Le bon, la brute et le truand

Le bon, la brute et le truand
Film italien. 1966. 3h.
Sortie :8 Mars 1968
Réalisateur :Sergio Leone
Avec : Clint Eastwood (Million Dollar Baby, Pale Rider), Eli Wallach (Les septs mercenaires, Le cerveau, Le parain 3), Lee Van Cleef (Le train sifflera trois fois, Et pour quelques dollars de plus)
Genre :Western
Histoire :Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache. Chacun a besoin de l'autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Setenza, une brute qui n'hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.
Mon avis :9/10. Il aura donc fallu attendre l'ultime épisode de la trilogie du dollar pour voir un Sergio Leone au sommet de son art, qui remporte un succès aussi bien critique que public énorme qui le place définitivement dans la légende du cinéma. Sa maitrise incroyable se fait ressentir à tous les instants, techniquement il est réglé au millimètre, ne se trompant à aucuns moments dans le choix de ces plans, Ennio Morriconne nous offre un des plus beaux et mythiques thèmes du 7e art, le scénario encore plus ambitieux que les deux précédents opus s'avère malicieusieument bien ficelé, l'enjeu devient plus grand et au niveau du casting on plus droit à un seul anti-héros mythique (comme dans "Pour une poignée de dolalrs"), ni deux (comme dans "Et pour quelques dollars de plus") mais bel et bien trois, qui ont tous droit à un travail sur leur personnage fouillié. Cynique à souhait le ton du film s'avère parfaitement acide, l'humour typique du cinéma de Leone est à son apogée, à la fois féroce et diablement bien amené. Tous les ingrédients du grand western spaghetti sont réunis, avec en prime le plus cultissime des duels et pour cause puisqu'il se déroule à trois dans un cercle au beau milieu d'un cimetière, qui verra le vainqueur remporter bien plus qu'une simple poignée de dollars, et plus encore que le fruit d'un bracage de banque (cf "Et pour quelques dolalrs de plus"), puisque cette fois-ci il s'agira de plusieurs centaines de milliers de dollars. D'un point de vue technique, Leone s'avère parfaitement à la hauteur de son incroyable histoire, toujours aussi inspiré dans sa mise en scène enchainant avec une grande aisance ces plans si typiques (travellings avant-arrières, très gros plans sur les yeux de ces duellistes affreux, sales et méchants, grande profondeur), et ces scènes parfaitement construites avec une installation lente de l'action de l'observation au dégeinage, avec une montée en tension bien aidée par la mythique musique d'Ennio Morriconne.
Côté scénaristique donc, l'ensemble est parfaitement ficelé, et ce qui se présentait au départ comme une grande farce pris un ton beaucoup plus sérieux quand Leone décida d'intégrer au film une portée historique, en démystifiant complètement les pionniers américains qui nous apparaissent bien peu valeureux, souvent tournés au ridicule quand ils n'hésitent pas à changer de camp comme de chemises. Ainsi si ce n'est pas le cadre principal du film, l'intrigue tournant autour du magot du cimetière recherché par trois cow-boys solitaires, Leone se permet d'aborder en détail la guerre de sécession, filmant la destruction d'une ville par l'armée, une mythique bataille, entre d'un côté et de l'autre d'un pont que personne ne veut détruire, et en nous plongeant dans l'univers peu accueillant des camps de prisonniers où le sadisme, pourtant courant chez les personnages de Leone, est là exacerbé. Autant dire que cette arrière plan historique est loin d'être anecdotique, il est la preuve d'une hausse d'ambition de la part du réalisateur, qui réussit parfaitement à intégrer cet aspect à son film, ce qui densifie encore plus l'avancement de la petite histoire entre le bon, la brute et le truand qui se retrouve à plusieurs reprises pris dans la grande Histoire. Les personnages parlons-en, puisque Leone nous donne cette fois-ci à encore plus que d'habitude en approfondissant