Hustle & Flow

Hustle & Flow
Film américain. 2005. 1h56.
Sortie :7 Décembre 2005
Réalisateur :Craig Brewer
Avec : Terence Howard (Collision, Ray, Réussir ou mourir), Anthony Anderson (Les infiltrés, Scary Movie 4, The shield), Taryn Manning (7 ans de séduction, Retour à Cold Mountain)
Genre :Drame
Histoire :DJay est à un tournant. Vivre de magouilles et d'expédients, survivre au jour le jour sans perspective d'avenir ne suffit plus à l'approche de la trentaine, lorsque s'envolent nos rêves de jeunesse. Proxénète par nécessité plus que par vocation, DJay se cherche une nouvelle voie d'urgence.
Une rencontre de hasard avec un vieil ami, Key, ingénieur du son aspirant à une carrière musicale, éveille en lui un talent insoupçonné. DJay se lance fièvreusement dans le rap free style, mettant en musique sa vie et ses tribulations de hustler de Memphis. Un excentrique virtuose des synthés, Shelby, et deux "gagneuses", Shug et Nola, s'associent à la préparation de la première démo de DJay, que celui-ci va s'efforcer de placer auprès de la superstar du rap, Skinny Black...
Mon avis :8/10. Le slogan "Tout le monde doit avoir un rêve" placardé sur l'affiche ainsi que la mention Production MTV, laissait présagé l'histoire de la fulgurante ascension d'un rappeur dans la plus pure tradition de l'American Dream, un film divertissant mais sans âme. Mais Hustle & Flow c'est pas ça, rien n'est simple dans cet histoire, le réalisme est de sortie dans cette oeuvre de Craig Brewer, scénariste et réalisateur, qui a eu d'amblée l'envie de faire un film plus axé sur le drame que sur la légerété. La rédemption par le rap encore? Oui. Mais avec une âme cette fois-ci. L'histoire est ainsi semé d'embuches pour ce mac qui rêve de devenir MC, on ne sombre jamais dans la facilité scénaristique, même la fin n'est pas foncièrement heureuse : DJay est derrière les barreaux et le succès n'est pas assuré. Ensuite nombreux sont les films catalogués comme Rap, mais rare sont ceux qui méritent cette étiquette. Pourtant Hustle & Flow lui l'a mérite, au même titre qu'un 8 Mile. Souvent on se contente de passer de la musique commercial lorgnant du côté Rn'B, mais là on nous sert du bon son, du crunk de Memphis, qui respire la moiteur de cette ville oublié au beau milieu des Etats-Unis. Le flow est coulé, le beat est bon, ça rentre dedans, on est loin du son de la West Coast. C'est enervé et dur et les acteurs s'en donnent à coeur joie pour retranscrire au mieux l'essence du hip-hop. Dans leur studio pour le moins underground, on va voir naitre comme si on y était de purs sons spontanée et féroce, avec DJQualls (depuis le temps qu'on voulait le voir dans un rôle autre que celui du débile coincé de service) aux manettes, avec en featuring les filles qui viennent poussé la chansonette, des scènes qui à coup sur enthousiasmeront même les plus sceptiques.
