l'image de White qui grâce à son aura naturelle, son élégance de dandy, attirent tous les regards, toutes les filles et convainct quiconque de se mettre à son service. Toujours est-il que malgré de regrettable défauts (manque de profondeur et d'âme sur certains points), l'incroyable plastique du film, la passionante partie d'échec entre policiers et gangsters, la bande son rap agrébale et l'incroyable casting (Laurence Fishburne, Wesley Snipes, Giancarlo Esposito, Steve Buscemi, David Caruso, Victor Argo) font de King of New-York un polar culte bien que quelque peu frustrant.

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# Posté le mercredi 30 mai 2007 12:10

Modifié le samedi 02 juin 2007 12:05

Nos funérailles

Nos funérailles
Film américain. 1996. 1h39.
Sortie :27 Novembre 1996
Réalisateur :Abel Ferrara
Avec : Christopher Walken (Sleepy Hollow, Annie Hall, Suicide Kings), Isabella Rosselini (Sailor et Lula, Blue Velvet, Scandaleuseument célèbre), Vincent Gallo (Brown Bunny, Arizona dream, La maison aux esprits)
Genre :Drame, Policier
Histoire :La famille Tempio est réunie autour du cercueil de Johnny, vingt-deux ans, abattu dans la rue. Il y a Ray, l'aîné des frères Tempio, qui fait exploser sa rage ; Chez, incapable de se couler dans le rôle de mafioso qu'on attend de lui. Peu à peu, les souvenirs remontent jusqu'au moment où Ray prend la décision de s'attaquer à Spoglia, le boss de la famille rivale, qui a causé la mort de Johnny, mettant en mouvement toute la séquence d'évènements qui verront la fin de la famille Tempio.
Mon avis :8/10. Peut-être est-ce dû au fait que ce soit un film d'époque (les années 50 en l'occurence), mais le fait est indéniable, Nos funérailles est le Ferrara le plus traditionelle et le plus posé, qui se trouve à part dans sa filmographie. Et pour le coup çq lui réussit plutôt bien, pour une fois on ne remarque pas de failles dans le scénario grâce à une structure narrative stable et une recherche poussée sur l'histoire, qui s'intéresse ici à plusieurs personnages à part égale alors que dans ces précédents ouvrages on avait l'habitude de voir un personnage central qui avait les faveurs de l'intriguie relayant les autres à des seconds rôles pas toujours bien travaillé. Si au niveau de la compréenssion c'est le moins barré, le plus accessible et le plus compréenssible, scénaristiquement c'est celui qui offre le plus de branches d'interêts, n'étant plus axé sur une seule personne mais s'intéressant vraiment à plusieurs histoires. On peut alors se demander se qui a poussé l'irrévérencieux cinéaste à ralentir le tempo le temps de ce métrage. En tout cas, ce n'est pas le scénariste qui reste le même depuis des années (hormis sur Bad Lieutenant) puisqu'il s'agit de Nicholas St. John qui signe là son dernier film avec Ferrara, ce qui tourne donc une page dans le cinéma "trash" du cinéaste underground américain. Il signe d'ailleurs un