Boyz N' the Hood

Boyz N' the Hood
Film américain. 1990. 1h52.
Réalisateur :John Singleton
Avec : Cuba Gooding Jr (Norbit, Jerry Maguire, Radio), Ice Cube (XXX, Torque, Anaconda), Morris Chestnut (La crypte, Anacondas, Piège de feu)
Genre :Comédie dramatique
Histoire :Le passage de l'adolescence a l'age d'homme pour trois heros de la rue d'une banlieue de Los Angeles. Premier film de John Singleton fortement inspire de sa propre experience.
Mon avis :8/10. Même si on le rattache souvent à Menace II Society et New Jack City pour désigner les oeuvres pionnières du film de ghetto, Boyz N' the Hood, chronologiquement peut se targuer d'être la première oeuvre du genre à la fois si réaliste sur la réalité du ghetto et brisant de manière si forte les préjugés sur les jeunes de ces ghettos qu'on a tendance à tous rattacher à des gangstas. Son réalisme John Singleton va le chercher dans sa propre expérience avouant même qu'il s'agirait d'une oeuvre quasi autobiographique. Et pour une première oeuvre le cinéaste fait fort grâce à un film de quartier sincère et puissant émotionnelement ouvrant la voie à une pléiade de cinéastes se détachant clairement d'un Hollywood trop centré sur la communautée blanche et dont la plupart des productions sont déstinés aux WASP. Singleton donne le ton dès son accroche :"1 homme noir américain sur 21 meurt assassiné. Ces crimes sont majoritairement commis par d'autres hommes noirs.". Il se montre décidé à livrer un message pacifique et d'union à tous ses frères devenus fatalistes et cyniques depuis le grand espoir déchu des droits civiques. Cette résignation de la communautée noir semble être devenu la norme chez tous ses membres mais parait cependant bien compréensible au vue du quotidien terrible que le cinéaste s'évertue de nous présenter avec le plus grand réalisme.
A travers l'évocation de la vie de Tray et de sa bande de potes, tout les problèmes du ghetto sont passés au crible, sans pour autant tomber dans un quelconque misérabilisme, montrant quand même qu'une vie "normale" est possible dans ces ghettos même si pour ça le parcours est forcément semés d'embuche. Ainsi ceux qui s'en sortent le mieux dans cette histoire sont les sportifs qui bénéficient toujours d'innombrables bourses mais aussi ceux qui bénéficient d'un grand encadrement familial et qui ont su s'accrocher à l'école. La plus grande partie du film ne trempe d'ailleurs pas dans le dramatique mais se présente plutôt comme une chronique urbaine contant les destins parallèles d'une bande de potes dans leurs histoires de coeurs, leurs différentes aventures, leurs petites embrouilles loin des clichés des trafficants de drogues et de la violence extrême des ghettos. A travers les aventures de ces jeunes et de leurs voisins le cinéaste expose les différents dangers auxquels sont exposés les habitants d'Eastside entre l'exposition au SIDA, aux drogues, aux bavures policières, au défrichement de la structure familiale ou bien encore à une formation scolaire d'un moins bon niveau. Cette chronique au dénouement dramatique montre ô combien la délinquance s'est normalisé dans ces quartiers, à tel point que la violence devient presque naturelle, elle rentre entièrement dans le procesus de socialisation. Le cinéaste lui fait passer ses théories sur les ghettos à travers le personnage du père de Tray interprété par Laurence Fisghburne qui préconise le pacifisme entre les membres de la communautée noire pour qu'ils saissent de s'entretuer, pour fustiger les blancs et surtout le gouvernement, même si ce discours nostalgique des Blacks Panthers prend une forme cynique puisque de toute évidence les espoirs de la génération des droits civiques s'avèrent clairement dêchus, ces derniers ne pouvant que constater l'enlissement de leurs ghettos. Si le message est noble et bien exposé, c'est aussi le cas de l'histoire parfaitement construite, avec une longue introduction sur l'enfance de nos jeunes protagonistes, suivit de la chronique sociale des années 90 et qui prend un aspect dramatique dans le dernier quart d'heure. Côté réalisation, Singleton s'en sort bien et nous offre une bande son excellente, du bon rap old school/consciensous, alors que les interprètes sont eux très convaincants, réalisant une bonne performance d'ensemble.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:47
Modifié le samedi 28 avril 2007 15:33