Au delà de l'aspect rap le film puise sa force dans la sincérité de son propos et dans le réalisme de son action qui évite les clichés associés au genre gangsta/hip-hop. Jamais on ne tombe dans le sensationnel, le réalisateur ne s'enflamme jamais, reste souvent en retrait donnant à son film un certain aspect mélancolique qui s'accompagne à merveille de la moiteur de Memphis. Au delà de l'histoire d'un rêve, on s'arrête longuement sur les relations entre les différents personnages. D'abord c'est la relation entre un proxénète et ces prostituées qui est abordé. Si on nous montre la dureté de ces relations, du avant tout au statut précaire de ces différentes personnes, ce qui passe par des altercations assez violentes, on insiste également sur la forme de respect et d'amour qui existe entre les différents membres du foyer : le patron et ses filles. Si Terrence Howard est assez exceptionel et éblouissant dans son rôle toute en profondeur et en diversité, il a du répondant quand il se retrouve en face d'une Taryn Manning, sa chouchoute qu'il couve et pour qui il est devenu un grand frère, ou bien encore d'une Taraji Henson, qui bien qu'enceinte la garde sous sa protection tout en ressentant un certain amour pour elle qu'il connait depuis longtemps. Mais avec intelligence, cette romance n'est en aucun cas mieilleuse, le réalisateur préférant aller chercher des émotions sur d'autres registres souvent plus dur. Les relations entre DJay et ceux qu'ils cotoyaient quand il était jeune sont aussi intéressantes et apportent leur lot d'interêt dans l'histoire que ce soit avec Key ( un bon Anthony Anderson), personnage qui a de toute vraisemblance réussit dans sa vie professionelle comme affective qui décide de retrouver son vieux pote par amour pour le rap. Mais c'est aussi le rappeur Slinny Black (un Ludacris un peu fade), qui cotoyait DJay à l'époque avant de devenir une star et qui a entre temps pris la grosse tête, regnant ces origines comme nombre d'illustres rappeurs. Craig Brewer n'épargne rien, filmant tout avec le plus grand réalisme même les scènes plus violentes, son image est très belle, la photo est très soigné, coloré et pleine de sueur. Le réalisme passe aussi par des dialogues aussi ciselés que les paroles des chansons, mais aussi par l'excellence du casting et de l'univers reconstitué.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:39
Modifié le jeudi 12 avril 2007 11:37

Block Party

Block Party
Film américain. 2005. 1h43.
Sortie :6 Septembre 2006
Réalisateur :Michel Gondry
Genre :Documentaire, Musical
Sujet :L'histoire d'un concert mémorable organisé à Brooklyn à l'initiative de l'humoriste américain Dave Chappelle. Alliant spectacle, comédie et musique, ce projet peu ordinaire a été tourné sur les lieux et au moment même où il s'est déroulé.
Animé par Dave Chappelle, qui offre à son public quelques-unes de ses toutes nouvelles créations, la fête est assurée par les plus grands noms de la musique noire : Kanye West, Mos Def, Talib Kweli, Common, Dead Prez, Erykah Badu, Jill Scott, The Roots, Cody Chesnutt, Big Daddy Kane, et - réunis pour la première fois depuis près de huit ans - les Fugees.
Mon avis :7,5/10. Excellent documentaire mais surtout excellente initiative que cette Dave Chappelle's Block Party. En effet il fallait y penser à regrouper tous ces grands noms de la scène rap/soul de la West Coast pour une fête de quartier surprise et semi-improvisée à Bed Stuy (section de Brooklyn), un des quartiers les plus déshérités de New York, dans une athmosphère bon enfant avec un public hétéroclyte mais entièrement charmé par le spectacle donné. Ne vous y trompez pas l'originalité ne vient pas de la réalisation de Michel Gondry assez classique, bien loin d'un David La Chapelle à la réalisation esthétisante de Rize. Le nom de Gondry aura cependant servit à faire connaitre et vendre ce charmant documentaire et c'est déjà ça. Pour le public français le grand interêt de ce documentaire, c'est bien entendu de découvrir ou de revoir avec plaisir des artistes de la scène rap/soul américaine un peu moins connu en France car moins commercial et plus engagé, mais c'est aussi la véritable révélation de Dave Chappelle, un comique intègre et réellement marrant qui n'a pourtant quasi aucune notoriété ici alors que son show cartonne aux USA. On pourrait le comparer un peu à un Jamel américain, tout deux usant de leur capital sympathie même si Chappelle lui ne cabotine pas, ne faisant pas de sa façon de parler et de son comportement son fond ce commerce, mais misant plutôt sur des blagues qui font mouches et qu'il sait parfaitement amenées.