départ en beauté, nous offrant une scénario parfaitement ficellé, avec des répliques cisellés avec une narration alternant parfaitement les funérailles avec des flash-backs informatifs. The funeral s'annonce donc comme la fin d'une époque, la transition vers un cinéma plus féminisé qu'annonçait déjà The addiction, et qu'on retrouve ici grâce à la pléiade de femmes fortes qui remplissent le film (Isabella Rossellini, Annabella Sciora, Gretchen Mol), qui sont loin d'être les simples objets sexuels à quoi elles étaient réduites dans les premiers temps de l'oeuvre ferrarienne.
On l'a dit donc, The funeral marque une petite pause bénéfique dans le cinéma de Ferrara, ici point de drogues, peu de sexe, et une mise en scène très posé, très classe. L'ambiance qu'il arrive à créer avec sa caméra est exceptionelle, filmant la majorité de son film de nuit à un rythme lent, utilisant avec une grande élégance sa photo sombre et sobre, ce qui a pour conséquence de créer une magnifique athmosphère crépusculaire totalement envoutante. Il n'a pas pour autant oublié la violence qui eimpreigne tout ces films, mais là plus que jamais elle s'avère plus psychologique que physique, et quand elle explose elle promet le chaos totale. On retrouve également une forte réflexion religieuse à travers ce film qui parle de vengeance et de deuil. A défaut d'avoir enfin trouver une morale, le duo St John/Ferrara, nous offre leur réfléxion la plus profonde à ce jour. Si il avait tendance à glorifier son gangster dans the king of New-York, ici il démystifie tout cela en peignant un portrait acerbe de la mafia, leur effacant tout romantisme, ceci malgré leur classe apparente. Ainsi on retrouve Christopher Walken, plus glacial que jamais en chef de famille fantômatique qui sans le vouloir va se couler de même que toute sa famille, sa femme l'ayant bien compris a d'ailleurs essayé de quitter le navire trop tard. Vincent Gallo lui prend la place du jeune innocent sacrifiée, qui même si il a toujours voulut rester à l'écart des histoires de la famille va se finalement périr pour des broutilles, ce qui permet au scénariste très axé sur l'aspect religieux d'intégrer la notion de destinée. Mais le plus stupéfiant se révèle bien être Chris Penn, dans son meilleur rôle sans aucun doute, qui éclabousse de sa présence le film, qui se rend bien compte lui de l'impasse dans laquelle est sa famille mais qui va tenter de l'aider de bien drôle de façon. Portant sa douleur d'un bout à l'autre, il ne s'exprime que de manière impulsive dû à un certain dérangement mental et malgré la tentative de sa femme de le canaliser, il nous offre toutes les explosions de violences du film, que ce soit lors du viol de la jeune adolescente prostituée, lors de l'altercation avec son frère où il prend à partie sa femme dans un hors-champ terriblement angoissant ou bien évidemment dans le carnage final qui se conclut par son propre suicide.

