Un monde parfait

Un monde parfait
Film américain. 1993. 2h17.
Sortie :15 Décembre 1993
Réalisateur :Clint Eastwood
Avec : Kevin Costner (Danse avec les loups, Bodyguard, Open Range), Clint Eastwood (Mémoires de nos pères), Laura Dern (INLAND EMPIRE, Sailor et Lula, Blue Velvet)
Genre :Policier
Histoire :Texas, 1963. La cavale d'un dangereux voleur récidiviste et de son otage, un jeune témoin de Jehovah qui, le temps de cette folle equipée, va devenir son ami.
Mon avis :8,5/10. Depuis le drame sentimental, Breezy sortie en 73, Clint Eastwood n'a eu de cesse de nous offrir régulièrement de purs moments d'émotions, faisant souvent suite dans sa filmographie à de purs moments d'actions, ces films policiers servant souvent à financer ces projets plus intimes. Un monde parfait est de ceci, et à dire vrai c'est l'un de ces films les plus boulversants, participant par la même occasion à la recrue d'essence des excellents roads-movies qu'on a connu au début des années 90. Dix ans tout juste après avoir fait ses galons d'essais dans le genre avec Honkytonk Man, où il se balladait avec son fils Kyle sur les routes de l'Okhlaoma à la recherche d'une dernière occasion de se produire sur scène avant de s'en aller, il revient au road-movie donc, gardant comme personnages centrals un homme et un petit garçon, laissant sa place à Kevin Costner, et admirant une fois encore les grands espaces du Midwest américain dont la paisibilité lui convient si bien. Techniquement c'est très propre, les plans aériens sont de toutes beauté, le metteur en scène profitant de la nature, le plan d'ouverture et de fermeture est d'une incroyable poésie et les à côtés sont parfaitement maitrisés (musique envoutante, reconstitution des décors des années 60). L'histoire quant à elle revient à l'essence même du genre, la cavale, tout en y incorporant une bonne d'émotions, de mélodrame, basant son histoire finalement plus sur la quête de soi et sur la recherche de son identitée personelle plutôt que sur l'aspect traque policière qui passe finalement au second plan. Eastwood entreprend ainsi l'une de ces analyses préférées autour des faiblesses de l'être humain, sans jugements à aucuns moments, avec un grand respect et une grande sobriété qui lui est caractéristique.
L'anti-héros interprété avec une grande justesse par Kevin Costner est typique du cinéma eastwoodien, il est anti-manichéen par nature, il a ses bons comme ses mauvais côtés, se montant tendre à certains moments et d'une incroyable violence à d'autres, agissant toujours selon ce qui lui parait juste. Puis comme souvent, il finira par chercher une certaine rédemption, ici en donnant à un enfant, qui comme lui, a manqué clairement d'amour paternel, ce qu'il n'a pas reçu de son père. Costner y campe l'un de ces plus beaux rôles, il est sincère et touchant d'autant plus qu'il est épaulé à merveille par ce jeune acteur qu'est T.J.Lowther, qui campe le rôle du jeune Phillip, pris en otage par des fugitifs et qui va finalement s'épanouir auprès de son ravisseur, apprenant une grande leçon de vie que ce soit avec la manière douce (sur tous les petits plaisirs de la vie interdits par sa religion et qu'il va découvrir) ou plutôt de manière plutôt dure (sur la cruauté du monde ou encore sur la sexualité quand il surprend son ravisseur en charmante compagnie). Toujours est-il que le travail effectué sur ces deux personnages est assez remarquable, l'évolution de leurs relations est parfaitement construite parallèlement à l'évolution de leur cavale, le dernier élément ayant souvent une incidence sur le premier. Tout ceci jusqu'à un final magnifique, riche en émotion, où la cruauté de la situation est nuancé par la beauté des décors, la douceur de la musique et l'attitude optimiste du jeune enfant, forcément marqué par ces deux jours de cavale.