Menace II Society

Menace II Society
Film américain. 1993. 1h36.
Sortie :5 Janvier 1994
Réalisateur :Allen & Albert Hugues
Avec : Tyrin Turner, Larenz Tate (Collision, Ray, Un homme à part), Jada Pinkett (Matrix, Ali, The very black show)
Genre :Drame
Histoire :La vie d'une bande dans le Watts, quartier noir-américain de Los Angeles, un an après les émeutes. Aux Etats-Unis, les adolescents representent 42 % des délinquants juvéniles en état d'arrestation, alors qu'ils ne représentent que 16 % de la population âgée de moins de 18 ans.
Mon avis :8/10. Menace 2 Society est un de ces films qui imposa à l'époque le film de ghetto comme un genre à part entière qui dans bien des aspects pourrait se rapprocher d'un des genres phares des années 70 : la Blaxploitation, pour sa liberté de ton et son engagement dans la cause noire notamment. Les Frères Hugues réalise une oeuvre intense et complète, dénotant bien la réalité du ghetto de Los Angeles au lendemain des émeutes meurtrières de 1992. Pour l'une des premières fois, après Boyz N' the Hood ou New Jack City, on semble nous proposer une vision totalement réaliste des ghettos de L.A. sans une esthétique et une imagerie glorifiant les gangstas comme quelques réalisateurs maladroits l'avaient fait avec les mafiosos. Aucune apologie de la violence et des membres de gangs ici. On mise plutôt sur un réalisme qui sert à débouter au final les clichés du caïd du ghetto et à montrer toute l'imbécilité des histoires de gangs qui semblent tombés dans le cercle vicieux de l'éternelle vengeance et des éternelles réglements de comptes. La morale est noble et s'appuie sur un final choc, qui finira de convaincre les plus sceptiques sur l'absurdité de la guerre des gangs.
Mais les frères Hugues ne se contentent pas d'accabler les gangstas, mais tentent à travers une vision quasi sociologique d'expliquer comment on en vient à devenir gangsta, et quelles sont les différentes pressions et caractéristiques qui se dégagent du ghetto. Pour cela on suit la vie d'une bande dans le Watts et plus particulièrement de Kaydee, qui a vu mourir ses deux parents (apparition sympatoche de Samuel L. Jackson) dans la drogue et les traffics divers très tôt et qui fut recueillis par ses grands-parents, vivant sans trop d'ennuis jusqu'à la réussite de son examen. Mais un évènement va changer sa vie le faisant passer du statut de jeune du ghetto qui veut s'en sortir au statut de gangsta. Il se fait braquer sa voiture, les membres du gang rival laissant son cousin sur le carreau. De là il va d'abord assouvir son désir de vengeance, puis tomber peu à peu dans le traffic de drogue (on notera que pour une fois cet aspect est loin d'être central), avant d'être rattraper pour sa complicité involontaire dans la tuerie d'une épicerie coréenne. Mais pour autant il va essayer d'arrondir les angles en se liant fortement à la femme et au fils d'un de ces formateurs qui a pris perpetuité, avec qui il envisage un avenir meilleur loin des problèmes du ghetto avec un travail honnête. Mais encore une fois son passé va le rattrapé et notamment l'une de ces relations amoureuses mystérieuseument tombée enceinte qui va lui faire subir un fatal retour d'ascenseur.
Dans Menace II Society, différents thèmes sont abordés de manière assez équitable et assez développés pour qu'ils paraissent cohérents. Ainsi on nous parle des différents maux des ghettos : la drogue, les gangs, la répression policière accrue, le SIDA, les boulots de misère, l'accès aux études difficiles, une structure familiale désossée, un gouvernement aux abonnés absent... L'histoire de Kaydee est le prétexte à l'exposition de tous ces thèmes, puisqu'il se trouve qu'il regroupe en lui même tous les maux du quartier, ayant toucher de près ou de loin à toutes ces menaces de la société, le seul espoir de ces jeunes résidant bien souvent dans la religion comme on nous le montre encore ici où l'on constate un affaiblissement de l'encadrement de l'institution chrétienne qui petit à petit est remplacé par la structure musulmane. En plus de tout ça les Frères Hugues ont réellements mis tous les atouts de leur côté pour recréer microcosme du ghetto de L.A., avec d'abord une mise en scène minutieuse et efficace, mais aussi en adoptant ces dialogues au dialecte de la West Coast de l'époque, en engageant des jeunes acteurs pour la plupart issus de ce milieu social et en nous offrant une excellente bande son hip-hop assez éclectique (rap/soul/funk) pour plaire à tous.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:49
Modifié le vendredi 27 avril 2007 05:03