En soit donc le documentaire n'a rien d'exceptionnel, il alterne préparatifs de la Block Party et d'extraits de lives, mais l'originalité du projet l'emporte sur le classicisme de la consruction narrative. Dave Chappelle mène les débats avec beaucoup d'humour, de légèreté et de sympathie parfaitement dans le ton qu'il a voulut donner à son initiative. Il ne s'épuise jamais et est toujours prêt à nous sortir deux trois vannes pour amuser la galerie, à moins qu'il ne fasse le pitre (comme dans la boutique d'essayage où il joue au pimp) et en plus de cela il tente à travers ces différentes entrevues de décrire un peu la vie des différents habitants du comté de New York qu'il a choisit pour aller à la fête, montrant toute la nuance de cette échantillon de personnes hétéroclytes qui le temps d'un concert vont tous se retrouver sur un pied d'égalité, oubliant un peu leur vie extérieur. Certains personnages atypiques, comme le couple de vieux hippies, resteront par ailleurs gravés dans nos mémoires. Puis par moment malgré sa légerété, le documentaire prend un aspect social non négligeable mais en aucun cas pesant et misérabiliste. Enfin on retiendra bien entendu les magnifiques performances lives des artistes présents, qui ont vraiment tous un son beaucoup plus énergique et rock en live à mille lieu des lives en playback des stars de la pop et du Rn'B adulées. Ils arrivent tous à nous faire nous bouger dans nos fauteuils et certains arrivent à nous mettre des frissons comme Dead Prez et son morceau "hip-hop" ou bien encore le pourtant très connu "Killing me softly" des Fugees qui n'avait jamais résonné ainsi dans nos coeurs, puisque le concert marquait la réunion flash des de tous les membres du groupe pour une occasion unique et exceptionelle qui sans doute donnera des idées à d'autres.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:39
Modifié le jeudi 10 mai 2007 08:35

Réussir ou mourir

Réussir ou mourir
Film américain. 2004. 1h57.
Sortie :22 Février 2006
Réalisateur :Jim Sheridan
Avec : 50 Cent (Live bet, Home of the brave, New Orleans), Adewale Akinnuoye-Agbaje (LOST, Oz, La mémoire dans la peau), Omar Benson Miller (8 Mile, Shall we dance?)
Genre :Drame
Histoire :Un rêve habite Marcus depuis toujours : devenir rappeur. Mais lorsque sa mère est assassinée, l'adolescent perd brutalement ses repères et plonge dans le crime. Devenu dealer par nécessité, il se voit rapidement entraîné dans une spirale infernale, avec pour seuls garde-fous sa grand-mère, sa petite amie Charlene et son loyal ami Bama. Sa vie dès lors se partage entre le crime et l'écriture, à laquelle il consacre la même énergie désespérée. Cet enfer durera encore plusieurs années, jusqu'à ce qu'un drame lui fasse frôler la mort et l'oblige à un choix radical...
Mon avis :3,5/10. Une belle arnaque que ce film! On aurait d'abord pu pensé à un second 8 Mile mais cette fois-ci avec la vie romancé de 50 Cent. Mais il s'agit que d'un film de quartier qui vient s'ajouter à la longue liste de films du genre, avec beacoup plus de moyens (ce qui permet à Jim Sheridan d'exposer son talent) mais pas forcément avec un meilleur scénario et de plus grandes émotions. Le film s'avère plat et sans grand interêt, ça divertit tout au plus, le script est plus orienté sur la pseudo-vie de gangster de Fifty, après pour ce qui est de la vie du rappeur, c'est assez vite torché, la bande son est dans l'ensemble composé de titres qui ne sont pas interpretés par 50Cent. On apprend rien de bien nouveau que l'on savait déjà, le récit de sa vie est ponctué de tragédies comme ces neuf balles prises, la mort de sa mère, mais aussi il continue même dans son film à s'en prendre à Ja Rule et Supreme à peine déguiser derrière les personnages de Dangerous et Majestic. Pour le reste tout semble plus que fictif, notamment concernant sa vie de gangster, sa rédemption en prison grâce à la rencontre de son manager, puis le retour à ces premiers amours qu'ils l'ont sauvés (sa première petite amie et le rap), tant tout ces éléments sonnent comme des clichés assez lourd et sans consistances, qui ont bien de la peine à émouvoir qui que ce soit surement pas même 50Cent qui nous pond une interprétation faiblarde et sans âme, ce qui parait inquiétant quand on est censé raconter sa vie.
