Film italien. 1966. 3h.
Sortie :8 Mars 1968
Réalisateur :Sergio Leone
Avec : Clint Eastwood (Million Dollar Baby, Pale Rider), Eli Wallach (Les septs mercenaires, Le cerveau, Le parain 3), Lee Van Cleef (Le train sifflera trois fois, Et pour quelques dollars de plus)
Genre :Western
Histoire :Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache. Chacun a besoin de l'autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Setenza, une brute qui n'hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.
Mon avis :9/10. Il aura donc fallu attendre l'ultime épisode de la trilogie du dollar pour voir un Sergio Leone au sommet de son art, qui remporte un succès aussi bien critique que public énorme qui le place définitivement dans la légende du cinéma. Sa maitrise incroyable se fait ressentir à tous les instants, techniquement il est réglé au millimètre, ne se trompant à aucuns moments dans le choix de ces plans, Ennio Morriconne nous offre un des plus beaux et mythiques thèmes du 7e art, le scénario encore plus ambitieux que les deux précédents opus s'avère malicieusieument bien ficelé, l'enjeu devient plus grand et au niveau du casting on plus droit à un seul anti-héros mythique (comme dans "Pour une poignée de dolalrs"), ni deux (comme dans "Et pour quelques dollars de plus") mais bel et bien trois, qui ont tous droit à un travail sur leur personnage fouillié. Cynique à souhait le ton du film s'avère parfaitement acide, l'humour typique du cinéma de Leone est à son apogée, à la fois féroce et diablement bien amené. Tous les ingrédients du grand western spaghetti sont réunis, avec en prime le plus cultissime des duels et pour cause puisqu'il se déroule à trois dans un cercle au beau milieu d'un cimetière, qui verra le vainqueur remporter bien plus qu'une simple poignée de dollars, et plus encore que le fruit d'un bracage de banque (cf "Et pour quelques dolalrs de plus"), puisque cette fois-ci il s'agira de plusieurs centaines de milliers de dollars. D'un point de vue technique, Leone s'avère parfaitement à la hauteur de son incroyable histoire, toujours aussi inspiré dans sa mise en scène enchainant avec une grande aisance ces plans si typiques (travellings avant-arrières, très gros plans sur les yeux de ces duellistes affreux, sales et méchants, grande profondeur), et ces scènes parfaitement construites avec une installation lente de l'action de l'observation au dégeinage, avec une montée en tension bien aidée par la mythique musique d'Ennio Morriconne.
Côté scénaristique donc, l'ensemble est parfaitement ficelé, et ce qui se présentait au départ comme une grande farce pris un ton beaucoup plus sérieux quand Leone décida d'intégrer au film une portée historique, en démystifiant complètement les pionniers américains qui nous apparaissent bien peu valeureux, souvent tournés au ridicule quand ils n'hésitent pas à changer de camp comme de chemises. Ainsi si ce n'est pas le cadre principal du film, l'intrigue tournant autour du magot du cimetière recherché par trois cow-boys solitaires, Leone se permet d'aborder en détail la guerre de sécession, filmant la destruction d'une ville par l'armée, une mythique bataille, entre d'un côté et de l'autre d'un pont que personne ne veut détruire, et en nous plongeant dans l'univers peu accueillant des camps de prisonniers où le sadisme, pourtant courant chez les personnages de Leone, est là exacerbé. Autant dire que cette arrière plan historique est loin d'être anecdotique, il est la preuve d'une hausse d'ambition de la part du réalisateur, qui réussit parfaitement à intégrer cet aspect à son film, ce qui densifie encore plus l'avancement de la petite histoire entre le bon, la brute et le truand qui se retrouve à plusieurs reprises pris dans la grande Histoire. Les personnages parlons-en, puisque Leone nous donne cette fois-ci à encore plus que d'habitude en approfondissant trois personnages à la fois. On retrouve le mythique homme sans nom, incarné avec toujours autant de grâce par Clin Eastwood, qui rempille avec son panchot et ses cigarillos pour un troisième opus où sa classe ne cesse de nous éblouir, sa présence suffit à créer quelque chose d'exceptionnel, il n'a pas besoin de gesticuler pour amener le spectateur à lui puisque le spectateur est irrédiablement aimenté par son charisme. Toujours aussi taciturne et immoral, il enrôle comme bien souvent le rôle du bon par défaut. Par défaut aussi il se retrouve associé avec un petit nouveau Eli Wallach qui se voit dévolut le rôle de Tuco, qui ressemble étrangement à celui d'El Indio dans le précédent épisode, un méxicain fougeux, déraisonnable, mythomane professionel, qui touche par son excentricité mais aussi par son côté souffre-douleur (souvent au bout de la corde, laissé seul en plein désert,...). Leur collaboration fructueuse est pourtant plus que fragilisé par leur individualisme et leur cupidité extrême. Enfin dans le rôle de la brute on retrouve Lee Van Cleef qui laisse son costume d'ange vengeur, pour rendre honneur au nom auquel il répond, incarnant un chasseur de prime sans foi ni loi, sanguinaire et sadique, un peu effacé par rapport au duo Wallach/Eastwood, mais qui se révèle à chaque intervention toujours aussi efficace.
Donne toi aussi ton avis sur ce film.