trois personnages à la fois. On retrouve le mythique homme sans nom, incarné avec toujours autant de grâce par Clin Eastwood, qui rempille avec son panchot et ses cigarillos pour un troisième opus où sa classe ne cesse de nous éblouir, sa présence suffit à créer quelque chose d'exceptionnel, il n'a pas besoin de gesticuler pour amener le spectateur à lui puisque le spectateur est irrédiablement aimenté par son charisme. Toujours aussi taciturne et immoral, il enrôle comme bien souvent le rôle du bon par défaut. Par défaut aussi il se retrouve associé avec un petit nouveau Eli Wallach qui se voit dévolut le rôle de Tuco, qui ressemble étrangement à celui d'El Indio dans le précédent épisode, un méxicain fougeux, déraisonnable, mythomane professionel, qui touche par son excentricité mais aussi par son côté souffre-douleur (souvent au bout de la corde, laissé seul en plein désert,...). Leur collaboration fructueuse est pourtant plus que fragilisé par leur individualisme et leur cupidité extrême. Enfin dans le rôle de la brute on retrouve Lee Van Cleef qui laisse son costume d'ange vengeur, pour rendre honneur au nom auquel il répond, incarnant un chasseur de prime sans foi ni loi, sanguinaire et sadique, un peu effacé par rapport au duo Wallach/Eastwood, mais qui se révèle à chaque intervention toujours aussi efficace.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:01
Modifié le dimanche 27 mai 2007 13:09

Et pour quelques dollars de plus

Et pour quelques dollars de plus
Film italien. 1965. 2h10.
Sortie :Octobre 1966
Réalisateur :Sergio Leone
Avec : Clint Eastwood (Mémoires de nos pères, Les pleins pouvoirs), Gian Maria Volonte (La dame aux camélias, Chronique d'une mort annoncée), Klaus Kinski (Ennemis intimes, Fous à tuer)
Genre :Western
Histoire :Le colonel Douglas Mortimer collabore avec un chasseur de primes surnommé L'"Etranger". Tous les deux souhaitent capturer Indio, un tueur fou, qui sème la terreur autour de lui. Ce dernier et ses hommes sont sur le point de piller la banque d'El Paso.
Mon avis :8,5/10.Peut-être moins culte que Le bon, la brute et le truand et qu'Il était une fois dans l'Ouest, Et pour quelques dollars de plus n'en est pas moins bon et flamboyant et apparait comme une oeuvre majeure dans la filmographie de Sergio Leone faisant parfaitement la charnière entre le premier épisode révolutionnaire et le dernier tout simplement mythique. Dôté d'un budget confortable, Leone peut enfin se permettre toutes les fantaisies et approfondir au maximum sa technique, ce qu'il n'avait pas forcément pu faire sur le premier volet de cette trilogie du dollar et il va montrer à tous ces détracteurs que son premier essai dans le western n'étais en aucun cas un coup de chance. Au contraire ici Leone à l'image de toute son équipe semble avoir pris du grade et de la maturité, dans sa technique tout d'abord irréprochable, il instaure se qu'on apellera le style Leone qui en inspirera plus d'un par la suite. Ce style repose avant tout sur une utilisation temporel très étiré, il prend son temps pour installer la situation, pour la gestation de celle-ci jusqu'à l'éclatement final, ce qui nous de longues scènes d'observations longue, tendue où il insiste sur de petits détails et où il trouve en Ennio Morriconne un parfait appui quand il s'agit de faire monter la tension et la pression grâce à ces thèmes doux, lents mais rythmés et diablement efficace. Sa mise en scène quant à elle est très caractéristique, il est l'un des rares à utiliser en grand nombre aussi bien les plans générales nous permettant d'admirer le paysage que les très gros plans centrés souvent sur les yeux de ses protagonistes mettant en évidence leur crasse où se mélangent sueur et poussière. Ainsi il utilise énormement les travellings avant comme arrière mais aussi accordent une garnde importance aux décors pour ce qui est de ces cadrages et sert souvent d'une grande profondeur de champ.
