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L'armée des 12 singes

L'armée des 12 singes
Film américain. 1995. 2h10.
Sortie : 28 Février 1996
Réalisateur : Terry Gilliam
Avec : Bruce Willis (Die Hard 4, 6ème sens, 5ème élément), Madeleine Stowe (Mafia love, Short Cuts, Dernier des mohicans), Brad Pitt (Babel, Snatch, Seven)
Genre : Thriller, Science-Fiction
Histoire :Nous sommes en l'an 2035. Les quelques milliers d'habitants qui restent sur notre planète sont contraints de vivre sous terre. La surface du globe est devenue inhabitable à la suite d'un virus ayant décimé 99% de la population. Les survivants mettent tous leurs espoirs dans un voyage à travers le temps pour découvrir les causes de la catastrophe et la prévenir. C'est James Cole, hanté depuis des années par une image incompréhensible, qui est désigné pour cette mission.
Mon avis :8/10. Une des toutes meilleurs productions de science-fiction qu'on est pu voir, L'armée des 12 singes s'inscrit aussi bien dans la case anticipation que dans la case voyage dans le temps. Inspiré du moyen métrage (qui se révèle plutôt être un roman-photo monté et mise en musique) de Chris Marker, La Jetée, pièce maitresse de l'anticipation, "12 Monkeys" se présente comme une oeuvre forte, une oeuvre à la fois, à part dans la filmographie de Terry Gilliam et à la fois dans la droite lignée de son chef d'oeuvre Brazil. Il s'agit d'abord, certainement, de l'un des films de l'ex-Monthy Python des plus hollywoodiens. Il s'agit à première vue d'un thriller futuriste basique, divertissant, misant beaucoup sur son action, qui nous offre une historie à rebondissements avec de jolis retournements de situations. Ceci tend à se confirmer quand on s'aperçoit que les têtes d'affiche du film sont nuls autres que Brad Pitt et Bruce Willis, le premier étant à l'époque l'étoile montante et glamour d'Hollywood alors que le second était le pilier de l'action grâce à la trilogie Die Hard. Esthétiquement aussi, on ne décèle pas à priori la patte Gilliam, l'exercice est bon, fluide mais semble manquer de folie, de décors hauts en couleurs et de petites fantaisies qui faisait tout le charme de Fisher King ou du Baron de Mauchaussen. Toutefois à certaines reprises on retrouve avec grand plaisir son style si typique, comme ces plans obliques qui sied parfaitement lors de la visite dans l'hôpital psychatrique pour épouser la folie qui règne dans ces lieux. Mais pour le reste ça reste plutôt classique, très appréciable, avec de bonnes mises en scènes, des couleurs bien travaillés de même que les décors, mais rien de très personnel.
En réalité Gilliam a parfaitement réussit son camouflage, il a répondu à tous les codes du blockbuster américain, a touché le budget qui va avec ce genre de productions, tout en respectant son intégrité, sans mettre les deux pieds dans le plat de pop-corn, certainement de peur de se faire engluer par le caramel. Malgré donc les apparences, que ce soit dans la mise en scène, les têtes d'affiches (toutes deux impeccables dans un film majeur de leur carrière) ou dans la trame scénaristique de visu convenue, Gilliam développe à travers ce film bon nombres de thèmes qui lui tiennent à coeur et il incorpore une bonne dose de noirceur et de pessimisme, comme il aime le faire, derrière son happy-end qui n'en est pas un. Rarement on aura vu un blockbuster aussi sombre, l'ambiance semble toujours très tendu, on a pas le droit à un retournement de situation miraculeux dans cette science-fiction d'apocalypse, comme il en existait beaucoup dans les années 50-60 à défaut qu'ici point de note d'optimisme. La fatalité, du à la propagation finalement inempechable de l'épidémie, et la folie, qui passe par les pulsions meurtières du héros et l'incompréenssion générale des individus entre eux, ne laissent guère de place à l'optimisme dans cette affaire, même si au final on nous fait penser qu'on pourra trouver un virus, les dégats collatéraux engendrés par l'épidemie seront irréparables. Le scénariste a parfaitement su garder l'esprit de La Jetée, très pesante et pessimiste avec une petite dose de romantisme, s'inspiré de la trame de départ tout en la modelant au gout du jour, en y instaurant la menace terroriste notamment (qui permet ici au véritable coupable de faire détourner les yeux de sa personne) et en y injectant les thèmes forts de la filmographie de Gilliam. Ainsi on retrouve pointer du doigt les entraves des sociétés capitalistes avec la menace d'un virement totalitariste, le danger qui accompagne les progrès de la science et leur importance grandissante au niveau mondiale. Et de manière moins engagé et plus personnel on retrouve développé les thèmes de l'onirisme, de l'enfermement, de la folie ou bien encore de l'amour.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le dimanche 08 juillet 2007 12:07
Modifié le mardi 10 juillet 2007 08:06

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