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# Posté le mercredi 30 mai 2007 12:13

Modifié le dimanche 03 juin 2007 09:45

New Rose Hotel

New Rose Hotel
Film américain. 1998. 1h30.
Sortie :28 Avril 1999
Réalisateur :Abel Ferrara
Avec : Asia Argento (Une vieille maitresse, Scarlet Diva, Boarding Gate), Christopher Walken (Dernières heures à Denver, True Romance, Le grand Pardon II), Willem Dafoe (Go Go Tales, Sailor & Lula, La dernière tentation du Christ)
Genre :Thriller, Romance, Drame
Histoire :Deux amis, espions industriels, veulent mettre fin à leur carriere en organisant un coup d'éclat. Pour ce faire, ils engagent Sandi, une fort jolie jeune femme qui chante dans un bar de nuit. Sa mission : séduire un savant, généticien japonais et le persuader de passer chez leur client. Sandi va s'avérer être leur pièce maîtresse et leur perte à tous les deux.
Mon avis :7/10. Après le bide aussi bien critique que public de the Blackout, Abel Ferrara revient en forme avec son nouvel opus New Rose Hotel, toujours aussi imparfait à l'image du personnage si atypique qu'il est dans l'usine hollywoodienne. On ne se retrouve pas si loin de l'univers de son précédent opus, il garde l'idée de l'obsession comme thème principal et garde comme ligne directrice la dimension féminine. Seuleument là, l'ensemble est plus cohérent et beaucoup moins pompeux. Il n'y a pas de surchages de références, le cinéaste a su épurer un peu l'essence même de ces films pour atteindre une sobriété plutôt étonnante et littérallement envoutante. L'avancement est lent, mais pas ennuyeux, des mystères entourent l'histoire, on ne connait pas tout des personnages, mais cette fois-ci ils n'entravent pas au bon fonctionnement de la machine au contraire ils aiguisent l'attention du spectateur. Ainsi dans un premier on ne comprend pas tout, il introduit ces personnages, sans véritablement les présenter, sans vraiment les prévenir de notre arrivée, on ne comprend pas forcément qui ils sont, quelles sont leurs intentions, mais ils intriguent tous plus ou moins. Il va s'avèrer vite que nous sommes dans une histoire d'espionnage industrielle, dont les tenants et les aboutissants nous échappent quelque peu, mais où on connait vaguement l'objectif de l'opération : deux hommes sont engagés pour rameuter un savant japonais au groupe rival et pour cela ils utilisent les services du femme fatale.
Seuleument Ferrara dans un film d'espionnage ça colle pas. C'est pour ça, qu'on ne verra pas la moindre image de cette opération, on assiste au recrutement, aux réglements postérieurs et ultérieurs mais on n'en verra pas plus. Ainsi l'essai de Ferrara dans le cyberpunk est de courte durée. Il propose une vision pessimiste des avancées technologiques et nous peint un monde pourri par la corruption et par les nouveaux enjeux politico-économiques aberrants, qui va devenir la toile de fond de l'histoire principale. En effet cette intrigue là ne sert qu'à instaurer une histoire d'amour tortueuse entre un Willem Dafoe, sensible et généreux dans l'effort, et l'excellente Asia Argento, à qui le monde sulfureux de Ferrara convient à merveille. Aussi bankable et complexe que son actrice avec qui il partage de nombreux points communs, Ferrara sait utiliser à la perfection les paradoxes de sa personnalitée, à l'image de ce physique à la fois sensuelle, terriblement attirant et d'un autre côté vulgaire et repoussant. Psychologiquement elle est troublante, elle a l'art de la manipulation en elle, elle s'est se faire désirer à ses propres fins, et pourtant on ressent une véritable sincérité qui rejaillit de ses agissements grâce à un charme monstre qui ne peut pas être que superficiel. Sans contestes le film s'appuie sur la grandiose interprétation de l'actrice, qui pour le coup joue à fond la carte de la dualité et qui exploiter à son maximum par un excellent directeur d'acteurs. Mais il ne faut pas oublier Willem Dafoe, dans son rôle de couilloneur couillonné, qui se révèle très touchant, lui à qui on refile que des rôles de méchants. Il est la seconde pièce du puzzle amoureux qui se joue là, ce qui permet au cinéaste de porter un regard très cynique et pessimiste sur l'amour, puisque malgré la volonté des deux membres de le conserver intact, le vice du dollar est plus fort, une enième parabole religieuse proposée par le réalisateur dans sa carrière. Ce personnage joué par Dafoe est donc la victime de la manipulation féminine et tombe dans l'obsession amoureuse qui la pièce maitresse du dernier tiers du film, où le personnage attéré dans un coin, ressasse sans cesse les souvenirs de son amour, tente de trouver les moments où ils s'est fait trompé, sans pour autant en vouloir à Sandi qui au contraire se retrouve complètement idéalisé par l'obsession. Cette dernière partie quelque peu dérangeante et clairement lente, n'est pas toujours du meilleur effet, on ressasse avec d'innombrables flashs backs se qui s'est passé auparavant dans le film. Même si on recycle les images toujours très léchés du cinéaste ça finit tou de même par agacer, mais c'est ça aussi le style de Ferrara, ce que les autres auraient plier en cinq minutes lui l'expose en une demi-heure où il n'y a plus d'enjeux mais où on assiste à la déchéance du personnage.