L'objectif principale de ce film est donc bel et bien d'humaniser le personnage, le montrant sous son plus bel angle. En cela la première partie qui traite de son enfance est plutôt bien construite, le jeune acteur joue plutôt pas mal, le sentiment que déclenche la mort de sa mère est plutôt bien introduit et s'avère être un facteur explicatif primordiale dans la carrière du rappeur, au même titre que son mal-être qui nait de ses relations conflictuelles avec le reste de sa famille. Tout ça n'est pas très bien approfondie mais c'est tout ce à quoi on doit se contenter. Parce que la seconde partie n'est que niaiseries, on ne comprend pas l'évolution du personnage qui de toute évidence n'a aucunes profondeurs. La majeure partie du film ne semble donc être là que pour glorifier encore un peu plus 50Cent, rappeur egocentrique jusqu'à la moêlle, un artiste à des années lumières des valeurs fondamentales du hip-hop, qui se contente de pondre des tubes destinés aux clubs, qui n'a aucune plume et qui n'est fasciné que pour une seule chose : le pouvoir, cet état qui amène gloire, filles et richesse. Finalement on pouvait voir dans le titre qu'elle serait la moral du film : "Get rich or die tryin'", on ne présente plus le rap comme un moyen de sortir du ghetto mais comme celui d'acquérir le pouvoir. Ce rappeur confirme que seul l'argent l'intéresse, il n'a jamais été l'étendart d'une cause, il roule pour lui et lui seul, sa seule part d'humanité étant qu'il fait peut-être cela pour une mère trop tôt défunte. Ce film ne sert qu'à asseoir son image de gangsta rappeur galvaudé, avec des arrangements toute à sa gloire mais qui ne paraissent pas crédibles ni sincères une seule seconde.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:40
Modifié le jeudi 12 avril 2007 11:32

8 Mile

8 Mile
Film américain. 2001. 1h51.
Sortie :26 Février 2003
Réalisateur :Curtis Hanson
Avec : Eminem (Golden boy), Kim Basinger (L.A. Confidential, Batman, 9 semaines 1/2), Mekhi Phifer (Ego, Urgences, Clockers)
Genre :Drame
Histoire :A Detroit, en 1995, Jimmy Smith Jr. a des rêves plein la tête, mais il lui manque encore les mots pour les exprimer. Sa vie d'adolescent se déroule entre banlieue blanche et quartiers noirs, le long de cette ligne de démarcation que l'on nomme 8 Mile Road. En dépit de tous ses efforts, Jimmy n'a jamais franchi cette barrière symbolique et continue d'accumuler les déboires familiaux, professionnels et sentimentaux.
Un jour, il participe à un clash - une joute oratoire de rappeurs - où il doit faire face à Papa Doc, le chef de la bande des " Leaders du Monde Libre ". Paralysé par le trac, il reste muet et doit quitter la scène sous les huées de la foule. Cette nouvelle humiliation l'oblige à un salutaire examen de conscience. Quelques jours plus tard, Jimmy se retrouve forcé de tenter un come-back...