Scénaristiquement son cinéma est lui aussi très marqué. Il pose un regard très cru sur l'Ouest américain, surement plus proche de la réalité que ces prédécesseurs du western traditionelle. Cela passe bien entendu par l'écriture de personnages très typés mais aussi plus complexes que ce qu'on rencontre d'habitude dans ce genre de production. On a souvent à faire à des personnages profondément antipathiques, sales, vicieux, cupide, immoraux et sans concessions. Mais bien souvent aussi derrière ces personnages d'une noirceur extrême qui semblent seuleument obsédés par l'argent et qui feront tout pour atteindre leurs objectifs, Leone nuance son écriture, montrant un aspect dissimulé de ces personnages, bons comme méchants, qui s'avère sympathique ou tout simplement touchant. Ainsi le fougeux latin Gian Maria Volonte (qui ne manquera pas d'influencer des acteurs comme Joe Pesci ou même José Garcia) qui campe ici "El Indio" malgré son caractère cabochard et sans pitié, qui n'hésite pas à tirer une balle dans le dos de cette adversaire, trouble le spectateur quand il sort une montre qui le rend toujours mélancolique et qui fait remonter en lui une certaine émotion palpable. Si dans le feu de l'action Leone n'a pas le temps d'instaurer ces émotions, il va les chercher dans des flashs-backs explicatifs souvent aussi violent que profondément poétiques comme quand on voit El Indio violé une fille qui se suicide pendant l'acte sexuelle et dont il semble particulièrement attaché. Et ces personnages grâce à ce travail très approfondie sur leur personnalité rendent encore plus intense l'histoire, qui met ici en avant deux chasseurs de primes emblématiques et diablement charismatiques, que sont l'Homme sans Nom, qui permet à Eastwood d'affinner sa prestation par rapport au premier opus, et Mortimer, un ancien colonel reconvertit interprété avec grand brio par Van Cleef qui pour le coup bénéficie d'une scène d'introduction tout simplement mythique. Dans une athmosphère envoutante, lente sans être ennuyeuse, qui prend le temps d'exposer la situation, d'admirer les décors aussi bien naturels que reconstitués du grand Ouest, Leone mène parfaitement son action centré sur une chasse à l'homme pour deux chasseurs de primes qui vont se retrouver associés par défaut. Puis très vite l'enjeu de l'argent va devenir plus grand quand ils vont se rendre compte qu'ils pourraient aussi rafler la mise d'un braquage de banque que leurs proies comptent organisés. La première partie qui se déroule dans une ville typiquement américaine avec la préparation et le braquage de banque est d'un très haut niveau, ce qui redescend légèrement dans la seconde partie à El Paso où les réglements de compte vont avoir lieu, dans des décors plus fades et des duels pas forcément aussi cultes que ceux qui sont à suivre.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.

Bandes annonces
# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:01
Modifié le dimanche 27 mai 2007 12:07

Pour une poignée de dollars

Pour une poignée de dollars
Film italien. 1964. 1h35.
Sortie :1er Mars 1966
Réalisateur :Sergio Leone
Avec : Marianne Koch, Clint Eastwood (L'évadé d'Alcatraz, Les proies, Sur la route de Madison), Gian Maria Volonte (L'attentat, L'affaire Mattei)
Genre :Western
Histoire :Deux clans rivaux tentent de s'adjuger les services d'un cow-boy solitaire.