Poetic Justice

Poetic Justice
Film américain. 1993. 1h49.
Sortie :4 Mai 1994
Réalisateur :John Singleton
Avec : Janet Jackson (Arnold et Willy, La famille foldingue), Tupac Shakur (Gridlock'd, Bullet, Tupac : Ressurection), Regina King (Ray, Friday, Ennemi d'Etat)
Genre :Drame, Romance
Histoire :Après avoir assisté au meurtre de son petit ami, Justice décide de couper les ponts avec ses anciens amis, d'abandonner ses études et de devenir coiffeuse, tout en composant ses poèmes.
Mon avis :6/10. Poetic Justice se présente comme un des films de John Singleton les plus mineurs, loin de l'excellent Boyz N' the Hood et derrière même le peu folichon Baby Boy avec Snoop Dog. A travers ces trois films le cinéaste dépeint le quotidien du ghetto loin des clichés des gangstas et du traffic de drogues, sans pour autant perdre de son réalisme naturel. Le spitch de Poetic Justice semble prometeur, parce que c'est bien simple les comédies romantiques concernant la communautée noire sont pas du tout légions à Hollywood et encore moins quand nos personnages sont issus du ghetto. A part Spike Lee, les autres cinéastes ont souvent occultés l'aspect romantique dans leurs films sur les ghettos, préconisant une vision plus alarmiste et plus violente de ce pan de la société, abordant cette aspect de manière brutale et caricaturale. Singleton, à l'instar de son compatriote Lee, réussit à faire rimer romance et ghetto même si paradoxalement pour faire éclater cela il a du exiler ces personnages de leurs quartiers, comme si de tels sentiments n'avaient pas leur place à l'intérieur de ceux-ci. Ainsi nos deux héros interprétés timidement par Tupac et surtout Janet Jackson peu convaincante, sont amenés dans un road-movie dans la nature environnante de Los Angeles à bord d'une fourgonette postale en compagnie de d'un ami chacun qui eux vont avoir moins de chance en amour. La romance est bien menée, elle pas fleur bleue pour un sou, tout n'est pas facile et elle prend en compte les aspects difficiles de la vie quotidienne du ghetto même si pendant un temps nos compagnons s'en extirpent. Après cela reste plutôt banal, les deux acteurs principaux n'ont aucune osmose à l'écran (il faut dire qu'il eu une tension sur le plateau quand Janet demanda à Tupac de faire le test du SIDA, de peur de l'attraper en l'embrassant) et ça ressent, les émotions sont rares, pas mal de situations sont convenus mais si on se félicite que l'ensemble ne soit pas trop cul-cul.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:49
Modifié le mercredi 09 mai 2007 07:03