Mon avis :7,5/10. Si on pouvait craindre un film sur le rap dont toute la promotion avait été faite autour d'un rappeur aussi bien adulé que controversé, on est véritablement surpris par le potentiel que propose 8 Mile, une oeuvre étonament sincère et humble à des années lumières de l'égocentrisme des vedettes du rap US actuelles. Ce film s'avère profond et réaliste sur son sujet, on ne ressent pas de superflu, mais pas mal de justesse dans un must des films de rap, qui représente bien le milieu tel qu'il peut être à son état initial, c'est à dire dans la rue et dans les clubs undergrounds où se déroulent les battles qui servent souvent de tremplin aux plus grands artistes de la scène hip-hop. La génèse d'une star du rap semble donc assez réaliste mais pour ce qui est de l'aspect sociale du film, c'est un peu gentillet, on se mouille pas trop, on reste au stade du constat et on édulcore quelque part un peu de la réalité. Il ne faut pas se le cacher non plus, le film permet à sa star Eminem d'humaniser son image, tirant parfois sur différentes cordes sensibles que ce soit dans ces histoires d'amour dêchus, dans son boulot où il se retrouve en grippe par son superviseur, dans son quartier où il est considéré comme le petit blanc et biensur dans sa situation familiale peu enviable où il fait preuve d'affection pour sa petite soeur qui tout comme lui est un peu abandonnée par une mère instable. Même si il se défend d'un projet autobiographique, il n'empêche que ce personnage lui ressemble beaucoup, a connu la même jeunesse et le même début de parcours, ce qui nous fait dire qu'Eminem fidèle à lui aurait profité de ce film pour régler quelques comptes notamment avec sa mère.
Mais ceci dit on pardonne facilement ces facéties au rappeur tant il s'avère terriblement convaicant dans son rôle qui ne peut que lui coller à la peau, donnant à son personnage un caractère mélancolique jouant sur les contrastes de douceur et rage. En plus de cela il a su parfaitement s'entourer, laissant la place à une seconde révélation, celle de Brittany Murphy qui a bien confirmé depuis, mais en faisant le choix de l'expérience pour jouer ses proches, faisant confiance à l'actrice Kim Basinger époustouflante dans son rôle de mère-enfant, mais en enrolant également des habitués des films de ghettos et de rap, comme l'excellent second Mekhi Pfifer, Omar Benson Miller, Taryn Manning, Eugene Byrd ou Evan Jones. Enfin on retrouve pas n'importe qui derrière la caméra, puisque c'est Curtis Hanson qui s'y colle et le résultat est là. Il utilise à merveille les décors hivernaux de Détroit avec également une très bonne photo, donnant un résultat étonnament contemplatif bien loin de la réalisation clipesque de ce genre de films, sans que pour autant la bande son rap des 90's ne soit mise à l'écart, bien au contraire, elle s'eimprègne parfaitement. Il arrive en tout cas à capter l'esprit des battles qui sont des moments de rages et de défis où tout compte (le flow, le beat, l'intonation, , l'humour, les mimiques et la provocation) : vraiment enthousiasmantes, mais il capte aussi très bien l'esprit de la ville de Detroit qui se détache de la division East/West et qui a sa personnalitée propre, avec l'esprit des espoirs dêchus planant au dessus d'elle, ce qui se traduit par une industrie vieillissante, des habitations qui tombent en ruine et une précarisation du niveau de vie. Enfin Hanson se sert parfaitement du symbole de 8 Mile, la frontière entre le quartier blanc et noir, pour instaurer un certain blocage psychologique chez son personnage, qui une qui l'aura franchit explosera et rassemblera.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:41
Modifié le jeudi 10 mai 2007 08:34

Biggie & Tupac

Biggie & Tupac
Film brittanique. 2002. 1h47.
Sortie :26 Mars 2003
Réalisateur :Nick Broomfield
Genre :Documentaire
Sujet :Ce documentaire ouvre à nouveau les enquêtes sur les meurtres des superstars du rap, Biggie Smalls (The Notorious B.I.G.) et Tupac Shakur. Ces deux rappeurs, d'abord amis, sont devenus à cause de leurs succès respectifs des ennemis mortels. La thèse officielle de leurs assassinats est celle de la guerre du rap.
