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Petits meurtres entre amis

Petits meurtres entre amis
Film américain. 1994. 1h35.
Sortie : 19 Avril 1995
Réalisateur : Danny Boyle
Avec : Kerry Fox (Intimité, Black and white), Christopher Eccleston (eXistenZ, Les autres, 28 Jours plus tard), Ewan McGregor (The island, Star Wars, Le veilleur de nuit)
Genre : Comédie
Histoire :A la recherche du colocataire idéal, trois amis font passer un examen d'entrée très strict à bon nombre de postulants jusqu'à ce qu'ils découvrent la perle rare en la personne de Hugo. Celui-ci se révèlent tellement discret qu'il meurt en silence, enfermé dans sa chambre, quelques heures seulement après avoir emménagé. Avec le corps se trouve une valise pleine de billets qui va rapidement avoir raison d'une longue amitié.
Mon avis :8/10. Premier film, premier succès, première claque! Danny Boyle n'aura pas eu besoin de plus de temps que cela pour se faire un nom et devenir du jour au lendemain l'un des cinéastes brittaniques les plus prometeurs de sa génération. Premier opus de sa "Bag of money trilogy", Shallow grave est un véritable petit bijou de l'humour noir so british. L'histoire est simple et concise, le résultat final est clair et sans fausses notes. L'historie est remarquablement construite, John Hodge, qui collabora avec Boyle lors de ses quatre premiers films, nous a pondu une histoire sans lourdeur, très finement écrite, qui à première vue se présente comme un drame sordide puis qui, petit à petit, se transforme en comédie, toute corrosive soit-elle. Le spitch est simple : trois colocataires découvre leur tout nouveau colocataire mort dans sa chambre, suite à un vraisemblable suicide, et avec lui une valise pleine de billets. Entre garder l'argent et prévenir la police de cette mort suspecte, le choix est vite fait pour les trois acolytes. Une fois leur choix étant scellé, leur descente aux enfers, guidé par leur cupidité, se met naturellement en route. Le premier à sombrer, est bien entendu le plus faible, David, un comptable en phase de décoinçage, qui en plus de son statut naturel de looser se voit dans l'obligation de dépecer et d'enterrer le colocataire mort. Dès lors il va sombrer dans une certaine folie, s'enfermant dans le grenier, se transformant peu à peu en bête redoutable, alors que ses deux autres co-équipiers, Juliet et Alex, vont eux commencer à profiter de tout cette argent. Mais bien vite les envies personnelles de chacun vont être trop fortes, les trois ont l'envie de partir, seul, avec le magot, jouant tous sur leurs atouts pour berner et manipuler leurs collègues. Juliet joue avec ses atouts féminins et son assurance de médecin, Alex, lui, mise sur son charme naturelle et son aspect diabolique alors que David enfin lui compte sur sa nouvelle personnalitée effrayante pour impressionner les deux autres.
En plus de cela, la police va fourrer le bout de son nez dans la bataille psychologique qui s'augure entre les trois co-locataires, alors que le passé du co-locataire décédé, qui s'avèra être un brigand, va brusquement rejaillir. En sommes une action rondement bien menée, qui commence plutôt banalement et qui devient absolument rocambolesque au fil des minutes avec en apothéose un final so delicious, remplit d'un humour noir ô combien délectable. Et quand l'écriture parfaite de cette histoire ne se suffit pas à elle même c'est le trio d'acteurs qui viennent en renfort et effacent toute trace d'incrébilité. Que ce soit le jeune Ewan McGregor, Christopher Eccleston ou Kerry Fox, le niveau des interprétations est vraiment élevé, chacun joue à merveille avec la complexité de leurs personnages torturé entre l'amitié (l'amour parfois) et les clins d'oeils, de plus en plus pressant, de la valise remplit de billets. Finalement on retrouve un esprit assez théatral dans ce premier film. D'abord on se retrouve cloisonné pour une bonne partie du film (les scènes les plus importantes et intenses) dans un seul lieu : l'appartement des trois protagonistes tel un huit -clos oppressant. Ensuite dans les interprétations du trio d'acteurs principales qui n'ont, sur ce coup, rien à envier à leurs aînées du théatre. Là où la frontière théatre-cinéma se fait plus présente c'est sur la mise en scène de Danny Boyle, qui pour le coup, n'a rien de classique. Il imprime sa patte, avec des moments bien barrés, bien rythmés par une bande son alternant acid-electro british et d'autres plus posés où on se repose à l'écoute de thème plus classique. C'est le style Boyle qui se met en place à travers ce premier long-métrage, une comédie trash très noir, mais aussi très drôle, qui permet au cinéaste d'aborder pour la première fois un thème qui va devenir récurent dans sa filmographie celui de l'avidité face à l'amitié.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.
# Posté le jeudi 28 juin 2007 13:38
Modifié le lundi 02 juillet 2007 08:26

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