Mon avis :7,5/10. 1964. Sergio Leone cherche encore son style, il a réalisé quelques péplums mineurs sans réel personnalitée et à participer à quelques autres projets (plusieurs co-réalisations) qui n'ont pas eu plus d'impact auprès du public. Mais voilà qui lui vient en tête une soudaine idée de génie, celle de réaliser un western revu et corrigé, déboutant les standarts du genre très caricaturaux et ultra-manichéen. Dès la première scène on sent la différence, un cow-boy solitaire débarque dans une ville proche de la fontière Mexique/Etats-Unis, un enfant se fait tirer dessus, une femme regarde le spectacle à la fenêtre impuissante, le cow-boy, lui, passe son chemin. Ca y'est un nouveau genre est né, il prendra le nom de western-spaghetti, selon l'expression resté célèbre de différents critiques américaines amères. Le succès commercial aidant, l'expérience sera renouvelé pour notre plus grand plaisir et ce film là incitera d'autres cinéastes d'eux aussi tenter leur chance de faire sortir de leur classicisme originel certains grands genres cinématographiques. Après il est certain qu'on ne peut pas accabler les westerns traditionnels qui comptent beaucoup de très bonnes références, qui ont eux aussi tenté de dépoussiéré le genre comme John Ford et ces formidables évocations du racisme avec la prisonnière du désert (56) ou Le sergent noir (60), ou l'ambigüe L'homme aux colts d'or de Dmytryk (59) ou bien encore avec Le train sifflera trois fois (52) de Zinnemann qui trouva un un parallèle directe avec le macarthysme sévissant aux Etats-Unis. Leone suit donc la brèche ouvert par ces quelques cinéastes pour s'y engouffrer, en y allant pas timidement, en révolutionnant d'une part l'approche technique de ces productions, mais aussi et surtout supprimant le héros, principal principal du western traditionnel, dont le portrait est trop idyllique (beau, honnêt, toujours propre sur soi, loyal, juste...) pour être touchant et crédible. C'est scénaristiquement que Leone change la donne en intégrant un humour grinçant et des anti-héros à la pelle, sales, vivant pour l'argent et totalement immoraux.
Pour une poignée de dollars est donc la pièce maitresse du genre western spaghetti. Mais comme pour tout début, Léone expérimente, essaye et ça ne marche pas à tous les coups d'autant plus que le budget n'est pas forcément au rendez-vous. Ainsi il ressort une certaine impression d'amateurisme de ce film. Leone ne maitrise pas encore parfaitement techniquement tout les atouts de son cinéma comme il nous le démontrera par la suite, n'exploitant pas au maximum son potentiel. Les décors de cette petite ville mexicaine sentent un peu le toc. En revanche là où on atteint déjà du très haut niveau, c'est d'un point de vue musical avec les géniales compositions d'Ennio Morriconne qui font parties intégrantes du film, accompagnant chaque faits et gestes des protagonistes, faisant monter la tension de manière jouissive et enrobant les moments d'apaisement, d'observations et de calmes avec délice. D'un point de vue scénaristique, on ne peut pas dire que cette histoire n'atteigne le schéma de compléxité qu'on retrouvera dans les films suivants du maitre italien, ceci étant du d'abord à des questions de coup qui réduisent le champ d'action qu'à une simple petite ville où un cow-boy solitaire va se servir de la rivalité entre deux camps pour se faire une bonne poignée de dollars avant de s'en aller aussi mystérieuseument qu'il est arrivé. Le grand point positif de cette histoire ce sont ces personnages tous très typés (un croque-mort irréssistible, des méchants plus noir que d'habitudes, des gentils très faibles) et particulièrement mythique à l'image biensur de cet "homme sans nom" qui fait là sa première apparition sous les traits d'un Clint Eastwood qui lance tout bonement sa carrière de manière fulgurante alors qu'on a bien faillit pas le voir ic lassé du western après 7 ans de la série Rawhide et pas très emballé de tourner en Italie avec un réalisateur inconnu. Pourtant il enfile à cette occasion un panchot légendaire qu'il aurait bien du mal à se défaire des épaules à cause toute cette mythologie qu'il va créer autour de ce personnage que ce soit son incroyable impassivitée, son cigare toujours en coin, sa plaque par balles et ses répliques rares mais cinglantes. Ce personnage il le doit au sarcastique personnage imaginé par le japonais Akira Kurosawa, interprété par Toshiro Mifune dans Yojimbo qui a largement inspiré Leone pour son film, tout comme les sept mercenaires s'était inspirés largement des sept samouraïs quelques années auparavant.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:02
Modifié le dimanche 27 mai 2007 11:20

Il était une fois dans l'Ouest / Pale Rider

Il était une fois dans l'Ouest / Pale Rider
IL ETAIT UNE FOIS DANS L'OUEST

Film américain. 1969. 2h45.