Slam

Slam
Film américain. 1997. 1h40.
Sortie :11 Novembre 1998
Réalisateur :Marc Levin
Avec : Saul Williams, Sonja Sohn (A tombeau ouvert), Bonz Malone (Brooklyn Babylon)
Genre :Drame
Histoire :Ray Joshua, mi-rappeur, mi-poete, vit a Dodge City, cite a haut risque. Lorsqu'il est arrete en possession de drogue, il se retrouve plonge dans l'impitoyable univers carceral de l'Etat de Washington. En prison, il rencontre Lauren Bell, qui enseigne la litterature et le pousse a cultiver son don.
Mon avis :7,5/10. Après avoir réalisé de nombreux documentaires pour la télévision et le cinéma, l'américain Marc Levin tourne avec Slam son premier long métrage, un premier projet qui lui tient à coeur, aussi bien inspiré de sa rencontre avec le monde du slam au milieu des années 90 que de sa nouvelle amitié avec un jeune taggeur de 17ans, Bonz Malone qui participa à la première écriture du script avant que les deux acteurs phares et slameurs de formation, Saul Williams et Sonja Sohn, ne viennent y rajouter leur patte et leurs textes. Récompensé dans de nombreux festivals à sa sortie, notamment à Sundance et Caméra d'Or à Cannes, ce film n'as cependant pas connu un grand écho public, ceci étant surement du à son côté auteur qui pour le coup l'éloigne du reste des productions de films hip-hop et ghetto. Finalement à l'image du mouvement slam, Levin ne s'adresse plus qu'à un seul public fan de hip-hop, généralement visé par ce genre de films, mais il touche un public plus divers, plus intelectualisé, pour qui les textes poétiques et intense des slameurs peuvent paraitre plus accessibles, comme on a pu le remarquer en France avec l'explosion du phénomène en 2005 avec des artistes comme Abd Al Malik qui a pris une importance médiatique qu'il n'aurait pu connaitre avec les textes plus crus de son groupe N.A.P.. Mais comme on a pu s'en apercevoir le fait de ratisser large, ne garantit pas plus de spectateurs mais juste plus de diversité au point de vue de l'auditoriat. On le voit donc Levin touche le même public que le genre musical, principal thématique de son film, mais il ne s'arrête pas là puisqu'il épouse son sujet jusqu'à dans le message positif qu'il délivre, ce qui est l'apanage de bons nombres de slameurs, qui en général se révèle moins dur et extrêmiste que leurs confrères rappeurs même si ils ne perdent pas de vue l'aspect conscientisé primordial.
Il traite son sujet avec tout le respect qui lui porte, avec sobriété et fidélité. On retrouve l'intimité du mouvement slam, comme c'était déjà le cas en 92 lors de sa naissance à Chicago, dans ces petites salles et dans ces petites réunions privées où avec le respect de tous, les différents slameurs se succèdent pour lire leurs textes à la fois poétique et philosophique de manière très musicale avec un léger accompagnement musical. Finalement l'histoire qui est construite autour de ce thème n'est que prétexte à faire découvrir le mouvement slam, mais pour autant elle est loin d'être anecdotique, et elle est l'objet d'un soin tout particulier avec un engagement total des trois principaux acteurs qui pour des premiers pas au cinéma, pour la plupart s'en sortent haut la main à l'image du personnage principal Saul Williams qui nous offre une prestation intense et torturé. A travers son histoire, celle d'un jeune slameur issu des ghettos de Washington qui pour quelques grammes d'herbe est envoyé en prison où il fera des rencontres déterminantes pour sa perception de la vie, Levin en profite également pour faire un triste état des lieux du système judiciaire et carcéral américain très rude et injuste qu'il nuance par une romance qui sonne vraie et qu'on aimerait voir plus souvent dans les films de ghetto. Le message devient alors clairement positif est pointe le doigt sur le fait que la communautée noire s'entretue pour rien (hors et à l'intérieur des prisons) et qu'elle s'annihilie l'esprit avec les drogues (comme le souligne l'excellente chanson de Dead Prez qui fait partie de la bande son). Ceci tout en dénonçant un système judiciaire qui ne leur fait aucuns cadeaux, proposant à ces accusés des deals pour le moins diabolique entre la délation (de forts risques de morts) et de lourdes peines de prison (de forts risques de morts), et un système carcéral tendu où la survie devient une priorité et où l'indépendance devient impossible alors que la corruption elle est légion. Au final tout ces éléments prennent bien forme, la romance succédant à l'aspect social avec toujours en trame de fond le mouvement du slam, avec en prime d'excellents sons de DJ Spooky qui nous régale de sa dub/hip-hop électro.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:50
Modifié le jeudi 17 mai 2007 16:33