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Bandes annonces

# Posté le mercredi 30 mai 2007 12:17

Modifié le samedi 02 juin 2007 11:01

The Blackout

The Blackout
Film français. 1997. 1h38.
Sortie :11 Juin 1997
Réalisateur :Abel Ferrara
Avec : Matthew Moldine (L'enfer du dimanche, Mary, Short Cuts), Dennis Hopper (Easy Rider, Apocalypse Now, Blue Velvet), Claudia Schiffer (Love actually, Prêt à porter, Black and white)
Genre :Drame
Histoire :La descente aux enfer de Matty, l'un des acteurs les plus celebres du monde. Venu a Miami pour demander la main d'Annie, avec laquelle il partage sa vie depuis cinq ans, il est completement imbibe d'alcool et de drogue. Il va vivre une nuit d'horreur qui va provoquer un blackout, une amnesie partielle. Dix-huit mois plus tard, alors qu'il participe a une therapie de groupe des Alcooliques anonymes, a New York, et qu'il vit a present avec une jeune et belle actrice, il decide de retourner a Miami pour retrouver la piste d'Annie, et tenter de recouvrer la memoire.
Mon avis :3,5/10. Une année seuleument après The addiction, The Blackout confirme la nouvelle donne du cinéma ferrarien, l'intégration d'une dimension féminine, qu'il exploitera dès lors dans pratiquement chacun de ces métrages. Ces femmes qui avaient jusqu'alors que des rôles de fantasmes vivants, de pure luxure, prennent désormais du galon et ont droit à un traitement égal voire même supérieur à celui des rôles masculins. Mais comme avoir le bon rôle dans le cinéma de Ferrara ne signifie pas la même chose que chez la plupart des cinéastes, ici les femmes sont la (ou l'une des) cause de la déchéance de l'homme, elles le pervertisse, elles l'obsède et elles le manipule. Pour le reste le film est typiquement ferrarien, on y retrouve tous les ingrédients de son cinéma nihiliste. Mais ce qui sur le papier se présentait une occasion de renouvelement intéressante pour l'auteur, intégrant à son habituelle descente aux enfers, un apport féminin particulier, se traduit sur la peliculle par un sombre échec ennuyeux et désagréable. Il ne peut empêcher à son public l'overdose inéluctable qu'on pouvait craindre depuis son début de carrière. Son cinéma imparfait toujours sur le qui-vive ne demandait qu'à pencher du mauvais côté depuis trop longtemps, ce qui est chose faites avec Blackout. Son cinéma cocaïné et alcoolisé était intéressant pendant un temps, mais là le délire part dans tous les sens, quitte à perdre le spectateur en cours de route, trop d'ambitions qui auraient mérités un minimum de structure. Pour le coup Ferrara se rapprocherait d'un David Lynch, établissant une sorte de Mulholand Drive avant l'heure, ou en tout cas l'ébauche, un brouillion baclé. Mais une chose est sure Ferrara n'est pas Lynch, il semble trop compter sur son esthétique, qui est par ailleurs pas si idyllique que cela avec quelques passages négligés malgré une photo superbe. Mais celle-ci ne parvient pas à elle seule à créer une ambiance envoutante, mystérieuse ou dérangeante, et malgré l'univers halluciné qui nous est présenté, on ne peut s'empêcher de rester les pieds sur Terre.
Pourtant ce cinéma imparfait recelle toujours sa part de génie, ici bien amoindrie par rapport aux autres oeuvres du cinéaste, mais belle et bien existante. Il suit la ligne directrice qu'il avait mise en place dans The addiction, c'est à dire l'absence d'évolution et le retour à une éternelle obsession. Ici en l'occurence, Matty (Matthew Moldine correct mais pas taillé pour le rôle) se retrouve obsédé pour toujours par Annie (sensuelle mais à côté de ses pompes), son ancienne compagne qu'il l'a quitté quand elle s'est rendu compte de son vraie visage. Dès lors cet acteur hollywoodien complètement cocaïné et amnésique, ne va avoir plus que cette obsession en tête, recherchant son ex-compagne de partout, jusqu'à la retrouver en tant que serveuse dans un autre corps et dans un autre rôle mais avec toujours le même prénom. Cela permet au cinéaste de nous présenter une dualité féminine toute lynchienne, mais qui manque pour le coup clairement de profondeur pour marquer les esprits. Enfin notre personnage va bien espérer trouver le calme, désintoxicé de la drogue et de l'alcool dans les bras de la glaciale Susan (une Claudia Schiffer transparente pour sa première au cinéma), avant que son inévitable obsession refasse son apparition pour l'achever définitivement, revivant sans cesse les moments heureux et malheureux qu'il a connu avec Annie, ce qui pour le spectateur constitue une certaine redondance de l'action. Si il n'offre pas entière satisfaction sur cette histoire torturée il offre tout de même des éléments positifs. C'est également le cas, quand il nous emmêle dans sa mise en abyme, nous promenant sur le plateau de tournage du remake de Nana, avec Dennis Hopper, convaincant dans le rôle du réalisateur, un Ferrara déguisé, il semblerait bien. Nous balladant sur le meurtre d'Annie 2, fiction ou réalité (les images qu'ils nous montrent sont trop flous pour savoir), il éveille un temps l'imagination du spectateur tout en créant une tahmosphère lourde, même si cela retombe vite. A travers cette mise en abyme il tient à nous montrer une certaine crise d'inspiration du cinéma (avec la mode des remakes), mais on peut se demander parfois si ce n'est pas lui qui manquerait d'inspiration, tapant dans les références cinéphiles à plein pot jusqu'à l'intoxication, rendant une ensemble ô combien inaboutie à bien des reprises proche de la mascarade malgré quelques sursauts d'orgeuils.

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# Posté le mercredi 30 mai 2007 12:20

Modifié le samedi 02 juin 2007 09:53