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The great ecstasy of Robert Carmichael

The great ecstasy of Robert Carmichael
Film britannique. 2005. 1h36.
Sortie :26 Avril 2006
Réalisateur : Thomas Clay
Avec : Daniel Spencer, Ryan Winsley, Charles Mnene
Genre : Drame
Histoire :Trois jeunes Anglais sont entraînés dans une spirale de violence et de tentation. Ils ne vont pas tarder à faire se révéler les jalousies secrètes de leur petite ville.
Mon avis :4,5/10. Premier long métrage d'un nouveau jeune talent brittanique (encore un!), Thomas Clay, The great ecstasy of Robert Carmichael est bourré de qualités mais aussi d'erreurs grossières. Ce premier long manque de personalitée c'est incontestable, mais après tout c'est souvent le cas pour une première oeuvre. Le problème avec Clay, c'est finalement la trop grande diversité de ses influences, il s'est fait avoir par sa propre cinéphilie. Sa façon à lui de se créer un univers qui lui serait propre semble être de prendre ce qu'il trouve de meilleur chez ses cinéastes préférés afin d'en faire un cocktail imparable. Sauf que quand on se met à mélanger du Kubrick avec du Van Sant, du Ken Loach et du Haneke, le résultat final ressemble plus à une soupe infable. Tout simplement puisque tous ces cinéastes ont des visions bien différentes des origines de la violence, particulièrement chez les jeunes. Ainsi tout commence plutôt bien, on surgit dans le quotidien pas très passionant d'une jeunesse dépressive demeurant Newhaven, une petite ville côtière au sud de l'Angleterre, l'ennui est palpable, les âmes de ses jeunes adolescents errent sans buts dans la nature. Les adultes sont là, font des efforts pour se montrer compréensif de leurs enfants, mais que ce soit les parents ou les profs, nuls n'arrivent à attirer l'attention ni à intéresser cette jeunesse désoeuvré. La description fait penser à du Larry Clark sans le côté trash, mais à l'image ça ressemble plus à du Gus Van Sant, version Elephant, le rythme est lent, l'ambiance est lourde (grâce à une bande son classique délicieuseument pesante), l'image s'attarde sur peu de détails, les plans d'ensemble fixe sont légions et le temps est à la contemplation. La mise en scène de Clay est minimaliste, elle procure un certain envoutement grâce notament à la splendide photo d'Arvanitis qui fait des merveilles avec ces tons froids, qui conviennent parfaitement à la région. Malgré ça, l'aspect contemplatif a ses limites, on ne voit pas poindre une véritable intrigue, le désinterêt se fait grandissant et ceci malgré quelque chose d'oppressant qui plane sur nos têtes on ne voit toujours rien venir.
On en arrive à la meilleure et plus troublante scène du film. La bande de jeunes que l'on suit depuis le début, qui a quelque chose d'un peu caricaturale déjà dans sa composition mais aussi dans certaines de leurs réfléxions assez discréditantes, se retrouve amener par des gars plus agés dans la planque d'un traficant de drogues où ils vont comme bien souvent s'adonner à la défonce. Clay s'installe dans la pièce par un travelling circulaire, avant d'enchainer sur un plan fixe relativement long mais du plus grand effet. L'ambiance est exceptionelle, les murs sont verts moisies, les personnages sont en bad trip et la musique electro accompagne à merveille leur état. Puis là survient le drame, une jeune adolescente qui les accompagnait, va se retrouver violé dans une pièce à côté, dans un hors champ terrifiant, prise à partie par trois jeunes entrainés dans un tourbillon de violence. Puis la vie reprend son cours comme si de rien n'était, le personnage de Robert Carmichael (une première convaincante pour Daniel Spencer), qui a assisté au viol sans y participer, devient de plus en plus inquiétant. Lui, le jeune contrebassiste prodige, doué à l'école, mais ultra-réservé et qui s'est retrouvé un peu par hasard dans une bande de camés peu fréquentables, va montrer des aspects de sa personnalité qui n'était encore jusque là jamais ressortit. Il va ainsi se masturber en lisant Sade puis se battre à l'école avant de se laisser entrainer dans le cambriolage de la maison d'une star du petit écran où il va complètement péter les plombs en violant et assassinant la propriétaire de la maison, une séquence rappelant forcément une célèbre séquence d'Orange Mécanique. Clay, une fois de plus, prend du recul fasse à la situation mais là il ne se contente pas de laisser entrouverte la porte, il rentre et s'adonne au voyeurisme, en plan large certes mais nous décrivant explicitement le crime, sans pour autant entrer dans les détails même si on le sent tenter. Contrairement à ce que l'on pourrait penser cette scène l'a s'avère moins choquante que celle du premier viol, elle est rapide, coupé au moment le plus terrible et surtout intervient dans un final plutôt rocambolesque pas vraiment crédible.
Le mal était fait avant cette scène, Clay n'a jamais su choisir sa voie. Ce trouble s'exprime parfaitement dans cette dernière séquence où il hésite à rester froid et distant à la Haneke et se faire plus présent, se rapprochant de l'action avant de s'en détacher. Il était, et le reste donc, tenté par plusieurs tentatives d'explications de la violence. D'abord on tend à croire qu'il met la faute sur une société qui a complètement zappé qu'elle avait une jeunesse et qui, de fait, ne lui donne aucun objectif dans la vie, un constat à la Ken Loach époque Sweet Sixteen en beaucoup moins recherché et en beaucoup plus caricaturale. Puis l'insistance de l'arrière plan politique avec la guerre en Irak appuyé par Blair, très vite mis en parallèle avec la position de Churchill durant la seconde guerre mondiale, nous fait comprendre que les années passent mais la violence collective est toujours ultra-présente dans l'actualité, là aussi c'est un peu caricaturale. Tout ça reste très vague, les sous-entendus pleuvent pendant une large partie du film, puis il finit sans trop savoir où il en est, en nous disant que finalement, peut-être, il ne serait pas inconcevable que la violence provienne de facteurs insaisissables, un peu à la Van Sant. Mais voilà les différentes hypothèses ne semblent pas vraiment compatible. Ils s'embrouillent les pinceaux, n'est plus sur de ce qu'il croit être vrai, c'est finit le spectateur a décroché devant une telle fébrilité.

Donne toi aussi ton avis sur ce film.

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# Posté le jeudi 28 juin 2007 13:30
Modifié le samedi 30 juin 2007 07:04

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