Sortie :27 Aout 1969
Réalisateur :Sergio Leone
Avec : Charles Bronson (Les douze salopards, Les sept mertcenaires, Indian Runner), Henry Fonda (La poursuite infernale, La grande bataille), Claudia Cardinale (La panthère rose, Les professionels, Le plus grand cirque du monde)
Genre :Western
Histoire :Alors qu'il prépare une fête pour sa femme, Bet McBain est tué avec ses trois enfants. Jill McBain hérite alors des terres de son mari, terres que convoite Morton, le commanditaire du crime (celles-ci ont de la valeur maintenant que le chemin de fer doit y passer). Mais les soupçons de portent sur un aventurier, Cheyenne...
Mon avis :8,5/10. Trois après avoir achevé avec grâce sa mémorable trilogie du dollar avec Le bon, la brute et le truand, Sergio Leone revient écrire une nouvelle page de l'histoire du cinéma avec Il était une fois dans l'Ouest, considéré par bon nombres de spectateurs comme le meilleur western jamais réalisé, qui, si il ne l'est pas, n'en est en tout cas vraiment pas loin, d'autant plus qu'il a atteint un niveau de culte assez impressionant, et n'aura pas manqué d'inspirer toute une génération de cinéaste déviants. Ce film ouvre donc pour Leone une nouvelle trilogie, celle de l'Amérique, avec un cinéaste légèrement assagit mais toujours prêt à livrer une nouvelle leçon de cinéma. Si le réalisateur italien a pris l'habitude de prendre son temps tout au long de ses métrages, ici c'est une fois de plus le cas, tout en offrant tout de même moins d'action qu'auparavant, de fait celui-ci plus que les autres parait lent et pourra vite paraitre ennuyeux pour les moins courageux. La preuve de ce ralentissement : un générique de près d'un quart d'heure en ouverture du film, tout simplement le plus long de l'histoire. Rajouter à cela que les personnages sont souvent avares en paroles, allant bien souvent à l'essentiel. Puisque si il prend son temps pour installer sa situation Leone n'est pas là pour décrypter l'histoire de chaque personnage à son maximum, il nous présente de manière magistrale leur caractère, mais laisse souvent planer un voile mystérieux sur leurs histoires personelles, ne machant jamais le travail à son spectateur qui doit essayer de deviner les relations qui existent entre les personnages, avant que la caméra ne viennent s'intéresser à eux. On ne peut pas comprendre toute les subtilités qui existent entre les personnages, on se contente de capter la merveilleuse athmosphère envoutante créé par le cinéaste. Puisqu'une fois de plus visuellement le film est d'une rare efficacitée, Leone utilisant sa palette désormais bien connu, nous régalant de ces très gros plan centré sur les yeux de ces sales et méchants cowboys, de ces grands plans d'ensemble nous permettant d'admirer la beauté du désert américain, et de ces travellings reliant ces deux sortes de plans aux antipodes l'un de l'autre. Ceci étant biensur sans parler de l'utilisation parfaite de la profondeur et de la méticulosité de chacun de ces plans pensés et repensés des mois et des mois à l'avance, avec aussi l'intégration de très bon plans grues (la découverte de la ville derrière la gare). Si on est éblouit par les images, on l'est tout autant par la bande sonore concocté par Ennio Morriconne, toujours aussi utile dans les montées en tension, qui avec son harmonica nous offre peut-être le meilleur thème du 7e art, qu'il peut ajouter à sa très belles collections.