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# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:10
Modifié le dimanche 20 mai 2007 09:27

Pink Cadillac

Pink Cadillac
Film américain. 1989. 2h02.
Réalisateur :Buddy van Hom
Avec : Clint Eastwood (Lettres d'Iwo Jima, Mystic River), Bernadette Peters, Timothy Carhart
Genre :Comédie
Histoire :Tommy Nowak est chargé de retrouver des détenus en liberté provisoire partis en cavale, mais il se retrouve aux prises avec un groupe d'extrémistes.
Mon avis :5,5/10. Avec Pink Cadillac, Clint Eastwood effectue un retour au source retrouvant l'un de ces rôles préférés, celui là même qui l'avait sortie des rôles de cowboys solitaires, auxquels il était attitré au début de sa carrière, en endossant alors pour la première fois le costume de l'Inspecteur Harry offert par Don Siegel en 1972. Il prend les traits ici de Tommy Nowak, un autre détective qui travaille lui dans le privée et qui se retrouve embarqué dans la cavale de Lou Ann McGuinn qu'il était à l'origine censé retrouver. Ainsi le film s'inscrit dans la remouvance des roads-movies de la fin des années 80 et du début des années 90 impulsée par le succès de Paris, Texas de Wim Winders. Mais voilà, ce Pink Cadillac parait bien insignifiant par rapport aux autres film du genre sortis à l'époque, et s'il est passé inaperçu à sa sortie on ne peut pas dire que ce soit réellement injustifié. Buddy Van Horn, déjà responsable d'un des plus mauvais films de Clint Eastwood avec "Ca va cogner" en 1980 est proche de récidiver avec ce film, une nouvelle fois dans le registre de la comédie d'action où Clint patauge un peu puisque même si il montre certaines capacités par moments par l'utilisation malicieuse de son charisme, il semble la plupart du temps pas tout à fait à l'aise voire même absent, n'obtenant pas les rires escomptés.
Ce road-movie évite donc clairement de se prendre au sérieux, du coup on n'en voudra pas trop aux scénaristes de nous avoir décrit un groupe extrémiste très caricaturale à la limite du ridicule tant il fourmille de clichés dans sa composition (pour la plupart des anciens détenus), dans son idéologie (entre le KKK et les néo-nazis) et leur camp d'entrainement (un village fantôme dans une forêt). Mais le grand problème vient du fait qu'on arrive pas à trouver des motifs de satisfactions d'un point de vue comique surtout quand on voit que la grande majorité de l'humour est basé sur le personnage du détective privée, vraiment mal exploité et interprété par un Eastwood en petite forme. Après au niveau de l'histoire policière c'est mieux réussit même si ça reste pour le moins classique. L'introduction du personnage est plaisante, l'exposition de l'histoire est convaincante, la traque est rapide mais efficace et la relation qui va naitre entre le détective et la fugitive est intéresssante même si on peut laisser de côté l'inévitable romance pour l'ami Clint qui décidement n'en loupe pas une. Après on peut laisser de côté certains aspects comme l'histoire du gang extrêmiste d'ex-taulards ou bien encore l'histoire du bébé kidnapé de laquelle ne ressort aucunes émotions (pire encore, ils en profitent pour s'envoyer en l'air alors que le bébé est entre les mains d'extrêmistes. La bonne surprise du film il faut finalement venir la chercher dans la prestation convaincante de la pétillante Bernadette Peters, qui donne du fil à retordre à Eastwood et qui est bien souvent à l'origine des meilleures scènes du film d'autant plus que son personnage bénéficie d'une écriture relativement poussée, sans compter qu'elle a vraiment fier allure au volant de sa Cadillac rose.

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# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:10
Modifié le dimanche 13 mai 2007 09:08