Nick Broomfield offre la parole aux témoins et aux proches que la police n'a pas entendus. Les dessous de ces enquêtes bâclées révèlent la corruption des autorités, le pouvoir du producteur Suge, le rôle du FBI, les rumeurs selon lesquelles Notorious Big aurait commandité le meurtre de Tupac.
Mon avis :7,5/10. Biggie & Tupac est l'un de ces documentaires d'enquête qui s'intéresse à un dossier complexe, qui n'a rendu aucuns verdicts et n'a trouvé aucun coupables aux crimes commis d'un point de vue judiciaire, et qui au final vous donnera la franche impression qu'il a résolut l'affaire, faisant la lumière sur toutes les ombres de doutes du dossier, faisant preuve de la plus grande transparence possible loin des divers enjeux économico-politique que représente cette affaire pour l'Etat. Malgré les quelques doutes émis sur certains témoignages, le documentaire est parfaitement construit, parfaitement ficelé, à tel point qu'il en devient limpide même pour des néophytes du monde du rap et qu'à la fin de la séance on ne doute plus de l'implication du producteur Suge Knight dans le meurtre de ces deux grands rappeurs des années 90. L'exercice est si bien maitrisé qu'on est pratiquement obligé d'adhérer au final à la thèse du documentariste, à son point de vue sur l'affaire, ou tout du moins on aura une sérieuse tendance à penser comme lui, même si certains points n'apparaissent pas comme convaincant. En tout cas la thèse officielle d'un réglement de compte au sein du monde du rap dans le cadre de la guerre East Coast/West Coast est quant à elle complètement éloigné, on devient convaincu qu'on nous cache la vérité sur cette affaire. Nick Broomfield partant de ce sentiment initial va réaliser cette enquête à l'instinct, comme il l'avait fait pour le cas de Kurt Cobain et Courtney Love où là aussi il sentait que la version officielle ne tenait pas debout.
Il va ainsi commencer à recueillir des témoignages de l'entourage de 2Pac et de Notorious B.I.G., d'abord dans leurs familles, puis auprès de leurs connaissances d'enfance, enquêtant dans un premier temps dans les rues de leur enfance à New-York, afin d'établir un premier profil psychologique des deux personnages. Puis il va s'arrêter un instant sur un tournant majeur dans l'affaire, la première dispute entre les deux amis d'enfance quand 2Pac accuse Biggie d'être à le commanditaire de sa première tentative de meurtre. De là le cinéaste va s'intéresser à la fabrication de la guerre East/West dans le monde du rap autour de cette rivalité, recoupant des images d'archives des intéressés et des membres de labels. Puis va venir le moment de l'analyse de deux meurtres où il va trouver des similitudes et des inochérences par rapport aux versions officielles. Après cela il va commencer son accusation mettant en avant une terrible réalité sur le système américain où l'on passe de flics le jour à porte-flingue la nuit et où le sheriff d'un quartier de Watts est le père d'un des principales chef de gangs. Et c'est là où ça devient très intéressant, puisqu'au delà de l'énigmatique affaire entre Biggie & Tupac, le cinéaste brittanique nous peint un système policier et judiciaire américain corrompu. A tel point qu'à certains moments on se croirait presque embarqué dans un film de Scorsese où la description du système mafieux est incroyable de réalisme, où on déplacerait l'histoire de Little Italy dans le Bronx et en Californie (avec la bande son qui va avec biensur). Et c'est pas vraiment étonnant qu'on est cette impression que le documentaire soit un film, puisque Boomfield fait attention à sa mise en scène, son documentaire est ficelé comme un scénario à rebondissements, avec une écriture narrative riche et un humour noir qui correspond parfaitement à l'athmosphère, et enfin puisqu'on a ici à faire à des personnages charismatiques (il n'y a qu'à l'apparition dans la cour de la prison de l'impressionante carcasse de Suge Knight) qui prenne place dans une histoire qui a et fait encore fantasmé pour longtemps surement des millions de personnes.

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# Posté le mercredi 11 avril 2007 04:47
Modifié le dimanche 13 mai 2007 13:42