Pour ce qui est de l'histoire maintenant, Leone a eu le luxe de travailler son scénario avec deux des futurs grands stars du cinéma italien, que sont Dario Argento, roi de la série B italienne, et Bernardo Bertolucci, cinéaste libertaire. Toujours est-il qu'au final, il garde la même ligne directrice que dans ces précédents films, en ingurgitant une dose historique en arrière plan, avec l'exposition de la conquête de l'Ouest marqué entre autres par la construction primordiale des lignes de chemins de fers. C'est donc dans les territoires les plus reculés du pays que se déroule l'action, dans des lieux où la civilisation à l'américaine n'est pas encore installée. L'humour sarcastique présent en masse dans la trilogie du dollar se fait moins présente, bien que Leone nous donne à voir quelques scènes bien caucasses et une fois n'est pas coutume une pléiade de répliques cinglantes. L'histoire s'appuie une nouvelle fois sur des personnages très travaillés, très typés, nuancés et qui comptent tous une zone d'ombre sur leur passé ou sur leurs intentions. La grande nouveauté à ce point de vue vient de l'intégration d'une femme dans l'intrigue dans un cinéma réputée pour son machisme excacerbé. C'est à la sublime Claudia Cardinale qui est dévolut cette tache, qu'elle accomplit fort bien (on excuse ces quelques moments de moins bien par son immense beauté biensur), dans un rôle de tenancière qui avait bien cru tenir la chance de sa vie de se marier avec un homme riche, avant que celui-ci et toute sa famille ne soit liquidé avant son arrivée. Autour de cette femme et de son imposant butin hérité, se présente trois hommes aux intentions bien différentes mais qui semblent tous intéressés par la situation. On trouve ainsi Jason Robards, dans un rôle de mexicain fougeux sans scrupules, qui ressemble un peu à ceux d'El Indio et de Tuco, et qui se voit accusé à tort de la tuerie de la famille McBain. Si il vient d'abord pour ce que la ferme pourrait lui rapporter, il va s'avérer petit à petit plus touchant, cherchant une sorte de rédemption. Ensuite il se sert de l'image d'Henry Fonda, qui incarnait jusque là toujours des types honnêtes et droits, pour retourner une fois de plus les représentations du western classique, offrant à l'acteur l'un des plus mémorable contre-emploi de l'histoire du cinéma, dans ce rôle de crapule engagé par le directeur de la construction des chemins de fers pour récupérer le magot hérité par la tenancière. Enfin on retrouve Charles Bronson, mythique et charismatique comme jamais, dans un rôle d'indien mystérieux qui protège la tenancière sans raisons apparentes, mais qui laissera échapper ces véritables intentions lors du mythique duel face à Fonda où la tension est incroyable, agrémenté de flashs-backs et de musiques extraordinaires qui permette une fois de plus d'exposer le thème de la vengeance à l'écran pour Leone.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.

PALE RIDER

Film américain. 1985. 1h53.
Sortie :14 Aout 1985
Réalisateur :Clint Eastwood
Avec : Clint Eastwood (Les pleins pouvoirs, Un monde parfait), Michael Moriarty, Carrie Snodgress (Sexcrimes)
Genre :Western
Histoire :Les derniers chercheurs d'or independants de LaHood, bourgade miniere de Californie, sont harceles par la bande de Coy LaHood, fondateur de la ville qui veut s'approprier leur concession. Au moment ou les mineurs pacifiques sont prets a abandonner la lutte, surgit de la montagne un cavalier solitaire tout de noir vetu. Nul ne connait son nom, son passe, ses origines. Hull Barret, oppose depuis longtemps a Coy LaHood, l'accueille sous son toit. L'homme ne va pas tarder a prouver ses qualites de tireur.