Minuit dans le jardin du bien et du mal

Minuit dans le jardin du bien et du mal
Film américain. 1997. 2h35.
Sortie :11 Mars 1998
Réalisateur :Clint Eastwood
Avec : John Cusack (Dans la peau de John Malkovitch, Identity, Les arnaqueurs), Kevin Spacey (Usual Suspects, Seven, L.A. Confidential), Jack Thompson (Star Wars 2, Feed, The assasination of Richard Nixon)
Genre :Policier
Histoire :John Kelso est envoye par le magazine "Town and Country" a Savannah pour couvrir la grande fete qu'organise chaque Noel John Williams, antiquaire et collectionneur d'art dans sa residence legendaire, Mercer House, situee au coeur historique de la ville. C'est l'occasion pour le journaliste de rencontrer tout le gratin local et de s'impregner de l'atmosphere raffinee de Savannah. Mais durant la nuit, John Williams est arrete et inculpe du meurtre de son jeune compagnon, Billy Hanson, un gigolo. Flairant un scandale mondain, John Kelso decide de rester.
Mon avis :6,5/10. Midnight in the Garden of Good and Evil s'est avant tout une erreur fort dommageable, mais pas irrémédiable, de casting. Celle du réalisateur. Le style de Clint Eastwood ne colle pas du tout à cette histoire. Le côté burlesque et déjanté de la bourgeoisie de Savannah et le thriller psychologique qui se déroule entre John Kelso et John Williams ne convient pas très bien au style tout en sobriété d'Eastwood, qui si il arrive par moment à nous envouter par son ambiance jazzy et sa mise en scène très comtemplative, ne manquera pas de nous faire sombrer dans l'ennui à plusieurs reprises dans un métrage décidement trop long (2h30 et beaucoup de "cut" oubliés). C'est plutôt dommage car l'histoire de base est vraiment intéressante, elle est tiré d'un roman et elle s'avère parfaitement construite. D'abord grâce à sa description hors norme de la nouvelle bourgeoisie du Sud, qui se ballade entre un style traditionelle très classe, sobre et coincé, et un autre beaucoup plus débridé dans le privée, pour la plupart des personnes, mais aussi publiquement quand il s'agit de vider les bouteilles de champagnes, de se moquer de son mari décédé ou bien de polémiquer sur les moeurs pas très catholiques de sa voisine. Mais si cet aspect est bien retranscrit de la part d'Eastwood on regrette cependant qu'il n'y est pas mis un peu plus de folie.
Ensuite l'affaire policière qui va suivre est très intéressante, même si sur la fin la procédure devient vraiment lassante, à la limite de la rupture. La performance des deux acteurs principaux Kevin Spacey et John Cusack va prendre toute sa dimension dans cette partie là. Le premier joue très bien l'ambiguïté qui habite son personnage qui est à la fois touchant, à tel point de devenir l'ami très rapidement du photographe, et qui est en même temps un assassin victime de ses faiblesses, qui n'assumait plus sa liaison caché avec un gigolo junky qu'il entretenait depuis des années et qu'il a tué sur une enième dispute, ce qui permet à Jude Law qui campe ce jeune gigolo d'usé de son caractère androgyne comme il en a l'habitude. Le second va se retrouver embarqué dans une étrange amitié, jusqu'à que son instinct d'enquêteur reprenne le dessus menant son investigation sur son nouvel ami à travers la ville à la rencontre de personnages hauts en couleurs tel que la black mamma vaudou qui pratique d'étranges rites dans les cimitières du coin, et le transexuel noir, ancien ami de la victime qui se prend pour une diva et qui ne manquera pas d'égayer le film notamment quand il s'invite à une soirée mondaine. Le travail central est donc fait sur les personnages typés et bien approfondis, prenant le pas sur l'enquête policière véritablement, ce qui permet à Eastwood d'analyser une fois de plus le caractère humain et ses faiblesses de manière toujours digne et douce.

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# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:11
Modifié le samedi 19 mai 2007 11:19

Les pleins pouvoirs

Les pleins pouvoirs
Film américain. 1996. 2h01.
Sortie :21 Mai 1997
Réalisateur :Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood (Le bon, la brute et le truand), Scott Glenn (Ecrire pour exister, Le silence des agneaux, Vertical limit), Ed Harris (Nixon, Apollo 13, Rock)
Genre :Policier
Histoire :Luther Whitney est un Arsène Lupin moderne, un voleur élégant qui s'en est toujours pris aux riches. Arrivé au terme de sa longue carrière, il entreprend de dévaliser la résidence de Sullivan, un des hommes les plus riches de Washington, parti en voyage d'affaires avec sa jeune épouse, Christy. Tout se passe pour le mieux. Il s'apprête à repartir lorsqu'il découvre que la cloison de la chambre forte est un miroir sans tain qui donne sur la chambre à coucher. De l'autre côté de ce miroir, Luther assiste à un meurtre impliquant Christy et Richmond, le Président des Etats-Unis.
Mon avis :6,5/10. Les pleins pouvoirs s'avère être un Eastwood mineur aussi bien dans sa carrière d'acteur que de réalisateur, même si il n'en reste pas moins un thriller classique mais efficace. On retrouve des thèmes chers à notre septagénaire préféré, tel que des relations père/fille difficile mais attendrissante et émouvante, un justicier solitaire atypique (un cambrioleur sur ces vieux jours) pour qui la vengeance n'est qu'une réponse légitime, un anti-héros qui même si il transgresse les lois s'avère être un homme comme un autre victime du système qu'il ne lui donna pas la chance de s'intégrer puis de se réintégrer, et enfin des politiques et des policiers corrompus, sans pour autant tomber dans un portrait manichéen de la situation.
Si la mise en scène, s'avère efficace et fluide, on s'attardera plus sur le scénario de William Goldman (adaptation du roman de David Baldacci) qui s'avère parfaitement ficelé, malin et remplit d'humour noir. A l'écran ça donne une introduction parfaite décrivant avec dynamisme un cambriolage qui va tourner au vinaigre, quand notre cambrioleur va assister à un meurtre, s'en suit une enquête molassone, qui manque clairement de rythme et de péripéties, avant que le final parfaitement bien sentie vienne relever la sauce. Outre le scénario, le casting se présente comme un autre point positif du film, puisqu'il regoupre un trio d'acteurs assez impressionant composé d'Eastwood himself, Ed Harris et Gene Hackman, dans les rôles respectifs du cambrioleur justicier, du bon flic, et du président meurtier. On notera également la présence de Laura Linney, Dennis Haybert, Judy Davis et Scott Glenn, tous aussi impeccable les uns que les autres. Au final si ce thriller reste assez académique, il s'avère être tout de même un excercice de style maitrisée de bout en bout, pouvant se reposer de sérieux atouts (interprètes impecables et charismatique ainsi qu'un scénario bien ficelé).