Sortie :8 Mars 1968
Réalisateur :Sergio Leone
Avec : Clint Eastwood (Million Dollar Baby, Pale Rider), Eli Wallach (Les septs mercenaires, Le cerveau, Le parain 3), Lee Van Cleef (Le train sifflera trois fois, Et pour quelques dollars de plus)
Genre :Western
Histoire :Pendant la Guerre de Sécession, trois hommes, préférant s'intéresser à leur profit personnel, se lancent à la recherche d'un coffre contenant 200 000 dollars en pièces d'or volés à l'armée sudiste. Tuco sait que le trésor se trouve dans un cimetière, tandis que Joe connaît le nom inscrit sur la pierre tombale qui sert de cache. Chacun a besoin de l'autre. Mais un troisième homme entre dans la course : Setenza, une brute qui n'hésite pas à massacrer femmes et enfants pour parvenir à ses fins.
Mon avis :9/10. Il aura donc fallu attendre l'ultime épisode de la trilogie du dollar pour voir un Sergio Leone au sommet de son art, qui remporte un succès aussi bien critique que public énorme qui le place définitivement dans la légende du cinéma. Sa maitrise incroyable se fait ressentir à tous les instants, techniquement il est réglé au millimètre, ne se trompant à aucuns moments dans le choix de ces plans, Ennio Morriconne nous offre un des plus beaux et mythiques thèmes du 7e art, le scénario encore plus ambitieux que les deux précédents opus s'avère malicieusieument bien ficelé, l'enjeu devient plus grand et au niveau du casting on plus droit à un seul anti-héros mythique (comme dans "Pour une poignée de dolalrs"), ni deux (comme dans "Et pour quelques dollars de plus") mais bel et bien trois, qui ont tous droit à un travail sur leur personnage fouillié. Cynique à souhait le ton du film s'avère parfaitement acide, l'humour typique du cinéma de Leone est à son apogée, à la fois féroce et diablement bien amené. Tous les ingrédients du grand western spaghetti sont réunis, avec en prime le plus cultissime des duels et pour cause puisqu'il se déroule à trois dans un cercle au beau milieu d'un cimetière, qui verra le vainqueur remporter bien plus qu'une simple poignée de dollars, et plus encore que le fruit d'un bracage de banque (cf "Et pour quelques dolalrs de plus"), puisque cette fois-ci il s'agira de plusieurs centaines de milliers de dollars. D'un point de vue technique, Leone s'avère parfaitement à la hauteur de son incroyable histoire, toujours aussi inspiré dans sa mise en scène enchainant avec une grande aisance ces plans si typiques (travellings avant-arrières, très gros plans sur les yeux de ces duellistes affreux, sales et méchants, grande profondeur), et ces scènes parfaitement construites avec une installation lente de l'action de l'observation au dégeinage, avec une montée en tension bien aidée par la mythique musique d'Ennio Morriconne.
Côté scénaristique donc, l'ensemble est parfaitement ficelé, et ce qui se présentait au départ comme une grande farce pris un ton beaucoup plus sérieux quand Leone décida d'intégrer au film une portée historique, en démystifiant complètement les pionniers américains qui nous apparaissent bien peu valeureux, souvent tournés au ridicule quand ils n'hésitent pas à changer de camp comme de chemises. Ainsi si ce n'est pas le cadre principal du film, l'intrigue tournant autour du magot du cimetière recherché par trois cow-boys solitaires, Leone se permet d'aborder en détail la guerre de sécession, filmant la destruction d'une ville par l'armée, une mythique bataille, entre d'un côté et de l'autre d'un pont que personne ne veut détruire, et en nous plongeant dans l'univers peu accueillant des camps de prisonniers où le sadisme, pourtant courant chez les personnages de Leone, est là exacerbé. Autant dire que cette arrière plan historique est loin d'être anecdotique, il est la preuve d'une hausse d'ambition de la part du réalisateur, qui réussit parfaitement à intégrer cet aspect à son film, ce qui densifie encore plus l'avancement de la petite histoire entre le bon, la brute et le truand qui se retrouve à plusieurs reprises pris dans la grande Histoire. Les personnages parlons-en, puisque Leone nous donne cette fois-ci à encore plus que d'habitude en approfondissant trois personnages à la fois. On retrouve le mythique homme sans nom, incarné avec toujours autant de grâce par Clin Eastwood, qui rempille avec son panchot et ses cigarillos pour un troisième opus où sa classe ne cesse de nous éblouir, sa présence suffit à créer quelque chose d'exceptionnel, il n'a pas besoin de gesticuler pour amener le spectateur à lui puisque le spectateur est irrédiablement aimenté par son charisme. Toujours aussi taciturne et immoral, il enrôle comme bien souvent le rôle du bon par défaut. Par défaut aussi il se retrouve associé avec un petit nouveau Eli Wallach qui se voit dévolut le rôle de Tuco, qui ressemble étrangement à celui d'El Indio dans le précédent épisode, un méxicain fougeux, déraisonnable, mythomane professionel, qui touche par son excentricité mais aussi par son côté souffre-douleur (souvent au bout de la corde, laissé seul en plein désert,...). Leur collaboration fructueuse est pourtant plus que fragilisé par leur individualisme et leur cupidité extrême. Enfin dans le rôle de la brute on retrouve Lee Van Cleef qui laisse son costume d'ange vengeur, pour rendre honneur au nom auquel il répond, incarnant un chasseur de prime sans foi ni loi, sanguinaire et sadique, un peu effacé par rapport au duo Wallach/Eastwood, mais qui se révèle à chaque intervention toujours aussi efficace.
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