Mon avis :5,5/10. Echec au box-office, Pale Rider n'est pas loin d'être le plus gros échec de la carrière de Clint Eastwood dans un genre qu'il maitrise pourtant : le western. Mais peut-être trop sure de ses bases et de sa maitrise dans le genre, mais il réalise là un film sans allant, banal, sans originalité et quasi caricaturale. Un western ultra-classique et surtout ultra-manichéen, ce qui est particulièrement étonnant émanant d'Eastwood qu'on a pas l'habitude de se voir rabaisser à ce genre d'erreurs. Si il y a généralement tendance à glorifier et à construire une sorte de mythe autour du personnage qu'il interprète dans ces westerns et ici c'est particulièrement marqué, sauf que la mayonnaise ne prend pas. Dessous sa soutane, ce curé s'avère être un redresseur de tort comme Eastwood en a campé des dizaines, maniant le colt à la perfection, et ayant pour trait principal de sa personnalitée d'être solitaire, froid, cynique et biensur de tomber toujours à pique quand les chercheurs d'or pacifiques sans défense sont aux abois. A l'inverse le méchant est quant à lui très méchant, complètement débile, un tueur sanguinaire sans foi ni loi, un personnage tout à fait typé. Le tout manque clairement d'humour, les personnages caricaturaux sont loin d'être emballants, ne surprenant à aucun moments et ne laissant jamais entrevoir de nuances dans leur psychologie.
L'ensemble s'avère alors un peu insipide, si l'athmosphère est pesante c'est plutôt dans le sens lassante. Outre des personnages trop typés, le scénario n'a rien d'original, la trame est simpliste et le schéma narratif est convenu. La montée de la tension va crescendo, jusqu'à la libération de ces chercheurs d'or opprimés du méchant exploitant grâce à cet héros solitaire, qui ne manquera pas de filer à la Lucky Luke afin d'asseoir un peu plus son côté mythique. Les figures typiques du gentil et du méchant sont une fois de plus de sortie et le déroulement du film est très classique. Puis tout ça semble empreint d'une bonne dose de machisme qu'Eastwood avaitpris l'habitude de tourner en dérision, ce qui n'est plus le cas ici. Enfin côté interprètes, ce n'est pas la grande forme à commencer par l'ami Clint qui surjoue pas mal, loin de sa sobriété habituelle, qui s'avère assez pompeux.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:03
Modifié le lundi 28 mai 2007 12:00

L'inspecteur Harry

L'inspecteur Harry
Film américain. 1971. 1h42.
Sortie :16 Février 1972
Réalisateur :Don Siegel
Avec : Clint Eastwood (Magnum Force, La relève, Firefox), Andrew Robinson
Genre :Policier
Histoire :Si la police de San Francisco ne remet pas immédiatement 200 000 dollars à un homme qui vient de commettre un crime, il recommencera au rythme d'un assassinat par jour. L'inspecteur Harry Callahan est sur ses talons.
Mon avis :8,5/10. Pour Clint Eastwood, L'inspecteur Harry est son premier rôle de renom en dehors des sentiers battus du western, un genre qui part ailleurs signe son arrêt de mort au début des années 70. Pour le public, c'est l'un des anti-héros les plus mythiques du 7e art, faisant partie intégrante de la culture cinématographique américaine. Immoral, cynique, dur et charismatique, Dirty Harry est tout cela, et quand on rajoute, en plus de ça, une excellente interprétation d'Eastwood, plus charismatique que jamais, on obtient un personnage culte. Car il n'y a nul doute le film repose entièrement sur la personne d'Eastwood et sur l'écriture de son personnage d'une noirceur implacable, une brute de décoffrage, pour qui le respect du code policier ne signifie rien, ne se fiant qu'à son instinct, ce qui a pour principale conséquence principale qu'il soit finalement détesté de tous. Ca forcément des moments cultes de pur impunité où notre inspecteur n'attendant pas la moindre aide d'un système judiciaire défaillant, n'hésite pas à débouler en pleine rue, son magnum 44 à la main, et à entamer un gunshot au milieu de la foule dézinguant trois braqueurs de banque d'une traite, ou bien encore faisant fit d'un mandat de perquisition pour procéder à une arrestation musclée dans un stade.