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# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:12

Jugé Coupable

Jugé Coupable
Film américain. 1998. 2h06.
Sortie :21 Avril 1999
Réalisateur :Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood (Le bon, la brute et le truand, Million Dollar Baby), Diane Venora (Bird), Bernard Hill (Gothika, Retour du roi, La plus belle victoire)
Genre :Policier, Thriller
Histoire :Cabochard, amateur de femmes et de boissons fortes, Steve Everett, grand reporter qui avoue son penchant immodere pour les sujets chocs, finit par se faire licencier du "New York Time". Il echoue sur la cote Ouest a "l'Oakland Tribune". La il est charge de reprendre une enquete interrompue apres la mort accidentelle d'une jeune collegue. Cette derniere etait chargee de couvrir l'execution d'un criminel noir, Frank Beechum, condamne pour le meurtre d'une caissiere. Tres vite, Everett a de serieux doutes sur la culpabilite de Beechum, qui doit etre execute a minuit.
Mon avis :6,5/10.Thriller moyen, True Crime s'avère être un Clint Eastwood non seuleument mineur mais aussi plutôt décevant. Décevant dans le sens où l'ami Clint semble hésiter entre les différents genres (policier, thriller, drame et même comédie), finissant une scène sur deux le cul entre deux chaisses, mais également décevant dans le sens où il semble virer dans un certain côté démagogique que l'on ne lui connaissait pas forcément, lui qui nous avait habitué à slalomer habillement avec le manichéisme. Il est encore loin du niveau de deux de ces films les plus touchants et aboutis que sont Million Dollar Baby et Mystic River, qui eux il est vrai, ont choisis clairement la voie du drame, et non pas du film policier léger et académique qu'est True Crime. Pourtant une nouvelle fois il y avait matière à faire un film beaucoup plus prenant et poignant, mais au final il ne reste comme interêt qu'un semi suspense typique du thriller qui se révèle plutôt sans réel saveur une fois le rideau tombé.
Pour ce qui est de la réalisation, c'est très voire trop sobre, très académique également avec peu d'originalités et d'efforts accomplis dans la mise en scène. Du côté de l'histoire c'est un peu le même constat, le tout est un peu simpliste et classique, avec un dénouement tout de même assez démagogique et de fait décevant. Si Eastwood n'est pas au moins derrière sa caméra, c'est la même chose devant la caméra où il a tendance à forcer les traits de son personnage éffronté, que ce soit dans ces attitudes ou actions (boisson, cigarette, maitresse ou encore son attitude comique avec sa fille). Sauf peut-être le petit rôle de Ed Harris, les autres personnages ne sont pas superbement travaillés également, à l'image du condamné à mort pourtant interprété avec justesse par Isaiah Washington mais qui manque clairement d'approfondissements puisqu'on s'intéresse plus au côté judiciaire de son histoire plutôt qu'au côté humain. Alors au final Jugé Coupable même si il reste agréable à regarder, est un film pour le moins bancal où si rien n'est vraiment réussit, rien n'est vraiment raté.

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Bandes annonces
# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:12
Modifié le vendredi 11 mai 2007 13:33