Sortie : 6 Juillet 2005
Réalisateur : Danny Boyle
Avec : Alex Etel, Lewis McGibbon, James Nesbitt (Match Point, La loi de Murphy)
Genre : Comédie dramatique
Histoire :Deux enfants découvrent par hasard le butin provenant du braquage d'une banque. Sept jours avant le passage à l'euro, Anthony, neuf ans, décide d'investir dans l'immobilier. Mais de peur que le marché s'effondre, Damian, son frère de sept ans, préfère aider les plus démunis...
Mon avis :6,5/10. Après deux films, La plage et 28 jours plus tard, qui avaient leurs qualités, certes, mais qui étaient plutôt éloingnés de son univers et de son style, Danny Boyle revient aux fondamentaux avec Millions, qui se présente comme une sorte de quatrième volet à sa "Bag of money trilogy" qu'il l'avait fair connaitre au milieu des années 90. La nouveauté c'est que cette fois-ci ce sont deux enfants, deux frères de 7 et 9ans qui héritent d'un joli pactole à la force du destin. A des années lumières de la noirceur comique de Petits meurtres entre amis et de Trainspotting, on se rapprocherait plutôt de l'univers édulcoré d'Une vie moins ordinaire où on remplacerait l'aspect romantique par une naïveté toute enfantine. L'histoire est très gentilette et bourrée d'invraisemblances, les méchants ne sont pas si cruels que ça, la morale est omniprésente et un happy-end bien puant attend tout notre petit monde avant le clape de fin. Si vu comme ça le tableau peut paraitre assez indigeste, en réalité Boyle revisite la fable avec pas mal de finesse, beaucoup d'humour, dans un univers onirique tout à fait délectable. Derrière ce conte de Noël familiale, il y incorpore une bonne dose de satyre comme il sait le faire, un domaine qu'il maitrise tout particulièrement et qu'il tient toujours en sous-main dans la plupart de ses métrages. Le mélange entre satyre et fable naïve parvient à devenir crédible au fil des minutes à notre plus grande surprise, même on a une sérieuse tendance à virer vers le second bord à certains moments. Finalement l'équilibre se fait et le résultat ne manque pas de surprendre, à tel point qu'on arrive parfois à perdre l'intention initial du cinéaste notament à cause d'un dernier quart d'heure bien trop doux.
Mais avant cette abondance de bons sentiments et d'humanisme finale, Boyle nous a tout de même donné quelques instants bien caustiques et satyriques. Ainsi il a réussit à traiter la mort d'un parent de manière tout sauf pathétique, avec beaucoup de douceur et de relativité. A travers quelques morales lancées à la va-vite sur l'aide que l'on pourrait apporté au pays du tiers-monde avec toutes les richesses créés dans nos pays, il se permet d'épingler les agissements plutôt contradictoires de la communautée Mormond ou de mettre en doute la réelle efficacitée des associations spécialisé dans la récolte de fonds, qui pulullent de nos jours et qui sont loin d'avoir toutes de bonnes intentions. Les situations caucasses dans lesquels vont s'embarquer les deux frères vont s'avérer plutôt croustillantes. Le premier le plus petit, connaissant tout sur tout sur les saints qu'il voit souvent lui apparaitre, s'étant mis en tête d'aider tous les pauvres qu'ils croiseraient, alors que dans le même temps son grand frère beaucoup plus pragmatique et capitaliste dans l'âme s'est mis en tête de faire fructifier dans des investissements fiables son argent. A noter que tous deux jouent remarquablement bien. Finalement cette situation perd de son charme quand les adultes viennent s'en mêler même si on appréciera la boutade final, montrant que l'avidité humaine est loin d'être balayé d'un seul coup de balai, chacun ayant fait sa petite réserve personnelle avant de bruler l'argent. Côté partition purement cinématographique enfin, Boyle s'avère en revanche, une nouvelle fois, irréprochable. Il nous peint un univers particulièrement coloré pour nourrir le côté irréel de son oeuvre qui devient de plus en plus marqué au fur et à fur mesure que les improbables péripéties, arrivant aux deux jeunes frères, grâce à leurs centaines de milliers de livres empochés, se succèdent. La mise en scène ne manque pas d'inventivités, ça bouge pas mal, il s'amuse à déformer quelques peu la réalité dans certaines séquences, en accentuant les couleurs ou en donnant l'impression que les décors sortent tout droit d'une boite de jeu. Tout ceci dans un seul but, renforcer la vision infantine du film et donner à son spectateur une impression nostalgique rappelant de vagues souvenirs d'enfances forcément idéalisé. Toujours est-il que Millions malgré ces maladresses et quelques lourdeurs s'avère être encore un film solide pour Boyle sur un thème qui l'inspire toujours autant.
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