Sortie : 9 Aout 2000
Réalisateur : Paul McGuigan
Avec : Stephen McCole, Garry Sweeney
Genre : Comédie dramatique
Histoire :Le premier acte de cette comedie surrealiste raconte l'histoire de Boab. Ce dernier a un travail, une petite amie et joue dans une equipe de football. Cependant, a la suite d'une pietre performance lors d'un match, sa vie bascule. Il est vire de son club, sa copine le plaque et son patron le licencie. Dans le pub ou il trouve refuge, il fait la connaissance d'un homme qui dit etre Dieu. Le second acte evoque les errances de Coco Bryce au travers du foot, des raves et du LSD.
Mon avis :6/10. Premier film pour McGuigan et premier succès public (surtout en Grande-Bretagne). Si le succès est au rendez-vous et lance la carrière, pour le moins prometeuse, d'un jeune cinéaste brittanique (encore un!), le film n'est pas pour autant une totale réussite et comporte pas mal de défauts. A l'époque, Paul McGuigan débarqué de sa campagne écossaise, se rapprocherait plus d'un univers à la Danny Boyle plutôt que d'un univers à la Guy Ritchie, dont il va épouser l'attitude par la suite. En effet Acid House a nettement plus à voir avec la comédie sociale noire et surréaliste de Boyle qu'avec le film de gangsters à la cool de Ritchie, très typé et dosé d'un humour noir ravageur. Si ça peut paraitre plutôt étrange au premier abord, ces affinités avec le travail de Boyle s'expliquent très simplement. Acid House est l'adaptation de trois nouvelles d'Irvine Welsh, un auteur qui avait déjà été adapté à l'écran avec le Trainspotting de Boyle. Du coup on retrouve un univers plein de similitudes entre les deux films : une jeunesse errante et sans repères dans une Ecosse post-industrielle minée par la crise, qui au lieu d'aller à l'Eglise le dimanche joue au foot, boit des bières au pub et se drogue pour s'évader d'une vie peu enviable. Un portrait au vitriol donc, qui ne manque pas d'égratigner tour à tour, à travers des situations absurdes et des répliques cinglantes, l'ancienne génération, le gouvernement et la jeune génération elle-même au delà de l'affection que lui porte l'écrivain et le cinéaste. On a droit également à des parties plus enlevées, soit bien trash, soit bien barrés, complètement surréalistes.
Mais le fait est là, McGuigan n'est pas Boyle, on ne retrouve pas la même aisance chez l'écossais que chez l'anglais. Cela s'explique surtout à travers le fait que l'oeuvre de Welsh semble beaucoup plus proche des thématiques développés dans le cinéma de Boyle, alors que chez McGuigan elle ne s'impose pas naturellement, elle ne semble pas faire corps avec l'univers du cinéaste. D'ailleurs en changeant d'univers, lors de son second film gansgter n°1, l'écossais semblera mieux à l'aise comme si il avait alors véritablement trouvé sa voix. Le principal reproche que l'on peut donc faire à Acid House, c'est donc de manquer véritablement de personnalitée, McGuigan adapte Welsh comme l'avait fait Boyle, sans de grandes nuances, sans y aposer sa patte. Ca donne un résultat honnête, certes, mais qui est loin du chef d'oeuvre qu'était Trainspotting. De plus du fait même de la structure du film qui se décompose de trois histoires collés les unes aux autres, sur le principe du film à sketch, Acid House s'avère partiuclièrement inégale. La première histoire fait directement référence à La métamorphose de Kafka. Boab, un jeune looser écossais va tour à tour, se faire virer de son équipe de foot, de son job, de la maison de ses parents et va se faire plaquer par sa copine qui préfère largement les techniques sexuelles du meilleur ami de Boab. Ce dernier va se retrouvé transformé en mouche par un pilier de bar qui se présente comme Dieu afin de l'aider à comprendre et régler la déchéance de sa triste existence, ce qui ne manquera pas d'interêt et de sarcasmes. La seconde histoire, la plus ennuyante, compte l'histoire caucasse d'un autre looser, marié précipitament à une trainée qu'il aide à élever son fils, mais qui bientôt va se faire piquer sa femme et son éléctricité par son voisin, un gros bras au petit cerveau. Enfin la dernière rejoint le surréalisme et l'efficacité du premier segment. Il s'agit de l'incroyable histoire de Coco Bryce, un gentil hooligan qui passe son temps sous acide, qui va échanger sa place avec un nouveau-né suite à un fourdoiement. Malgré le gros temps mort de milieu de film, Acid House vaut vraiment le coup pour son premier et son dernier segment de haute volée, mais aussi pour les quelques bonnes idées de mises en scènes de McGuigan qui de temps à autre arrive à se dépêtrer de l'influence de Boyle.
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