187 : Code meurtre

187 : Code meurtre
Film américain. 1997. 1h55.
Réalisateur :Kevin Reynolds
Avec : Samuel L. Jackson (Jackie Brown, Pulp Fiction, Do the right thing), John Heard (Pollock, Prison Break), Kelly Rowan (Hook, Boomtown, Newport Beach)
Genre :Policier, Drame
Histoire :A la suite d'une altercation avec un élève particulièrement instable, Trevor Garfield, un professeur de biologie dévoué à sa tâche, est agressé à coups de couteau. Plus d'une année plus tard cet enseignant est appelé à retrouver une salle de classe dans un quartier encore plus difficile, mais cette fois-ci il a quelque chose de changé...
Mon avis :7,5/10. Depuis le début des années 90, nombreux sont les films basés sur la vie scolaire dans des quartiers difficiles, avec au centre un professeur charismatique et extraordinaire qui va arriver à changer les mentalités de ces élèves pourtant voués à l'échec, comme dans Esprits Rebelles ou dans le plus récent Ecrire pour exister. Cependant contrairement à tous ces films positivistes sur l'enseignement, 187 : Code Meurtre se lui se veut beaucoup plus sombre, plus réaliste aussi et en tout cas plus représentatif et moins marginale que toutes ces histoires développées dans les films précédemment cités. Ce film décrit bien les situations excécrables dans lesquels les professeurs travaillent dans ce genre de quartiers sensibles, avec des infrastructures dépassés, une administration aux abonnés absents qui souhaite à tout prix éviter les conflits, de peur de se retrouver attaqué en justice. L'inneficacitée du système scolaire américain ainsi que leur mentalité procédurière sont ainsi pointées du doigt à travers ce film. Mr Garfield devient ainsi notre guide dans ce milieu. Lui qui a subit les dégradations de ces conditions de travail tout au long de sa carrière jusqu'à sa terrible agression qui l'a laissé aux portes de la mort, a définitivement perdu son idéalisme utopiste de prof quand il se retrouve muté dans un lycée de Los Angeles où les nouvelles menaces de mort ne vont pas tarder à arriver.
Derrière le drame social qui met en évidence l'abandon des professeurs par leur hiérarchie et par l'Etat dans les quartiers chauds, apparait donc une seconde lecture plus basé sur le thriller, en usant les codes en tout cas. Le film monte en tension, la psychologie du personnage central, interprété avec brio par Samuel L. Jackson, devient de plus en plus alambiquée. Devenu fataliste, il semble vouloir quitter ce monde sur un coup d'éclat, accomplissant avant cela quelques devoirs qui lui tiennent à coeur, en jouant au justicier dans un premier temps, éliminant tour à tour les parasites de sa classe qui ont fait de sa vie un enfer et qui sont la cause de son changement de personnalitée, tenant quand même à leur montrer leur tort, la betise de leurs actions. En cela la scène finale de la roulette russe est particulièrement intense et instructive, s'affichant comme le paroxysme de la situation de guerre qui s'est installé entre le prof et les membres du gang, tout en dévoilant un soupçon d'humanisme, même si cela passe par la mort du prof et de l'élève. Dans un second temps, il va tenter d'aider une élève, résigné à une vie de misère, en qui il trouve un véritable talent qu'il va faire exploser. Enfin, il se doit de mettre en garde une de ces collègues qui connait les mêmes menaces qui l'on fait perdre pied au début. L'aspect psychologique est bien monté, mais prend le dessus sur tous les autres personnages qui restent somme toute assez caricaturaux, d'autant plus que leurs interprètes n'ont rien d'exceptionnels. Ce scénario bien ficelé, mêlant drame social et thriller, a le droit à un emballage de choix grâce à une performance correct de Kevin Reynolds, assez académique dans l'ensemble mais qui se permet quelques débordements clipesques sans en abusés, ainsi qu'une tendance à intégrer des séquences de traditions qu'on a plus l'habitude de voirs dans des séries, avec des plans aériens de la ville accompagné d'une très bonne bande son (notamment le son reggea-dub Spying Glass).

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:50
Modifié le jeudi 10 mai 2007 08:33