Mais Dirty Harry ce n'est pas seuleument un personnage mythique, c'est également un scénario qui se démarque du reste des productions policières pour sa noirceur extrême et pour son aspect dénonciateur. D'abord le méchant de l'histoire est vraiment à la hauteur, il est vraiment à la hauteur de son adversaire, sans pour autant qu'on ne tombe dans de l'ultra-manichéisme, Harry ayant lui sa part de "bad guy" en lui. Andrew Robinson, excellent en psychopathe juvénile et manipulateur, campe un serial-killer odieux qui dégomme en embuscade des habitants de San Francisco, se postant sur les toits de la ville. Inspiré du scandale du Zodiac qui se passa dans la ville, le film retranscrit la montée de la violence et l'émergence du phénomène des serial-killers aux Etats-Unis, à travers ce personnage qui montrera en plus de tout cela des aptitudes pédophiles, ce qui ne manquera pas de renverser les tabous de l'époque. Parce que ce métrage se veut également comme le reflet réaliste d'une Amérique démagogue, en perte de vitesse, qui ressent le doute et le début de la crise post-Guerre du Vietnam. On assiste au désenchantement des Etats-Unis qui surgit après des années de prospérité et d'espoir de plus en plus déchus pour le peuple notamment concernant les minorités, qui ne voient dans les Droits Civiques des années 60 qu'une façon politique de se débarrasser d'eux et de leurs revendications, mais aussi concernant les carrences judiciaires et politiques face à la montée de nouvelles menaces et la flambée des violences. Don Siegel, à l'image de son histoire va lui aussi se dégager de toute académisme et nous proposer une mise en scène puissante, rentre dedans et foncièrement obscur, très personnelle et qui appuie parfaitement le propos. Pour nuancer un peu tout ça il amène un peu de légèreté avec une bande son funky du meilleur gout et apporte une dose d'humour à travers les répliques qui font mouches de la part de notre cher Harry, des répliques teintés de cynisme et d'antipathie la plupart du temps.
Cependant malgré le réalisme que l'on trouve dans ce film, on ne peut pas dire qu'il fut accueillit les bras ouverts par les bien pensants, qui voyait en lui une oeuvre fasciste encourageant à l'auto-défense et à la justice basé sur de simples suspicions. Tout la faute revenant en grande partie au personnage de l'inspecteur Harry Callahan, un personnage sans concessions, sans soucis du respect de la legislation, et qui en plus de cela est d'une antipathie assez poussée, perçu à l'époque comme du racisme contre les minorités du territoire américain, alors qu'Harry semble tout simplement détester tout le monde. La mythologie autour de ce personnage sans foi ni loi est si forte qu'elle en deviendra pesante pour Eastwood qui par la suite ne fera que déconstruire le mythe, en jouant sur les codes du film policier, et ceci, dès les quatre suites qui seront donnés à Dirty Harry où il va d'abord retrouver une morale dans Magnum Force quand il combattera des flics qui font fonctionnent selon leurs propres lois (une première de trouver la rédemption pour Harry comme pour Clint). Puis dans The enforcer, il va casser son image machiste en faisant équipe avec une femme qui va lui faire changer (un peu) d'avis sur le sujet. Et il continuera ainsi dans les deux derniers volets de la saga (bien moyens par ailleurs) ainsi que dans bon nombres de ces films policiers personnels où il jouera sur la personnalitée vieillissante de l'inspecteur de police, pour continuer de chercher la rédemption ou tout du moins d'essayer de se décoller à jamais de l'image de l'inspecteur Callahan.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le vendredi 11 mai 2007 13:05
Modifié le dimanche 20 mai 2007 08:07